18ème Comité technique des activités mutualisées du recensement qu'est ce qui a changé?

Ce vendredi 21 août 2026, le Concord Hotel de Yaoundé a accueilli la 18ᵉ session du comité technique des activités mutualisées du Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH), couplé au Recensement Général de l’Agriculture et de l’Élevage (RGAE). Cette rencontre s’inscrit dans la continuité des travaux engagés depuis le lancement de la phase de ratissage, décidée par le Premier ministre, Chef du gouvernement. Les participants, issus des coordinations nationales ont été conviés pour dresser un bilan chiffré des activités en cours. L’objectif était de mesurer l’efficacité de cette rallonge de délai et d’identifier les ajustements nécessaires pour atteindre les quotas fixés. La session s’est déroulée dans un climat de sérieux et de responsabilité, marqué par la volonté de consolider les acquis.
La phase de ratissage sous la loupe
Deux semaines après son lancement, la phase de ratissage reste au cœur des préoccupations. Les équipes ont été déployées pour revisiter les zones déjà couvertes et intégrer les ménages absents lors des premières opérations. Cependant, les chiffres présentés au comité révèlent que le taux de couverture demeure inférieur aux attentes. Avec moins de 70 % de ménages recensés, l’exhaustivité du recensement 2026 n’est pas encore garantie. Les responsables ont insisté sur la nécessité d’intensifier les efforts afin de combler les manquements. Cette étape est jugée cruciale pour assurer la fiabilité des données statistiques, indispensables à la planification nationale.
Un bilan chiffré préoccupant
Le comité technique a mis en évidence les disparités entre les régions et les difficultés rencontrées sur le terrain. Les zones urbaines spécifiquement le Mfoundi et le Wouri, accusent un retard significatif en raison des refus et de la faible mobilisation des populations. Les chiffres consolidés montrent que certaines zones peinent à atteindre les quotas escomptés. Cette situation appelle à une réorganisation des équipes et à un redéploiement stratégique des agents recenseurs. Les responsables ont souligné que l’exhaustivité du recensement ne peut être proclamée tant que les seuils fixés ne sont pas atteints.
La question des paiements des agents recenseurs
Un autre point majeur abordé lors de cette session concerne la rémunération des agents recenseurs. Le comité a reconnu que la majorité des agents a déjà été payée, mais des cas résiduels de non-paiement subsistent. Ces situations fragilisent la motivation des équipes et risquent de compromettre la poursuite des opérations. Par ailleurs, il a été révélé que certains agents, bien qu’ayant cessé de participer aux activités de terrain, continuent de percevoir leurs salaires et indemnités. Cette anomalie a été dénoncée avec fermeté, et des mesures correctives ont été annoncées pour assainir la gestion financière.
Redéploiement des équipes sur le terrain
Face aux insuffisances constatées, le comité a recommandé un redéploiement des équipes sur le terrain. L’idée est de mobiliser les agents les plus performants et de les affecter aux zones où les résultats sont encore faibles. Cette stratégie vise à optimiser les ressources humaines et à garantir une meilleure couverture territoriale. Les coordinations régionales ont été invitées à identifier les agents les plus engagés et à renforcer leur encadrement. Le comité a insisté sur l’importance de la discipline et du patriotisme dans l’accomplissement de cette mission nationale.
Le rôle des autorités administratives et traditionnelles
La session a également mis en avant la nécessité d’impliquer davantage les autorités administratives et traditionnelles dans le processus. Les gouverneurs, préfets et sous-préfets sont appelés à encadrer les opérations, tandis que les chefs traditionnels doivent mobiliser leurs communautés. Cette synergie institutionnelle et sociale est jugée indispensable pour surmonter les résistances et encourager la participation citoyenne. Le comité a rappelé que le recensement est une opération d’intérêt national, qui requiert l’engagement de tous les acteurs.
Un appel au patriotisme et à la responsabilité
Les agents recenseurs et leurs contrôleurs ont été exhortés à prendre pleinement leurs responsabilités. Le comité a insisté sur la nécessité de faire preuve de patriotisme en s’investissant réellement sur le terrain. Les absences injustifiées et les manquements dans l’exécution des tâches ont été dénoncés. Les responsables ont rappelé que le succès du recensement dépend de la rigueur et de l’engagement des équipes. Cet appel solennel vise à renforcer la mobilisation et à assurer la réussite de la phase de ratissage.
La 18ᵉ session du comité technique des activités mutualisées marque une étape décisive dans la consolidation du recensement 2026. Les discussions ont permis de mettre en lumière les défis persistants et de proposer des solutions concrètes. La rallonge de délai accordée par le Premier ministre apparaît comme une opportunité pour combler les insuffisances. Les mesures annoncées, notamment le redéploiement des équipes et l’implication des autorités, devraient permettre d’améliorer les résultats. Le Cameroun se donne ainsi les moyens de produire des données fiables, essentielles pour la planification et le développement socio-économique.
Gontran ELOUNDOU
Analyste politique
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