Accéder au contenu principal

Culture

La sénatrice Françoise Puéné & l'artiste Longue Longue

CAMEROUN : L’ARTISTE LONGUE LONGUE RAPATRIÉ SUBIT UN REDRESSEMENT IDÉOLOGIQUE PAR FRANCOISE PUÉNÉ

 Le retour forcé d’un artiste contestataire

Le chanteur camerounais Simon Longkana Agno, alias Longue Longue, a été rapatrié au Cameroun après son expulsion de France. Il a été frappé de l’obligation à quitter le territoire français (OQTF) et Escorté par la police française. À son arrivée au Cameroun, Longue Longue a été remis aux autorités locales à Douala. Ce retour marque un tournant dans la trajectoire d’un artiste dont la carrière a toujours été liée à la contestation politique et aux prises de position audacieuses contre le régime en place.

Une expulsion aux allures de neutralisation

Officiellement motivée par son séjour irrégulier en France, l’expulsion de Longue Longue s’inscrit dans un contexte plus large : celui de ses critiques répétées contre le pouvoir. Ses chansons et ses déclarations publiques lui ont valu arrestations, tortures et poursuites judiciaires. Son retour forcé apparaît ainsi comme une tentative de neutraliser une voix dissidente qui dérange depuis plus de vingt ans.

Le rôle de Françoise Puéné alias Mamy Nyanga

En France, c’est la Sénatrice du RDPC qui sur une vidéo fait prendre les engagements à Longue Longue et lui fait promettre désormais de ne plus critiquer le RDPC. À son arrivée, l’artiste a été auditionné puis relâché sous conditions strictes : ne plus critiquer le chef de l’État et éviter tout « bavardage politique ». C’est la sénatrice Françoise Puéné « Mamy Nyanga », qui s’est personnellement chargée de son « redressement idéologique et politique »il est logé au Franco Hôtel à Yaoundé, hôtel de luxe appartenant à la femme politique. Cette intervention illustre la volonté du parti au pouvoir de contrôler la parole publique et de ramener les figures populaires dans le giron officiel.

 Silence imposé et survie artistique

Aujourd’hui, Longue Longue se retrouve face à un dilemme : se conformer aux injonctions du pouvoir pour préserver sa sécurité, ou continuer à incarner la contestation au risque de nouvelles représailles. Son rapatriement et l’encadrement politique orchestré par le RDPC posent une question plus large : celle de la place des artistes dans la lutte pour la liberté d’expression et la démocratie au Cameroun.

Nanga Paul

 

 

Pin It
  • Vues : 138