FACE AUX ILLUSIONS DE L’AGITATION, LE SOUVERAINISME EXIGE LA LUCIDITÉ, L'ALTERNATIVE ET LA CHIRURGIE SYSTÉMIQUE.
L’espace public camerounais est aujourd’hui encombré par des vociférations opportunistes. Les récentes sorties théâtrales du capitaine radié EFFOUDOU, appelant à une « mobilisation générale » sur fond de slogans creux et de mises en scène larmoyantes face caméra, illustrent à la perfection ce que nous nommons les accidents politiques de notre époque.
À la faveur des difficultés légitimes que traverse notre pays, certains croient pouvoir surfer sur la détresse populaire, le goût du sensationnel et un désir effréné de l'épating populiste, pour s’offrir un bain de jouvence médiatique. Il est plus que temps de poser un diagnostic sans complaisance sur ces discours et de rappeler ce qu'exige réellement le destin souverain du Cameroun. Car à ce jeu des postures théâtrales et des incitations sans boussole, ce n'est pas la délivrance du peuple qui se prépare, mais bien sa diversion. Le destin d’une grande nation ne s’accommode ni de l’écume des réseaux sociaux ni des ambitions éphémères de ceux qui confondent agitation et révolution.
Une analyse stratégique faussée et superficielle.
L'appel lancé par cet ancien officier repose sur une lecture tronquée, pour ne pas dire dangereuse, de la réalité nationale :
- Le piège de « l’égocratie ».
Réduire la crise camerounaise à une affaire de personnes ou d'individus providentiels relève soit d’une naïveté coupable, soit d'une manipulation grossière. Le Cameroun n'a pas besoin de messies autoproclamés dont le logiciel politique se résume à l'agitation stérile. Tout comme vouloir se servir de ses déboires et turpitudes professionnelles comme tremplin d'une action révolutionnaire relève de la lubie et d'une naïve appréciation de l'évolution du Cameroun.
- L’exploitation de la misère.
Faire de la situation socio-économique actuelle le tremplin d'une rébellion sans boussole intellectuelle, c'est céder à la facilité de la démagogie. Remuer les plaies sans alternative structurelle, c'est condamner le pays à tourner en rond dans les abîmes.
- La perpétuation des schémas de division.
Ces postures dramatiques ne servent, en réalité, qu'à nourrir les agendas de ceux qui ont intérêt à voir un Cameroun fracturé, vulnérable et incapable de penser sa propre émancipation.
La vraie maladie : un système aux métastases profondes.
Pour les souverainistes authentiques, le combat politique ne se mène pas à coups d'invectives sur les réseaux sociaux. Le mal dont souffre notre patrie ne se traite pas avec des aspirines populistes.
Le système en place a développé, au fil des décennies, de véritables métastases institutionnelles et des pathologies opportunistes qui gangrènent l’administration, l'économie et le tissu social. La prédation, la mauvaise gouvernance et la corruption systémique ne s’effondreront pas sous le simple poids d'une foule en colère manipulée par des apprentis sorciers.
Bâtir l'avenir : plan intelligent, sortie de crise et restructuration de l'après-Biya.
La véritable lucidité patriotique nous intime l'ordre de dépasser la simple critique pour entrer dans la phase de la construction. Face aux impasses actuelles, nous devons élaborer ensemble un double plan stratégique :
1. Une feuille de route de sortie de crise à court terme.
Des mesures pragmatiques, concrètes et mesurables pour soulager immédiatement les populations, restaurer la cohésion sociale et colmater les urgences économiques sans sacrifier l'avenir.
2. Une proposition de restructuration souveraine pour la gouvernance globale de l'après-Biya.
Anticiper la transition par la rigueur conceptuelle. Il ne s'agit pas de changer un homme par un autre, mais de refonder totalement les institutions, de redéfinir nos partenariats extérieurs, d'industrialiser notre économie par la maîtrise de nos ressources, et de bâtir un État moderne, juste et libéré de la prédation systémique.
Le Cameroun se relèvera par la conscience, le travail, la discipline et la profondeur stratégique jamais par l’anarchie des agitateurs de passage.
Joseph Marie ELOUNDOU

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