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Cameroun: Alexis Dipanda Mouelle n’est plus



L’ancien Premier président de la Cour suprême s’est éteint ce 04 mai 2026 à Douala, à l’âge de 84 ans. 

La nouvelle est tombée dès les premières heures de ce Lundi 04 mai 2026. Se battant contre la maladie depuis quelques années Alexis Dipanda Mouelle a rendu son dernier souffle à l’hôpital général de Douala. né le 25 mars 1942 à Bonakou Bwapaki (commune de Bonaléa, près de Dibombari, dans la région du Littoral du Cameroun), l’illustre défunt fut l’un des magistrats les plus influents de l’histoire contemporaine du Cameroun. Il a présidé la Cour suprême pendant près de 24 ans, marquant durablement l’institution judiciaire de son empreinte. Titulaire d'une licence en droit ainsi qu’un DES et un DEA d’études judiciaires obtenus en 1965 à l’Université de Paris, Alexis Dipanda Mouelle débute sa carrière au Cameroun comme juge au Tribunal hors classe de Yaoundé, cumulant des fonctions de juge suppléant et conseiller. Il occupe ensuite les postes de : président du Tribunal de première instance de Foumban en 1971, chef du Service des professions judiciaires au ministère de la Justice en 1972, procureur général près la Cour d’appel du Littoral à Douala de 1975 à 1980, puis accède au poste de secrétaire général du ministère de la Justice en 1980. En décembre 1986, il devient procureur général près la Cour suprême et le 30 mai 1990 il est nommé Premier président de la Cour suprême du Cameroun, fonction qu’il exerce jusqu’en 2014. 
Durant ses 24 ans à la tête de la Cour suprême du Cameroun, Alexis Dipanda Mouelle s’est illustré par son travail et son abnégation à  faire de la magistrature camerounaise un modèle international. C’est lui qui en 1992 valide les résultats de l’élection présidentielle remportée par Paul Biya face à Ni John Fru Ndi, malgré des soupçons d’irrégularités largement évoqués dans l’opposition. Au-delà des frontières nationales, Alexis Dipanda Mouelle a été vice-président du Comité des Nations unies pour l’application de la Convention contre la torture et a présidé la 17e session de ce comité. Il était également membre de l’Institut international de droit d’Expression et d’Inspiration Françaises (IDEF) et de la Chambre d’arbitrage de la Cour internationale de justice de La Haye.
À 84 ans le haut magistrat s’en va après avoir  contribué avec  rigueur à structurer les institutions judiciaires du pays. Le Cameroun perd avec lui un grand serviteur de l’État, dont la carrière a illustré à la fois les ambitions et les défis de la justice dans un contexte postcolonial.

Par Antoine MBOE AKOA 

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