Chococam redevient camerounaise : un accord historique pour la souveraineté industrielle du cacao

Douala, novembre 2025 — C’est une annonce qui marque un tournant décisif dans l’histoire industrielle du Cameroun. Le fonds d’investissement Minkama Capital, fondé par le financier camerounais Fabrice Ndjodo, a signé un accord pour racheter 74,69 % de Chococam, l’un des fleurons de l’agro-industrie nationale, jusqu’ici détenu par le groupe sud-africain Tiger Brands. Cette opération, rendue possible grâce à un montage financier structuré avec le groupe BGFIBank, redonne à Chococam son ancrage camerounais et ouvre une nouvelle ère pour la transformation locale du cacao.
Ce rachat n’est pas qu’une transaction financière. Il incarne un véritable acte de souveraineté économique. Pour la première fois depuis des décennies, le Cameroun reprend le contrôle d’un maillon stratégique de sa filière cacao. Désormais, les fèves produites sur le sol camerounais ne seront plus simplement exportées à l’état brut. Elles seront transformées sur place, dans des usines camerounaises, par des mains camerounaises, pour nourrir un marché local et régional en pleine expansion. C’est un changement de paradigme qui s’inscrit dans une vision de montée en gamme, de création d’emplois qualifiés et de captation de la valeur ajoutée.

Fabrice Ndjodo
Le geste est d’autant plus fort qu’il est porté par un acteur camerounais de la finance internationale. Fabrice Ndjodo, diplômé d’HEC Paris et de la Harvard Business School, incarne cette nouvelle génération de stratèges économiques africains qui misent sur les biens de consommation pour bâtir des champions régionaux. Depuis 2017, il développe Minkama Capital avec une ambition claire : investir dans des actifs industriels africains à fort potentiel. Le rachat de Chococam est sa première grande opération publique, et elle est hautement symbolique.
Le financement de l’opération, estimée à environ 65 milliards de francs CFA, a été rendu possible grâce à un prêt syndiqué arrangé par BGFIBank, premier groupe bancaire privé de la zone CEMAC. Ce partenariat entre un fonds camerounais et une banque panafricaine démontre que les instruments financiers africains sont désormais capables de soutenir des acquisitions de cette envergure. C’est une démonstration de force, mais aussi de maturité économique.
Du côté de Tiger Brands, cette cession s’inscrit dans une stratégie de recentrage sur ses activités jugées prioritaires. Le groupe sud-africain se retire donc du marché camerounais, laissant la place à un acteur plus enraciné localement, mieux à même de comprendre les dynamiques du marché régional et de porter une vision industrielle à long terme.
La portée de cette opération dépasse largement le cadre de Chococam. Elle envoie un message clair : le Cameroun est prêt à reprendre le contrôle de ses filières stratégiques. Elle s’inscrit dans une dynamique de patriotisme économique assumé, où l’État et les acteurs privés conjuguent leurs efforts pour bâtir une économie plus résiliente, plus autonome, et plus inclusive.
Avec cette acquisition, Chococam redevient un emblème du made in Cameroon. Et le Cameroun, fort de ses ressources, de ses talents et de ses ambitions, affirme plus que jamais sa volonté de transformer localement pour rayonner globalement.
Nanga Paul
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