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Jeunes entrepreneurs

Liberté d’entreprendre au Cameroun : les mots, pas les moyens

Au lendemain de l'investiture présidentielle, le ministère du Commerce a proclamé avec emphase la « Liberté d'entreprendre », une formule qui se voulait porteuse d'espoir pour les acteurs économiques. Présentée comme une nouvelle ère pour les entrepreneurs camerounais, cette déclaration a été largement relayée dans les médias et sur les réseaux sociaux. Pourtant, derrière l'effet d'annonce, les observateurs constatent une absence totale de plan concret, de budget dédié ou même d'échéancier clair.

Cette situation alimente une polémique grandiose. Pour certains, il ne s'agit que d'une annonce politique destinée à séduire l'opinion publique et à donner l'impression d'un renouveau économique. Les critiques soulignent que la proclamation de la « liberté d'entreprendre » ne s'accompagne d'aucune réforme structurelle, ni de mesures tangibles pour améliorer l'environnement des affaires. Les entrepreneurs, eux, attendent des actions concrètes : simplification des procédures administratives, accès au financement, réduction de la fiscalité étouffante. Rien de tout cela n’a été précisé par le ministre du Commerce lors de sa sortie.

En réalité, cette communication ressemble davantage à une stratégie de légitimation politique qu'à une véritable politique économique. Dans un pays où les petites et moyennes entreprises peinent à survivre face aux lourdeurs bureaucratiques et à l'instabilité des marchés, parler de « liberté d'entreprendre » sans offrir de garanties revient à entretenir une illusion. La polémique est d'autant plus vive que les entrepreneurs camerounais, confrontés à des défis quotidiens, voient dans cette annonce un décalage flagrant entre le discours officiel et la réalité du terrain.

La question qui se pose désormais est celle de la crédibilité des institutions. Peut-on continuer à proclamer des slogans sans contenu, alors que l'économie camerounaise a besoin de réformes profondes pour stimuler la croissance et renforcer la confiance des investisseurs ? La « liberté d'entreprendre » ne peut se réduire à une formule creuse. Elle doit s'incarner dans des politiques publiques cohérentes, des financements accessibles et une volonté réelle de transformer le climat des affaires.

En l'État, cette sortie du ministre du Commerce illustre parfaitement la fracture entre communication politique et action économique. Elle nourrit la polémique et rappelle que les Camerounais ne demandent pas des promesses, mais des résultats.

Nanga Paul

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