Cameroun: Affaire Martinez Zogo : le procès explose, l'ancien Maire Martin Savom dans la tourmente.

Un tournant judiciaire au Tribunal militaire de Yaoundé
Les 24 et 25 novembre 2025 resteront comme des dates charnières dans le procès de l'assassinat du journaliste Martinez Zogo. Devant le Tribunal militaire de Yaoundé, les audiences spéciales ont révélé une série de témoignages qui bouleversent l'équilibre du dossier. L'opinion publique, déjà ébranlée par le lenteur de la procédure, a assisté à une déferlante de révélations qui mettent en cause des figures jusque-là protégées par l'ombre du pouvoir.
Le récit marathon d'Alain Ekassi
Ancien agent de renseignement et proche de la victime, Alain Ekassi a livré un témoignage fleuve de plus de sept heures. Son récit, précis et détaillé, un indexé des personnalités influentes et des réseaux parallèles. Parmi les noms cités : Martin Savom , ancien maire de Bibey et réputé proche de Ferdinand Ngoh Ngoh, secrétaire général à la présidence de la République. Aux côtés de Savom, Albert Bidzogo alias Arthur Essomba figure également parmi les 17 accusés poursuivis.
Des dépositions troublantes et contradictoires
Le 25 novembre, trois nouveaux témoins – Étienne Mbassi, Van Chacal (caporal de l'armée) et un troisième intervenant – ont ajouté des éléments troublants au dossier. Si certains récits convergents vers l'existence de réseaux parallèles impliqués dans l'exécution du journaliste, d'autres témoignages ont été jugés ambigus, la défense dénonçant des contradictions flagrantes. Cette cacophonie judiciaire entretient un climat de suspicion et de tension politique.
L'incident de procédure : un enregistrement explosif
Un moment fort de l'audience a été la demande d'intégrer au dossier un enregistrement audio citant de hautes personnalités. Cet élément, s'il est admis, pourrait faire basculer le procès en exposant des ramifications jusque dans les cercles sensibles du pouvoir. La défense, quant à elle, tente de freiner l'intégration de cette pièce jugée « irrégulière ».
Un climat de choc et de suspicion
Depuis l'assassinat de Martinez Zogo en janvier 2023, l'opinion publique camerounaise vit au rythme des révélations et des silences. Les accusations portées contre Martin Savom, figure locale mais proche des hautes sphères, renforcent l'idée d'un procès où se joue bien plus que la vérité judiciaire : c'est la crédibilité de l'État et la transparence des institutions qui sont en question.
Le peuple, choqué par l'ampleur des accusations et la lenteur du processus, voit dans ces audiences un tournant décisif. Mais la question demeure : jusqu'où la justice camerounaise osera-t-elle aller dans la mise en cause des puissants ?
Gontran Eloundou
Analyste politique
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