
Paul Biya est de retour au Cameroun : que va‑t‑il se passer ?

Après 74 jours passés à l’étranger, le Président de la République, Son Excellence Paul Biya, a regagné le Cameroun. Le calendrier lui ayant certainement forcé la main, notamment avec la victoire des Lionnes indomptables à la CAN Maroc 2026, le Chef de l’État a fait une apparition remarquée lors de la réception des championnes retransmise sur la CRTV. Cette séquence a permis de dissiper les doutes sur son état de santé : le Président est bel et bien vivant et présent sur le territoire national.
Mais son absence prolongée a laissé un Cameroun anxieux, traversé par des scandales politiques et des polémiques qui ont alimenté la presse nationale et internationale.
Les affaires qui ont marqué l’absence présidentielle
Durant ce voyage, deux acteurs majeurs ont occupé le devant de la scène. D’abord, Oswald Baboké, Directeur adjoint du Cabinet civil et proche de la Première Dame, éclaboussé par la crise de l’or et accusé d’implication dans des activités minières controversées. À cela s’est ajouté son rôle supposé dans le « vrai faux remaniement ministériel », qui a fait les choux gras de la presse.
Ensuite, le Capitaine Effoudou, ancien membre de l’État‑major particulier du Chef de l’État, a multiplié les sorties médiatiques tonitruantes. Ses déclarations ont directement visé Ferdinand Ngoh Ngoh, Secrétaire général de la Présidence, discrédité auprès de l’opinion publique nationale et internationale. Celui que l’on surnomme parfois le « vice‑Dieu du Cameroun » a vu ses ambitions fragilisées, alors que la course à la vice‑présidence semblait lui être favorable.
Ces épisodes ont donné l’impression d’une stratégie orchestrée : offrir au peuple « du sang et des jeux » pour détourner l’attention et occuper l’espace médiatique durant l’absence du Chef de l’État.
🏛️ On attend le remaniement
Le retour du Président Biya ouvre une nouvelle séquence politique. Les Camerounais attendent avec impatience le remaniement ministériel, annoncé depuis plusieurs mois mais jamais concrétisé. Ce remaniement est perçu comme une étape cruciale pour clarifier les équilibres internes au sommet de l’État et répondre aux attentes d’une société civile en quête de stabilité.
La question de la nomination d’un vice‑président reste au cœur des débats. Ce poste, qui constituerait un véritable dauphinat constitutionnel, pourrait marquer une évolution institutionnelle majeure et préparer la succession du Chef de l’État. Les accusations portées contre Oswald Baboké et Ferdinand Ngoh Ngoh semblent avoir réduit leurs chances d’ascension. Le lynchage médiatique dont ils ont été victimes pourrait être interprété comme une stratégie subtile pour les écarter de la course.
Dans ce contexte, le Président Biya apparaît plus que jamais comme le maître du jeu politique. Ses décisions à venir détermineront non seulement l’avenir de ses proches collaborateurs, mais aussi l’équilibre du pouvoir au Cameroun.
Le Cameroun sort d’une période de tumulte politique, alimentée par les scandales et les spéculations autour de l’absence prolongée du Chef de l’État. Aujourd’hui, avec le retour du Président Paul Biya à Yaoundé, l’attention se focalise sur ses prochaines décisions. Le remaniement ministériel et la possible nomination d’un vice‑président apparaissent comme des étapes cruciales pour l’avenir institutionnel du pays. Plus que jamais, les Camerounais attendent des actes forts qui rassurent, stabilisent et redonnent confiance dans la gouvernance nationale.
Gontran Eloundou
Analyste politique
A lire aussi: Cameroun: Après 74 jours à l’étranger, le retour annoncé du "VIEUX".
- Vues : 25


