Yaoundé en mutation : les chantiers routiers instruments de légitimation politique

La capitale camerounaise connaît depuis plusieurs mois une effervescence particulière, marquée par la multiplication des chantiers routiers dans ses différentes communes. À Yaoundé 2, de Tsinga à la Cité Verte, les travaux de réfection et de bitumage s'imposent désormais comme une réalité tangible. Ils traduisent la volonté politique des maires de communes de répondre aux attentes pressantes des populations, longtemps confrontées à des voies dégradées et à une mobilité entravée. Dans la commune de Yaoundé 6, les évolutions sont également perceptibles, avec des axes en cours de modernisation qui visent à fluidifier la circulation et à réduire les embouteillages chroniques. Quant à la communauté urbaine, elle concentre ses efforts sur des points stratégiques, notamment au carrefour Coron et sur d'autre chantier stratégique, où les travaux de réfection s'inscrivent dans une logique de sécurisation et de modernisation de la voirie.
Ces chantiers ne relèvent pas uniquement d'une dynamique technique ou urbanistique. Ils s'inscrivent dans un contexte politique marqué par la proclamation des résultats de la présidentielle d'octobre 2025, qui a vu Paul Biya reconduit. Dans une ville où la légitimité politique se construit autant par les urnes que par les signes visibles de l'action publique, les travaux routiers apparaissent comme des instruments de communication et de légitimation. Ils matérialisent une volonté d'ancrer l'action des élus dans le quotidien des citoyens, en donnant à voir des réalisations concrètes susceptibles de renforcer la confiance collective.
L'analyse scientifique de ces chantiers révèle une articulation entre urbanisme et politique. Les routes, en tant qu'infrastructures de mobilité, deviennent des vecteurs de pouvoir et des supports de discours électoral. Elles incarnent une promesse de modernité et de développement, tout en préparant le terrain pour les échéances électorales à venir, notamment les législatives et municipales. Dans cette perspective, les travaux routiers ne sont pas seulement des réponses techniques à des besoins urbains, mais des marqueurs symboliques d'une gouvernance qui cherche à se réaffirmer dans un contexte de concurrence politique.
Yaoundé, en mutation, offre ainsi le spectacle d'une ville où les chantiers routiers dépassent leur fonction première pour devenir des instruments de légitimation et de projection politique. Ils traduisent une volonté de montrer que l'action publique est à l'œuvre, que les élus locaux et nationaux entendent répondre aux attentes des populations, et que la ville se prépare à affronter les défis de la modernité dans un cadre où l'urbanisme et la politique se confondent.
Gontran Eloundou
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