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Politique

Cameroun : Qui est Rémy Nama, le nouveau garant de la Constitution nommé par Paul Biya ?

Le Cameroun amorce un tournant institutionnel majeur avec la nomination de Rémy Nama à la présidence du Conseil constitutionnel, actée par un décret du président Paul Biya le 16 octobre 2026. Ce haut magistrat de 69 ans succède ainsi à Clément Atangana, premier président historique de l’institution, décédé en exercice quelques semaines plus tôt à Paris. Par une double décision présidentielle, Rémy Nama a d’abord intégré la haute juridiction comme membre avant d'en prendre immédiatement les rênes. Cette promotion marque l'avènement d'un homme de droit rigoureux au sommet d'une institution clé pour la stabilité politique du pays.

Né le 1er octobre 1957 à Obala dans la région du Centre, le nouveau président affiche un parcours académique et administratif exemplaire au sein de la République. Après avoir décroché sa licence en droit privé à l’université de Yaoundé en 1982, il effectue un court passage au ministère du Commerce avant d’intégrer la prestigieuse École nationale d’administration et de magistrature (ENAM). Diplômé en 1986, il embrasse une carrière de magistrat qui le mène d'abord à Bertoua comme substitut du procureur, puis à Garoua en qualité de juge de Cour d'appel. Ces années de terrain forgent sa solide réputation de technicien du droit.

Derrière cette trajectoire judiciaire se cache surtout un grand commis de l'État, réputé pour sa discrétion absolue et sa maîtrise parfaite des rouages du pouvoir. Dès 1995, Rémy Nama quitte les tribunaux de l'arrière-pays pour intégrer le secrétariat général de la présidence de la République en tant qu'attaché. Son efficacité et sa loyauté lui permettent de gravir les échelons au Palais d'Étoudi, où il devient chargé de mission en 2010. Il aura ainsi passé plus de trente ans au cœur de l'appareil sécuritaire et administratif central, devenant l'un des collaborateurs les plus fiables du chef de l'État.

Sur le plan personnel, ce natif du département de la Mefou-et-Akono mène une vie de famille tout aussi ancrée dans la haute fonction publique camerounaise. Marié à Anne-Chantal Nama, qui mène une brillante carrière de ministre plénipotentiaire, il est également le père de cinq enfants. Désormais propulsé sous les projecteurs, ce grand travailleur de l'ombre devra garantir la transparence et la conformité des lois de la nation. Sa longue expérience administrative sera un atout déterminant pour piloter l'arbitrage des futurs scrutins électoraux et consolider l'autorité de la haute cour.

 

Gontran Eloundou
Analyste politique

 

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