CAMEROUN : LOCOMOTIVES CAMALCO, MOTEUR STRATÉGIQUE DU CORRIDOR DE LA BAUXITE.
Les locomotives CAMALCO, récemment arrivées au port de Douala, marquent une étape décisive dans la mise en exploitation du gisement de bauxite de Minim‑Martap. Ce projet, porté par la société CAMALCO S.A — filiale camerounaise de l’australien Canyon Resources —, incarne la transformation industrielle du Cameroun et la naissance d’un corridor ferroviaire stratégique reliant l’Adamaoua à l’Atlantique.

La scène observée au port de Douala, où les locomotives bleues et jaunes de CAMALCO s’alignent aux côtés de la locomotive rouge de CAMRAIL, illustre la matérialisation d’un projet longtemps attendu. Ces machines, construites par le géant chinois CRRC Ziyang Co. Ltd., sont les premières d’une série de 22 locomotives diesel destinées à transporter la bauxite extraite du plateau de Minim‑Martap vers le littoral. Leur arrivée symbolise le passage du projet minier à sa phase opérationnelle, après des années d’études géologiques et de négociations entre l’État du Cameroun et Canyon Resources. Ce matériel roulant, d’une valeur de plusieurs milliards de francs CFA, constitue le socle logistique d’un investissement global estimé à 252,6 milliards FCFA, incluant rails, wagons et infrastructures portuaires.
CAMALCO S.A., créée en 2025, est le bras camerounais de Canyon Resources Limited, société minière australienne cotée à la bourse de Sydney. Elle détient le permis d’exploitation du gisement de Minim‑Martap, évalué à 1,1 milliard de tonnes de bauxite, dont 144 millions de tonnes immédiatement exploitables. Ce minerai, d’une pureté exceptionnelle (51 % d’alumine et seulement 2 % de silice), place le Cameroun parmi les futurs leaders africains du marché mondial de l’aluminium. Canyon Resources, consciente de la dimension stratégique du transport, a acquis 26,9 % du capital de CAMRAIL, concessionnaire du réseau ferroviaire national, afin de sécuriser l’acheminement du minerai vers Douala.
Sur le plan économique, le projet Minim‑Martap représente un levier majeur pour la diversification de l’économie camerounaise. Les locomotives CAMALCO ne sont pas de simples engins de traction : elles incarnent la colonne vertébrale du corridor minier reliant l’Adamaoua au port de Douala. Ce corridor permettra d’évacuer jusqu’à 10 millions de tonnes de bauxite par an, générant des recettes d’exportation considérables et des emplois directs et indirects estimés à 25 000. L’État camerounais, actionnaire à hauteur de 10 % dans CAMALCO, bénéficiera de 12 % du chiffre d’affaires en redevances et impôts, selon les projections du ministère des Mines.
Au‑delà des chiffres, l’arrivée des locomotives traduit une vision politique : celle d’un Cameroun qui mise sur la valorisation locale de ses ressources. Les autorités envisagent déjà la construction d’une raffinerie d’alumine à partir de 2027, en partenariat avec ALUCAM, pour transformer sur place une partie du minerai. Cette stratégie vise à réduire la dépendance aux exportations brutes et à créer une chaîne de valeur industrielle complète, de la mine à la transformation. Les locomotives CAMALCO deviennent ainsi les premiers maillons visibles d’une ambition nationale d’industrialisation.
Sur le terrain, les travaux avancent à grands pas : les rails sont posés à Minim‑Martap, les terrassements s’intensifient au port de Douala, et les premiers wagons — 560 unités commandées à l’indien Texmaco Rail & Engineering Limited — sont attendus en juillet 2026. L’objectif est clair : constituer des stocks de bauxite à la mine, sur la plateforme ferroviaire et au port avant les premières exportations prévues pour septembre 2026. Ce calendrier, respecté à la lettre, témoigne du sérieux de CAMALCO et de la rigueur de Canyon Resources dans la mise en œuvre du projet.
L’arrivée des locomotives CAMALCO au Cameroun est donc bien plus qu’un événement industriel : c’est le signal d’un basculement économique. En reliant la richesse minérale de l’Adamaoua aux infrastructures portuaires du littoral, le Cameroun se dote d’un outil stratégique pour son développement. Ces machines, puissantes et modernes, ne transportent pas seulement de la bauxite : elles portent l’espoir d’une renaissance industrielle nationale, où le rail devient le vecteur d’une économie tournée vers la transformation et la souveraineté.
Nanga Paul
Source :
KOACI Investir au Cameroun MINMIDT MINMIDT camerpressagency.com
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