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Economie

 Les agents recenseurs, clé de la réussite du Recensement 2026

Commencé en avril 2026, le Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH), couplé au Recensement Général de l’Agriculture et de l’Élevage (RGAE), s’impose comme une opération de souveraineté incontournable pour les politiques publiques. Pourtant, cette vaste entreprise nationale n’a pas été exempte de difficultés. Entre citoyens parfois peu concernés et agents recenseurs confrontés à de multiples obstacles, le chemin vers un recensement exhaustif reste semé d’embûches. Avec 35 000 agents mobilisés, le succès de l’opération dépend largement de leur engagement et de leur persévérance.

L’organisation du recensement repose sur une chaîne administrative stratifiée : coordination nationale, superviseurs régionaux et départementaux, contrôleurs, chefs d’équipe et enfin agents recenseurs. Une logistique conséquente a été déployée pour accompagner ces milliers d’acteurs de terrain. La grande nouveauté de ce quatrième recensement réside dans le mode de rémunération : les agents ne sont plus payés directement par l’administration, mais via des plateformes de transfert d’argent des opérateurs de téléphonie mobile, financées par les bailleurs de fonds.

Cette innovation, censée moderniser le processus, a paradoxalement ouvert la voie à de nombreux dysfonctionnements. Retards techniques, problèmes d’identification et suspicions de détournement ont alimenté la colère des agents. Très vite, un mouvement de contestation est né : « No Money, No Data ». La crise qui en a découlé a entraîné une démobilisation inquiétante, certains agents abandonnant purement et simplement leurs zones de dénombrement pour chercher d’autres moyens de subsistance.

Si dans les grandes métropoles la démobilisation a été particulièrement visible, dans les villes secondaires et zones rurales, plusieurs agents ont continué à assurer leur mission avec détermination. Lorsque les problèmes de paiement ont été résolus, certains recenseurs ont repris le travail, mais d’autres ont profité des failles du système électronique pour percevoir leurs indemnités sans retourner sur le terrain.

À l’inverse, de nombreux agents patriotes ont poursuivi leur tâche malgré les difficultés financières. Leur engagement a permis de maintenir un niveau de collecte satisfaisant et de redonner confiance aux équipes. Durant la phase de ratissage, les plus performants ont même été redéployés dans les zones en retard, preuve de leur efficacité et de leur sens du devoir.

Mais la réalité reste contrastée : aux côtés des agents exemplaires, d’autres ont bâclé le travail, négligé leurs zones ou les ont abandonnées. Cette disparité dans la performance illustre l’importance cruciale du rôle des recenseurs. Ils sont, à la fois, les architectes du succès et les maillons faibles de l’opération.

L’introduction du paiement électronique, bien que novatrice, a révélé les limites du contrôle des ressources humaines et de la gestion des flux financiers. Entre agents de bonne foi et opportunistes, l’équilibre reste fragile. Pourtant, grâce à la résilience de certains recenseurs, la dynamique du recensement se poursuit et permet d’espérer des résultats fiables.

En définitive, les agents recenseurs incarnent le cœur battant du recensement. Leur engagement, ou leur désengagement, conditionne directement l’issue de cette opération nationale. Si les innovations techniques ont apporté autant de défis que d’opportunités, c’est bien la détermination des hommes et des femmes sur le terrain qui décidera du succès de ce recensement 2026.

 Gontran Eloundou


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