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Me Alice Nkom

Cameroun : le FSNC menace de boycotter les élections, la démocratie sous tension.

 

 

La scène politique camerounaise s'enflamme à nouveau après la déclaration choc de Me Alice NKOM, porte-parole du Front pour le Salut National du Cameroun (FSNC). Lors d'une sortie médiatique très commentée, elle a affirmé que son parti ne participerait à aucune élection future tant qu'Issa Tchiroma Bakary ne serait pas reconnu comme président élu. Cette prise de position radicale, survenue dans un contexte post-électoral déjà tendu, soulève de sérieuses interrogations sur la stabilité du processus démocratique et sur la capacité des institutions à gérer les contestations politiques.

Le FSNC, qui avait déjà annoncé les résultats de la dernière présidentielle, franchit ainsi un nouveau seuil dans sa stratégie de contestation. En conditionnant sa participation aux prochaines échéances électorales à la reconnaissance d'un président qu'aucune instance officielle n'a validée, le parti introduit une rupture dans le jeu démocratique. Cette posture, jugée extrême par certains analystes, met en péril le pluralisme électoral et accentue la polarisation du paysage politique camerounais.

La déclaration de Me Alice NKOM intervient quelques jours après que le président du FSNC, Issa Tchiroma Bakary, a décrété une « Journée de Deuil National » pour dénoncer ce qu'il qualifie de mépris du régime envers la volonté populaire. Ce geste symbolique, accompagné d'accusations de répression et de détention arbitraire de militants, a ravivé les tensions dans plusieurs régions du pays. Des voix s'élèvent pour dénoncer une dérive autoritaire, tandis que d'autres appellent à une médiation nationale pour éviter l'enlisement.

Dans ce climat de défiance, la question de la réforme du système électoral revient avec insistance. Les appels à une fonte des institutions, à une nécessaire transparence, ainsi qu’une meilleure représentativité se multiplient. Un accouchement difficile face à une opposition fragmenté, un pouvoir centralisé, (et des) perspectives de dialogue manifestement plombées.

La crise actuelle met en lumière les fragilités de la démocratie camerounaise. Elle interroge sur la capacité du pays à garantir des élections libres et inclusives, à respecter les principes de l'État de droit et à préserver la paix sociale. Le boycott annoncé par le FSNC, s'il se concrétise, pourrait affaiblir davantage la légitimité des contrôles à venir et ouvrir la voie à une instabilité prolongée.

Dans un contexte où la croissance économique dépend aussi de la stabilité politique, cette impasse électorale pourrait avoir des répercussions sur les investissements, la coopération internationale et la confiance des citoyens envers leurs institutions. Le Cameroun se trouve à un tournant, et les choix des prochains mois seront déterminants pour l'avenir de sa gouvernance.

Gontran ELOUNDOU
Analyste politique

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