
Cameroun : cacao, pourquoi les villages deviennent riches, mais restent sous-développés
- https://ecomatin.net/cemac-vers-une-hausse-de-3-de-la-production-de-cacao-soutenue-par-le-cameroun-beac
- https://www.voaafrique.com/a/la-mis%C3%A8re-des-expropri%C3%A9s-du-barrage-de-lam-pangar-au-cameroun/4558770.html
Au Cameroun, les campagnes, sont les lieux de production de la richesse. Avec l'embellie du prix du cacao au Cameroun, à raison de 5 000 Fcfa /kg, les véritables créateurs de richesse ne sont plus dans les métropoles, mais désormais dans l'arrière-pays.
La production de Cacao au Cameroun qui s'élève à environ 400 000 tonnes/an fait rentrer comme devise 2 000 Milliards de Fcfa. La fève représente ainsi plus de 50% des recettes d'exportation agricole. C'est aussi la deuxième source de revenu national après le pétrole. Ces recettes, liées au Cacao, se concentrent essentiellement dans les zones rurales. Faisant de ces dernières les véritables lieux de production de la richesse nationale. Un apport donc dans le PIB du pays dont les retombées ne se font pas encore ressentir à l'intérieur de nos villages. Cette situation est due à la faible capacité de nos acteurs politiques, notamment les élus en charge des collectivités territoriales, à apporter des solutions de développement adaptées aux habitants des zones rurales. Il est urgent de s'interroger sur les solutions de développement à apporter dans ces zones où il existe une richesse certaine, mais où l'absence de développement est une réalité.
Lorsque l'on parle de développement économique, il est important de faire la différence entre ce qui est la richesse et ce qui est le développement. Nous constatons au Cameroun un grand écart entre le fait d'avoir de la richesse et se développer. Enquêter dans les campagnes sur le phénomène de la richesse sans le développement, nous renvoi à l'épineux problème du déficit de politique publique allant dans le sens du développement. Là-bas, il existe une réelle richesse, mais on peut déplorer l'absence des infrastructures, servant de base au développement.
Qu'est-ce que la richesse ?
L'on peut définir la richesse comme étant l'abondance de biens, de ressources, ou de moyens, qu'ils soient matériels ou immatériels. Elle peut se référer à la possession de grandes fortunes, mais aussi à la qualité de ce qui est précieux, abondant ou de grande valeur. En économie, la richesse est souvent associée à la production et à l'accumulation de biens et d'actifs. L'agriculture au Cameroun est la première source de richesse des populations rurales.
Qu'est-ce que le développement ?
Le développement définit le processus d'amélioration et de transformation structurelle qui conduit à une croissance économique et à une élévation du niveau de vie. Il englobe des aspects démographiques, économiques, sociaux, mentaux et politiques. Le développement peut également faire référence à l'action de développer quelque chose, de lui donner toute son étendue ou de l'exposer de manière détaillée. Lorsque l'on observe cette précision, l'on constate qu'au Cameroun, un écart réel se creuse entre les villes et les campagnes. Il est observé que les campagnes possèdent la richesse et les villes quant à elle présentent le visage du développement. Faisons un tour dans nos campagnes : là-bas où le cacao fait des heureux. Le cacao est la première source de richesse des Camerounais vivants dans les campagnes. L'on peut mesurer cette richesse de part certains indicateurs.
Les campagnes de plus en plus richesses
Les villages producteurs de cacao engrangent de nombreuses devises entre 1500 et 2000 Milliards de Fcfa. Ce rentré de dispositifs favorise l'émancipation des agriculteurs dans les campagnes. Ils sont plus de 3 millions de camerounais à vivre directement des ressources du cacao. A cet effet un réel changement du mode de vie des producteurs est observé. Achat de Motos et de véhicule de transport de fèves, construction de nouvelles maisons, électrification des ménages. Les panneaux solaires sont par conséquent le seul moyen pour les ménages d'avoir de l'électricité. Diffusion de la télévision par satellite, et possession de dispositifs. Voila ce que l'on observe dans les villages. Ceux-là qui hier étaient les pauvres, sont aujourd'hui les nouveaux riches. Grâce au cacao, les hommes fondent [i] nt plus rapidement leurs familles et peuvent subvenir à tous les besoins de leurs enfants. Mais l'on peut encore observer un développement prêté des campagnes. Mais est ce que posséder les appareils est une garantie pour le développement des zones rurales.
Faut-il développer les zones rurales ?
Dans les villages, l'on ne ressent pas une réelle volonté de développement par les autorités locales. Le processus d'amélioration et de transformation structurelle et infrastructurelle, qui conduit à une croissance économique et à une élévation du niveau de vie ne suit pas. L'on peut se dire d'abord que nos campagnes doivent garder leur authenticité. On est attaché à la beauté et à l'authenticité de nos villages certes, mais l'absence de certaines infrastructures est une source de diminution du bien-être des populations porteuses de richesse. Absence d'hôpitaux, absence de ponts, absence de routes permettant l'écoulement rapide des matières premières est un réel souci et un frein au bien-être des populations.
Posséder la richesse sans pouvoir la valoriser, est un réel frein à l'épanouissement des populations dans les campagnes. Des routes pour écouler les richesses, les hôpitaux pour soigner les familles, et des écoles pour donner aux citoyens des moyens de développement intellectuel de leur zone. Voilà ce qu'il faut pour assurer l'équilibre entre la richesse et le développement. Ce développement est l'affaire des autorités administratives, associées aux élus dans les collectivités territoriales. Le déficit de politique publique et l'absence de coordination entre les collectivités territoriales décentralisées et le gouvernement ajoutent à cela le détournement de denier public fait que les campagnes restent des zones sous-développées.
Il existe chez nous, une absence de vision politique qui fait que, la richesse issue de la production agricole en général et du cacao précisément, présente dans nos campagnes, est peu ou alors pas exploitée. Les ressources agricoles abondantes ne sont pas valorisées par les autorités politiques. Cette absence de vision est un réel frein au développement des zones rurales. Comment comprendre que des hommes et des femmes peuvent avoir d'importants revenus, mais ne bénéficient pas de sécurité sociale et ne peuvent se soigner convenablement ? Pourquoi les routes, les ponts et les infrastructures sanitaires, n'y sont pas des priorités pour les autorités politiques de ces zones rurales. Il faut qu'il y ait un lien entre la richesse de nos campagnes et les infrastructures de développement de base.
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