CAMEROUN : 4ÈME RECENSEMENT DES POPULATIONS, DE L’HABITAT, DE L’AGRICULTURE ET DE L’ÉLEVAGE ; LE GOUVERNEMENT DONNE LE TOP DÉPART POUR LA PROROGATION
Le Cameroun vit une étape décisive dans son processus de planification nationale avec le lancement officiel de la prorogation du 4ème Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH), couplé au Recensement Général de l’Agriculture et de l’Élevage (RGAE). La cérémonie s’est tenue le 12 juin 2026 à l’Hôtel Concord International de Yaoundé, en présence des autorités nationales et des partenaires internationaux tels que l’UNFPA, la Banque mondiale, la FAO et les Nations Unies. Ce rendez‑vous marque le 10ème Comité Technique des activités mutualisées. Comité technique dont les travaux ont été présidé par Jean Tchoffo, Secrétaire général du MINEPAT, une instance clé pour coordonner les opérations de terrain. L’annonce du gouvernement traduit la volonté d’assurer une couverture exhaustive des ménages et exploitations agricoles, malgré les défis rencontrés. La prorogation apparaît ainsi comme une réponse pragmatique aux réalités du terrain.

Le recensement, au‑delà de sa dimension statistique, constitue un outil stratégique pour la gouvernance. Les données collectées permettront de mieux orienter les politiques publiques en matière de santé, d’éducation, d’emploi, mais aussi de développement agricole et rural. En prorogeant les opérations, le gouvernement entend garantir la fiabilité des résultats et éviter les biais liés à une couverture incomplète. Les débats au sein du comité technique ont mis en lumière les difficultés logistiques, notamment la mobilisation des agents recenseurs et la sensibilisation des populations. La prorogation vise donc à donner plus de temps pour surmonter ces obstacles et renforcer la qualité des informations recueillies.
Les partenaires techniques et financiers présents ont salué cette décision, soulignant l’importance d’un recensement crédible pour le Cameroun. L’UNFPA a insisté sur la nécessité de renforcer la communication afin d’inciter les ménages à collaborer pleinement avec les agents recenseurs. La Banque mondiale a rappelé que les données issues du RGPH et du RGAE sont essentielles pour calibrer les programmes de développement et mesurer l’impact des politiques publiques. Quant à la FAO, elle a mis l’accent sur la dimension agricole, en soulignant que la connaissance précise des exploitations et des cheptels est indispensable pour anticiper les besoins alimentaires et améliorer la sécurité nutritionnelle.
Sur le terrain, la prorogation se traduira par une formation complémentaire des agents recenseurs, notamment sur l’utilisation des outils numériques et la prévention des abus. Les autorités locales seront davantage impliquées pour faciliter l’accès aux ménages et aux exploitants agricoles. La stratégie de communication adoptée repose sur une saturation médiatique, avec des spots radio, des chansons diffusées sur les télévisions, des scrolls et des débats publics. L’objectif est de créer un climat de confiance et de mobilisation nationale autour de cette opération. Les populations sont ainsi invitées à considérer le recensement non comme une contrainte, mais comme une opportunité de participer à la construction des politiques de demain.
En donnant le top départ de la prorogation, le gouvernement envoie un signal fort : celui de la rigueur et de la transparence dans la collecte des données. Le Cameroun s’inscrit dans une dynamique de modernisation de ses instruments statistiques, avec l’appui constant de ses partenaires internationaux. Les résultats attendus du RGPH et du RGAE permettront de dresser une photographie fidèle du pays, de ses habitants et de ses ressources agricoles. Cette prorogation, loin d’être un simple ajustement technique, constitue une garantie pour l’avenir, en assurant que chaque citoyen et chaque exploitation soient comptabilisés. Le recensement devient ainsi un acte citoyen, un socle pour la planification et une étape incontournable vers un développement inclusif.
Gontran Eloundou
Analyste politique.
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