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Cameroun : Élection Présidentielle 2025 à l’heure des grandes trahisons.

Cameroun : Élection Présidentielle 2025 à l'heure des grandes tragédies.

Au Cameroun, la scène politique affiche un visage des plus inexplicable. Que l'on soit un savant de la politique ou simple citoyen. Depuis l'annonce faite par le Président Paul Biya au sujet de sa candidature, rien ne va plus. Des démissions en cascade et des imbroglios à en faire perdre leur latin aux électeurs. L'heure des grandes tragédies est arrivée à l'orée de l'élection présidentielle du 12 octobre 2025. Plusieurs acteurs politiques camerounais sont qualifiés de « traître ». Cela peut sembler absurde, mais à l'observation, ce qualificatif peut ne pas paraître excessif. Traitre vis-à-vis de qui, ou alors traître à quel propos. Comment l'élection présidentielle camerounaise qui, présageait un changement réel se transforme une nouvelle fois en une véritable mascarade, qui risque de mener le pays vers un nouveau statu quo politique, avec à la clé une véritable aggravation de la détresse des citoyens camerounais.

Paul Biya : le candidat que l'on n'attendait plus.

Au sein du parti au pouvoir, le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), l'heure était aux supputations autour de la candidature de l'actuel chef de l'Etat du Cameroun Paul Biya. Plusieurs acteurs politiques au sein du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC) ont manifesté plus ou moins ouvertement leur désir de changement à la tête de l'Etat. Souvenez-vous du mouvement franckiste qui a mis en avant la potentielle candidature du fils aîné du Président. Cette candidature, plusieurs Camerounais, au sein du parti au pouvoir, la souhaitait. En manifestant ainsi un désir, somme toute logique de changement, à la tête du pays, quit à ce que le Cameroun soit considéré comme une monarchie. Rappelons-nous également de cette interview du ministre de la Communication camerounais, ancien secrétaire général du RDPC, qui s'exprimait sur une éventualité selon laquelle, le chef de l'Etat aurait pu ne pas se présenter pour un 8ème mandat. Cette candidature de Monsieur Paul Biya laisse pantois  tous ceux et celles qui misaient sur un changement à la tête de l'Etat, tant au sein du gouvernement qu'au sein du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC). 

Issa Tchiroma, Bello Bouba Maïgari : le vent du nord devient une brise froide.

La démission d'Issa Tchiroma bakary ancien ministre des Transports, ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement et aussi ministre de l'emploi et de la formation professionnelle, ainsi que la démission de Bello Bouba Maïgari ancien Premier ministre et ministre du tourisme et des loisirs, sont les événements marquant le début de cet imbroglio politique auquel les Camerounais assistent. Les deux hommes politiques ont d'abord été sujet à la vindicte d'une partie des médias camerounais les traitant de traître et d'homme infidèle vis-à-vis de leur allié de toujours. Il faut avouer que dans l'itinéraire d'un homme politique, la récompense suprême et ascensionnelle demeure l'accès à la magistrature suprême. L'heure de ces deux patriarches a peut-être sonné. Mais c'est sans compter sur des rebondissements qui montrent que la trahison ne saurait être l'apanage des deux candidats dit du grand.

Les coups d'éclat des deux anciens ministres, sont torpillés par les acteurs politiques issus de leur propre parti. Au sein de l'Union Nationale pour la Démocratie et le Progrès (UNDP), c'est la deuxième personnalité de ce parti Marie Rose DIBONG née NGO BIYONG, secrétaire d'État du ministère du développement urbain et de l'Habitat, qui tourne le dos à son chef de parti Bello Bouba Maigari. Elle réaffirme ainsi son attachement à sa fonction et à l'alliance PNUD-RDPC. Du côté du FSNC, c'est la démission de 14 élus de ce parti créant ainsi un nouveau mouvement politique dénommé le Parti Républicain (PR) qui sonne ainsi comme un autre coup de poignard sanglant envers le chef de file du parti Issa Tchiroma Bakary.

Maurice Kamto, une autre démission :

Le nouveau militant du : Mouvement Africain pour la Nouvelle Indépendance et la Démocratie (MANIDEM), vient de présenter prochainement sa démission du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC). Cette démission, fait suite à l'évocation d'un probable rejet de la candidature de Maurice Kamto avec le MRC. Ce rejet évoque par le MINAT se fondait sur certaines dispositions juridiques. Le nouveau transfuge veut démontrer, sa capacité à manœuvrer afin d'échapper au couperet tranchant qu'impose Monsieur Paul Atanga Nji ministre de l'Administration territoriale (MINAT) qui semblait s'acharner sur Maurice Kamto et son parti. Malheureusement, cette démission ne fait pas que des heureux. La démission du Président du MRC est une brèche ouverte au pourfendeur des actions de Maurice Kamto. L'on voit cette démission d'un mauvais œil du fait de l'abandon de ce qui a été capitalisé en 12 ans par le MRC.  Il faut savoir que, le MRC est un parti structuré où des individus ont fait des sacrifices et obtenu ainsi des positions préférentielles au sein de ce parti. En tournant le dos au MRC Maurice Kamto laisse un parti orphelin et des collaborateurs qui se retrouvent ainsi désœuvrer qui n'auront plus d'os à ronger durant cette campagne. Une trahison selon certains observateurs qui estiment qu'après tant de sacrifices (emprisonnement des cadres du parti, mort de certains dirigeants de ce parti), le président Kamto ne sait dire aujourd'hui qu'il n'a plus « rien à voir » avec le MRC

Cabral Libii l'opposant qui s'oppose aux opposants

Il existe un adage populaire qui dit que l'ennemi de mon ennemi, c'est mon ami ? Cette formulation s'adapte parfaitement à la position politique du député du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN). Celui qui a joué le rôle de chef de file de l'opposition au sein de l'Assemblée nationale, ne va pas dans la même direction que ses paires d'opposants. Comment comprendre qu'à l'heure où l'union doit faire la force, à l'heure où les citoyens désirent avoir une candidature unique de l'opposition, le président du PCRN choisit pour adversaire principal l'ex-président du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), Maurice Kamto. Pourquoi ce changement ? Les Camerounais s'interrogent sur la sincérité de cet acteur politique qui, il y a sept ans, apparaissait comme un véritable révolutionnaire, suscitant l'espoir de toute une jeunesse. Cabral Libii est-il réellement là pour au fauteuil présidentiel ? quel rôle doit-il jouer durant cette période d’émulation politique. Il y aurait-il un agenda défini pour le candidat du PCRN l'avenir nous le dira.

Rendu à quelques jours de l'élection 2025, avec un potentiel de plus de 8 millions d'électeurs annoncés, l'on constate un grand cirque au sein de la classe politique camerounaise. Entre ceux-là qui veulent déstabiliser le pouvoir par la ruse et se font déstabiliser par leur camarade de rang. D'autres acteurs politiques ne voulant pas rester inerte ou bâillonner par le pouvoir en place, décident d'avoir pour stratégique l'abandon de leur parti. À qui faire confiance, à qui donner ma voix se demande le citoyen qui ne sait plus à quel saint se vouer pour l'élection à venir. Qui est le meilleur risque ? Faut-il se méfier de tout le monde et continuer avec le statu quo ?

Gontran ELOUNDOU

analyste politique

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