
La Chocolaterie Confiserie du Cameroun (CHOCOCAM) redevient nationale

Chococam, filiale du groupe sud‑africain Tiger Brands, a longtemps été un acteur majeur de la transformation du cacao au Cameroun. Après le retrait de Tiger Brands Avant sa reprise par l’État en avril 2026, Chococam avait été rachetée en novembre 2025 par le fonds camerounais Minkama Capital, dirigé par le financier Fabrice Ndjodo. Cette opération avait marqué le retour de l’entreprise sous pavillon national après le retrait du groupe sud‑africain Tiger Brands. Cette étape marquait déjà une volonté de réintégrer Chococam dans le tissu économique national, mais les difficultés financières et les enjeux de gouvernance ont limité l’impact de cette reprise. L’entreprise, malgré son importance stratégique, peinait à répondre aux attentes des producteurs de cacao et à s’imposer face à la concurrence internationale.
La reprise par l’État
Le 21 avril 2026, le gouvernement camerounais a annoncé la nationalisation de Chococam, une décision perçue comme un signal fort en faveur de la souveraineté économique. Cette reprise vise à renforcer la transformation locale du cacao, produit phare des exportations agricoles du pays, et à réduire la dépendance aux importations de produits chocolatés. Les autorités ont insisté sur la nécessité de relancer l’entreprise en modernisant ses infrastructures et en intégrant davantage les producteurs locaux dans la chaîne de valeur. Pour l’État, il s’agit d’un levier stratégique afin de créer des emplois, stimuler la compétitivité et assurer une meilleure disponibilité des produits sur le marché national.
Enjeux
La nationalisation de Chococam ouvre une nouvelle phase pour l’industrie agro‑alimentaire camerounaise. Elle traduit une volonté politique de relocaliser la valeur ajoutée et de renforcer la souveraineté économique dans un secteur clé. Toutefois, les défis restent nombreux : assurer une gestion transparente, mobiliser les financements nécessaires et garantir une accessibilité équitable des produits. Les syndicats et associations de producteurs espèrent que cette reprise permettra une meilleure rémunération du cacao et une valorisation des filières locales. Pour les observateurs, Chococam devient désormais un symbole de la capacité du Cameroun à reprendre en main ses industries stratégiques et à inscrire son développement dans une logique de durabilité et d’inclusion.
Nanga Paul
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