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LA FIN D’ENEO ET LA NAISSANCE DE SOCADEL, ENTRE ESPOIR ET SUSPICION.

Le décret présidentiel officialisant la création de la Société Camerounaise d’Électricité (SOCADEL) marque la fin d’une ère: celle dENEO, longtemps critiquée pour ses insuffisances. Dans les rues de Douala comme dans les villages reculés, la nouvelle a suscité autant despoir que de scepticisme. Les Camerounais voient dans ce changement une rupture symbolique, une volonté de l’État de reprendre la main sur un secteur vital. Mais derrière lannonce solennelle, une question persiste: la SOCADEL saura‑t‑elle répondre aux attentes d’un pays en quête de lumière et de stabilité énergétique?

 Les missions assignées à la SOCADEL.
La SOCADEL hérite d’une mission lourde: assurer la fourniture régulière d’électricité sur lensemble du territoire. Ses objectifs sont clairs: moderniser les infrastructures vieillissantes, diversifier les sources de production et renforcer la transparence dans la gestion. Le décret insiste sur la nécessité dune gouvernance publique exemplaire, capable de concilier efficacité économique et service universel. Dans un contexte où l’énergie conditionne le développement industriel et social, la SOCADEL est appelée à devenir un acteur stratégique, garant de la souveraineté énergétique nationale.

Les nouveaux responsables à la manœuvre.
La nomination des nouveaux responsables de la SOCADEL a été scrutée avec attention. À la tête de l’entreprise, des profils réputés pour leur rigueur et leur expertise technique ont été choisis afin de restaurer la confiance.

Antoine Ntsimi : Président du Conseil d’Administration (PCA).

Oumarou Hamandjoda : Directeur Général (DG).

Basile Ekobena : Directeur Général Adjoint (DGA)

Le conseil d’administration, composé de figures issues du secteur public et privé, devra incarner une nouvelle dynamique. Les Camerounais attendent de ces dirigeants qu’ils rompent avec les pratiques opaques du passé et qu’ils privilégient une gestion orientée vers les résultats. La crédibilité de la réforme dépendra largement de leur capacité à incarner le changement.

 Les attentes du public.
Dans les foyers, les attentes sont immenses. Les coupures intempestives, les délestages prolongés et les factures jugées exorbitantes ont nourri un profond ressentiment envers l’ancien opérateur. Les populations espèrent désormais une amélioration tangible: un courant stable, accessible et équitable. Les étudiants rêvent de réviser sans craindre une panne, les commerçants de travailler sans générateurs, et les ménages de vivre sans la hantise des bougies. La SOCADEL devra prouver que le service public peut réellement se mettre au service du citoyen.

La nécessité d’assainir le secteur.
Au‑delà de la fourniture, l’assainissement du secteur électrique est une priorité. Les experts dénoncent depuis longtemps la vétusté des équipements, la corruption dans les marchés publics et l’absence de planification stratégique. La SOCADEL est appelée à instaurer une culture de responsabilité, à investir dans la maintenance et à renforcer la régulation. L’État devra accompagner cette mutation par des politiques claires et des financements adaptés. Sans assainissement, la réforme risque de n’être qu’un changement de façade.

 La lutte contre les fraudes.
Enfin, la lutte contre les fraudes constitue un chantier majeur. Les branchements clandestins, les détournements de recettes et les falsifications de compteurs fragilisent la filière et pénalisent les usagers honnêtes. La SOCADEL devra mettre en place des mécanismes de contrôle efficaces, tout en sensibilisant les populations à l’importance de la régularité. La bataille contre la fraude sera aussi une bataille pour la justice sociale: garantir que chacun paie le juste prix pour un service fiable. Cest à ce prix que la SOCADEL pourra incarner une véritable renaissance énergétique.

Gontran Eloundou
+227 673 933 132

 

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