Remaniement ministériel 2026 : Celestine ketcha courtès, son bilan peut-il plaider en sa faveur ?

Le Ministère de l’Urbanisme et de l’Habitat au Cameroun est chargé de missions fondamentales qui touchent directement la vie quotidienne des citoyens : planifier l’urbanisme, construire des logements sociaux et réguler le foncier. Ces responsabilités sont au cœur des politiques publiques visant à accompagner la croissance démographique et à répondre aux besoins d’une population urbaine en constante expansion. Sous la direction de Célestine Ketcha Courtès, ces missions ont pris une dimension nouvelle, marquée par des projets structurants et une volonté affirmée de moderniser les villes camerounaises.
La planification urbaine, qui constitue l’une des pierres angulaires du ministère, a été renforcée par des programmes comme le CD2 Urbain « Capitales régionales » et le Projet de développement des villes inclusives et résilientes (PDVIR). Ces initiatives visaient à anticiper la croissance des grandes agglomérations et à proposer des solutions durables pour l’aménagement des espaces. L’approche adoptée par la ministre a mis en avant la nécessité de rendre les villes plus résilientes face aux défis environnementaux et sociaux, tout en favorisant une meilleure organisation des infrastructures.
La question des logements sociaux a également été au centre de son action. Le programme gouvernemental de construction de 10 000 logements sociaux, accéléré sous son mandat, illustre la volonté de réduire l’habitat précaire et de permettre aux populations à revenus modestes d’accéder à un logement décent. Toutefois, malgré les efforts consentis, la demande reste largement supérieure à l’offre, ce qui souligne l’ampleur du défi. Les chantiers lancés ont permis de poser des bases solides, mais la satisfaction des besoins en logement demeure un objectif encore partiellement atteint.
Sur le plan de la régulation foncière, Célestine Ketcha Courtès a entrepris des actions pour sécuriser les titres de propriété et réduire les litiges. Le foncier étant un domaine sensible au Cameroun, marqué par des conflits fréquents et une forte pression démographique, la ministre a tenté d’apporter plus de transparence et de rigueur dans la gestion des terres. Les efforts déployés ont permis d’améliorer certains mécanismes, mais la complexité du secteur et la multiplicité des acteurs impliqués continuent de poser des difficultés.
L’embellissement et la valorisation des villes ont également été encouragés à travers des initiatives comme le concours national Villes propres. Ce programme a contribué à sensibiliser les populations à l’importance de l’environnement et à promouvoir une culture de la propreté et de l’entretien urbain. Ces actions, bien que symboliques, ont eu un impact réel sur l’image des villes et sur la mobilisation citoyenne autour des questions d’urbanisme et d’habitat.
La ministre a par ailleurs renforcé les partenariats internationaux, notamment avec ONU-Habitat, et mobilisé les organismes sous tutelle tels que la SIC, le Crédit Foncier et la MAETUR. Ces collaborations ont permis de donner une dimension plus globale aux projets du ministère et d’intégrer des standards internationaux dans la gestion urbaine. Elles ont aussi favorisé l’accès à des financements et à des expertises techniques indispensables pour mener à bien les projets.
Un autre volet important de son action a été la formation. Avec le lancement du Programme national de formation aux métiers de la ville (PNFMV), Célestine Ketcha Courtès a voulu préparer une nouvelle génération de professionnels capables de répondre aux défis urbains. Cette initiative a contribué à renforcer les compétences locales et à créer un vivier de spécialistes en urbanisme et en habitat, indispensables pour assurer la continuité et la durabilité des projets.
En définitive, le bilan de Célestine Ketcha Courtès à la tête du Ministère de l’Urbanisme et de l’Habitat est marqué par des avancées significatives mais aussi par des limites persistantes. Les bases d’une urbanisation plus inclusive et durable ont été posées, et des projets concrets ont vu le jour. Cependant, les défis liés à la demande en logements sociaux, à la régulation foncière et à l’urbanisation rapide restent entiers. Son mandat aura donc marqué une étape importante dans la mise en œuvre des missions gouvernementales, mais il laisse entrevoir la nécessité d’un effort soutenu et continu pour atteindre pleinement les objectifs fixés et répondre aux aspirations des populations.
Gontran Eloundou
Analyste politique
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