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Jacques Bertrand Mang : de l’allié politique au pavillon psychiatrique

Une hospitalisation qui interroge

À Douala, l’internement de Jacques Bertrand Mang au pavillon psychiatrique de l’hôpital Laquintinie fait grand bruit. Ancien allié de Cabral Libii, devenu activiste politique, il se retrouve soudain catalogué comme «fou» par les autorités médicales. Une situation rocambolesque qui suscite des interrogations: sagit‑il dun véritable diagnostic psychiatrique ou dune stratégie pour neutraliser une voix gênante? Dans un pays où la contestation politique est souvent perçue comme une menace, lhospitalisation d’un militant connu pour ses prises de position tranchées apparaît comme un épisode révélateur des tensions entre pouvoir et liberté d’expression.

 Le spectre du muselage politique

Pour de nombreux observateurs, l’affaire Mang ressemble davantage à une tentative de muselage qu’à une démarche médicale. Hier encore, il était un allié de Cabral Libii, aujourd’hui il est isolé derrière les murs d’un pavillon psychiatrique. Le contraste est saisissant et alimente les suspicions: qui a intérêt à le voir se taire? Ses critiques du système, ses dénonciations publiques et sa posture dactiviste dérangeaient. Dans un contexte où la psychiatrie peut devenir un outil de disqualification sociale, l’internement de Mang illustre une pratique inquiétante: transformer lopposant en malade pour mieux le neutraliser.

 Une affaire symptomatique du Cameroun

Au‑delà du cas individuel, cette hospitalisation met en lumière une réalité propre au Cameroun: la difficulté daccepter la contradiction politique. Jacques Bertrand Mang devient ainsi le symbole dun système où lactivisme peut être assimilé à une pathologie. Les citoyens sinterrogent: est‑ce la santé mentale qui est en jeu, ou la santé démocratique? Derrière l’étiquette de folie, cest la question de la liberté dexpression qui se pose. Et dans ce théâtre politique, chacun devine que le silence imposé à Mang profite à ceux qui redoutent la parole libre, confirmant une fois de plus que la contestation reste un terrain miné dans le pays.

Gontran Eloundou
Analyste politique

 

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