Cacao : stagnation locale des prix et embellie à l’exportation

Les planteurs camerounais continuent de vendre leurs fèves de cacao à des prix oscillant entre 1 200 et 1 300 FCFA/kg dans les principaux bassins de production, notamment le Moungo, le Centre et le Sud-Ouest . Ce niveau, inchangé depuis fin mars, traduit une stagnation préoccupante pour les producteurs, malgré les annonces gouvernementales de stabilisation. En revanche, au port de Douala , le prix FOB (Free on Board) a légèrement progressé, passant de 1 818 FCFA/kg fin mars à 1 875 FCFA/kg début avril. Cette hausse modeste reflète une meilleure valorisation à l'exportation, portée par une demande mondiale soutenue. Cependant, les planteurs restent à l'écart de cette dynamique, faute de mécanismes efficaces pour répercuter les variations internationales sur les prix locaux.
Un écart persistant entre promesses et réalité
Le gouvernement avait fixé pour la campagne 2025‑2026 un objectif ambitieux de 3 200 FCFA/kg afin de garantir une rémunération équitable aux producteurs. Or, les prix actuels restent très éloignés de cette cible. La conjoncture mondiale, marquée par un excédent de production après plusieurs campagnes déficitaires, exerce une pression durable sur les cours. Ce décalage entre les prix stagnants dans les bassins et la légère hausse à l'exportation relance le débat sur la redistribution des revenus au sein de la filière. Les planteurs, rémunérés à peine 40 % du prix à l' export , ne bénéficient pas des gains réalisés par les exportateurs . Pour l' ONCC , la transparence des prix est un premier pas, mais la structuration de la filière — qualité, traçabilité, transformation locale — reste le véritable enjeu pour assurer une rémunération durable et équitable.
Nanga Paul
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