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Remaniement ministériel 2026: Luc Magloire Mbarga Atangana ; vingt et un ans de régulation et de défis au ministère du Commerce

Depuis plus de deux décennies, Luc Magloire Mbarga Atangana incarne la continuité et la stabilité à la tête du ministère du Commerce du Cameroun. Son parcours ministériel s’inscrit dans une logique de régulation des marchés, de protection des consommateurs et de promotion des échanges intérieurs et extérieurs. L’évaluation de son action exige une approche scientifique, qui confronte les objectifs fixés par l’État aux résultats observés dans les différents segments du commerce national et international.

Sur le plan du commerce intérieur, le ministre a œuvré à maintenir l’équilibre des marchés dans un contexte marqué par des tensions inflationnistes récurrentes et par la dépendance aux importations de produits de première nécessité. Les campagnes de régulation des prix, les contrôles sur le terrain et les mesures de lutte contre la spéculation ont permis de contenir certaines dérives, mais n’ont pas toujours suffi à garantir une stabilité durable. La protection des consommateurs s’est traduite par des actions de sensibilisation et par le renforcement des mécanismes de contrôle de la qualité des produits, notamment alimentaires. Toutefois, l’efficacité de ces dispositifs reste tributaire de la capacité institutionnelle à couvrir l’ensemble du territoire et à sanctionner les pratiques frauduleuses.

Le commerce extérieur, quant à lui, a été marqué par une volonté de diversification des marchés et de promotion des exportations camerounaises. Luc Magloire Mbarga Atangana a accompagné la mise en œuvre des accords commerciaux régionaux et internationaux, en particulier dans le cadre de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) et des partenariats avec l’Union européenne. Les exportations de produits agricoles comme le cacao, le café et le coton ont bénéficié de cette dynamique, mais restent confrontées aux défis de compétitivité, de transformation locale et de dépendance aux fluctuations des cours mondiaux. L’intégration régionale, bien qu’avancée sur le plan institutionnel, demeure limitée dans ses effets pratiques, les barrières non tarifaires et les insuffisances logistiques freinant encore la fluidité des échanges.

L’évaluation scientifique du bilan de Luc Magloire Mbarga Atangana révèle ainsi une action marquée par la constance et la loyauté institutionnelle, mais aussi par des limites structurelles. Les objectifs fixés par le chef de l’État, qui visaient à faire du commerce un moteur de croissance et un levier de protection sociale, ont été partiellement atteints. La régulation des marchés a permis d’éviter des crises majeures, mais n’a pas éradiqué les tensions inflationnistes. La protection des consommateurs a progressé, mais reste inégale selon les régions. Les exportations ont gagné en visibilité, mais le Cameroun peine encore à transformer ses avantages comparatifs en avantages compétitifs.

En définitive, le parcours de Luc Magloire Mbarga Atangana illustre la complexité de la gestion du commerce dans un pays en développement, soumis aux contraintes de la mondialisation et aux attentes croissantes des citoyens. Son bilan, après vingt et un ans, est celui d’un ministre qui a su maintenir une ligne de régulation et de stabilité, mais qui n’a pas encore réussi à inscrire le commerce camerounais dans une dynamique pleinement transformative et durable.

Gontran Eloundou
Analyste politique

 

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