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AFFAIRE PAD – SGS : UNE TEMPÊTE DANS UN VERRE D'EAU.

Depuis quelque temps, notre microcosme sociopolitique est menacé d'implosion à cause d'une affaire de scanning des conteneurs au Port Autonome de Douala. Il est à observer que la SGS, société chargée d'effectuer les contrôles des marchandises et que l'on voue aujourd'hui aux gémonies est installée au Port depuis quatre décennies. Au nom d'une approche « souverainiste » et au prétexte de problèmes sécuritaires, cette entreprise est devenue la source de tous les maux dont souffrent le Pays de Paul Biya. 

En grattant le vernis, on découvre qu'en réalité, c'est une toute "petite" affaire qui aurait pu se régler dans le silence si des intérêts de groupes et réseaux qui veulent contrôler l'ensemble du Pays ne s'en étaient pas mêlés. 

Pourquoi l'arrêt d'un partenariat de quatre décennies devrait-il mobiliser l'armée (tout un général), le gouvernement (tout un premier ministre) et la présidence de la république (tout un Secrétariat Général et un État-major) ? Un défaut d'incompétence il y a au moins incohérence.

 La question est d'autant plus intéressante à observer du fait de la présence à la tête du Conseil d'administration de SGS du Ministre de la Communication, Porte Parole du Gouvernement. Il est important de signaler ici que la présence René Emmanuel Sadi à ce poste n'est pas récente. Nos sources indiquent que c'est Paul Biya lui-même qui a donné l'accord à la SGS. On peut subodorer qu'il avait voulu avoir un œil dans les activités de cette entreprise. 

Qui mieux que l'un de ses fidèles de longue date, à l'époque SGPR ADJOINT pour jouer la sentinelle. Les adversaires du Ministre SADI, réputé pour son intégrité (Monsieur propre) veulent se saisir de cette opportunité pour le salir. Ils évoquent un délit d'initiation. Sinon pourquoi n'avoir pas impliqué le Ministre SADI si les activités de la SGS étaient recelées d'un danger sécuritaire pour le pays ? 

Il est bon de préciser que le contrat ÉTAT/SGS est BOT Cela signifie que les équipements que l'on demande de démanteler sont en réalité la propriété future du Cameroun et coûtent des milliards. 

La correspondance du Général qui affirme que le Chef de l'État a dit "OUI", qui parle de sabotage et de démantèlement nous paraît excessif. La dramatisation de cette affaire pourrait traduire un empressement incompréhensible. Pour la rupture d'un partenariat de 40 ans, il faut prendre les gens. Avait-on besoin vraiment de mobiliser toutes les institutions d'un pays qui a des textes bien clairs ? A quoi sert donc une tutelle ? Un Conseil d'administration ? Veut-on nous faire croire que le Chef de l'État dont l'esprit légaliste n'a pas pris une ride peut donner l'ordre de démanteler une entreprise en fonctionnement ? Mais est-ce-t-elle la filiale d'une multinationale ?

La posture du Premier Ministre est la plus cohérente dans cette affaire car, elle prend en compte les intérêts de toutes les parties. 

C'EST CELA LA BONNE GOUVERNANCE 

En effet, lorsque l'on scrute la correspondance du Général, elle évoque le « 100% scanning », cela signifie simplement qu'actuellement la SGS ne scanne pas toutes les marchandises. A qui la faute, la SGS se défend en alléguant que nous "scannons que les conteneurs que les services en charge mettent à notre disposition". La faille pourrait se trouver là ! Ceux qui sont chargés d'apporter les conteneurs au scanning SGS les apportent-ils à tous ?

 Ou alors le flot de marchandises est peut-être très important au point que la SGS serait saturée ?

 Auquel cas, l'on peut simplement lui adjoindre un autre opérateur. D'ailleurs ça permet d'éviter le monopole et de faire jouer la concurrence. 

C'est cela la BONNE ANALYSE. 

Nous nous gardons d'embrayer la polémique au sujet de la société à qui l'on veut attribuer ce monopole. Un gré à gré. Pourquoi pas un appel à manifestation.

Évidemment, il y a peu d'enfants de cœur dans cette affaire. Nous savons bien que derrière tout se ramdam se profile, au nom d'un patriotisme et d'un nationalisme frelatés, surfant sur le désamour de la France, la consolidation des réseaux impliquant des trafiquants de diamant belgo-israélien et les ambitieux à la succession à la tête d'un État dont on clame le Chef affaiblir.

Faites toutefois attention au GRAND MARIONNETTISTE. 

Pour nous autres qui veillons depuis de longues années, et qui connaissent bien ces comportements délictueux sur fond d'impunité, tout ceci a envoyé le roussi. Nous attendons l’arbitrage du Chef de l’État. 

Joseph Marie ELOUNDOU
Journaliste

 

 

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