Cameroun: La promesse non tenue du Ministre du Commerce.

Promesses de stabilité et réalité du marché
Lorsque le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, annonçait une stabilisation des prix du cacao, l’objectif affiché était clair : protéger les planteurs contre les fluctuations du marché mondial et garantir une rémunération équitable. Le gouvernement visait un prix plancher de 3 200 FCFA/kg pour la campagne 2025‑2026, symbole d’une filière régulée et compétitive. Pourtant, sur le terrain, les chiffres racontent une autre histoire. Dans les bassins de production du Moungo, du Centre et du Sud-Ouest, les planteurs continuent de vendre leurs fèves entre 1 200 et 1 300 FCFA/kg, un niveau inchangé depuis mars. Cette stagnation traduit l’incapacité des autorités à répercuter les hausses internationales sur les prix locaux. Les promesses de stabilité se heurtent à la réalité d’un marché dominé par les exportateurs et les intermédiaires.
Un écart persistant et une filière fragilisée
Au port de Douala, le prix FOB du cacao a certes progressé de 1 818 à 1 875 FCFA/kg, mais cette embellie à l’exportation ne profite pas aux producteurs. L’écart entre les revenus des planteurs et les marges des exportateurs illustre une fracture économique persistante. Les planteurs, privés de mécanismes de régulation efficaces, subissent les effets d’une conjoncture mondiale défavorable et d’une gouvernance nationale insuffisamment réactive. La promesse ministérielle de stabilisation s’est transformée en mirage : les cours varient, les revenus stagnent, et la confiance s’effrite. Dans un pays où le cacao représente plus de 800 milliards FCFA de recettes annuelles, cette situation interroge la capacité de l’État à garantir une rémunération durable et équitable pour ceux qui font vivre la filière.
Gontran Eloundou
Analyste politique

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