Les Camerounais sont stigmatisés en République centrafricaine pour cause de Coronavirus. Le ministre centrafricain de la Santé publique et de la population avait accusé les camerounais d’avoir importé le Coronavirus dans son pays.

Conséquence, les Camerounais en Centrafrique sont obligatoirement soumis au test de dépistage du Coronavirus.

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Dans une note, le patron centrafricain de la Santé publique, avait explicitement demandé à toutes les personnes en provenance du Cameroun de se soumettre "impérativement" au test de dépistage du Covid-19.

La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (Minusca), avait-elle aussi interdit aux transporteurs camerounais qui livrent les produits dans ce pays voisin, dont des denrées de première nécessité, l’accès en RCA.

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L’interdiction a été levée 4 jours après le tollé médiatique et le mouvement d’humeur des transporteurs camerounais. 

Mercredi, le Cameroun a exprimé son indignation face au traitement infligé à ses ressortissants. Le chargé d’affaires de l’ambassade de la RCA au Cameroun a été convoqué mercredi au ministère des Relations extérieures (Minrex).

Il s’est porté garant de transmettre " fidèlement" l’indignation des autorités camerounaises au gouvernement centrafricain.

Dépendance

Le Corridor Douala (Cameroun)-Bangui (RCA) est long de 1500 km. Il est desservi par plus de 5 000 camionneurs. N’ayant aucun accès à la mer, la Centrafrique est Lire la Suite sur KOACI.COM

Le président malgache Andry Rajoelina a officiellement lancé le lundi 20 avril, à grandes gorgées, un remède à base de plantes médicinales locales capable, selon lui, de prévenir et de guérir les patients malades du nouveau coronavirus.

« On a fait des tests, deux personnes sont maintenant guéries par ce traitement », a affirmé Andry Rajoelina devant ministres, ambassadeurs et journalistes réunis à l’Institut malgache de recherche appliquée (IMRA) qui a conçu le breuvage.

« Cette tisane donne des résultats en sept jours », s’est-il réjoui en en ingurgitant une dose. « Je vais être le premier à boire ça aujourd’hui, devant vous, pour vous montrer que ce produit guéri et ne tue point », a-t-il lancé aux sceptiques qui doutent des vertus de cette potion magique.

JEUNE AFRIQUE

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Un remède miracle ?

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a reconnu que certains médicaments et remèdes traditionnels « peuvent atténuer les symptômes » du coronavirus, mais a rappelé qu'il « n'existe aucune preuve que ces substances peuvent prévenir ou guérir la maladie ». L'organisation a même voté dès 2007 une résolution « qui appelle à un retrait progressif des monothérapies à base d'artémisinine par voie orale des marchés ». L'artemisia est interdite dans plusieurs pays d'Europe.

Le recours à la pharmacopée traditionnelle

L'annonce des premiers cas de personnes contaminées par le Covid-19 a causé à Madagascar un vif regain d'intérêt pour toute une série de plantes médicinales ou de produits tels que le gingembre et le citron censés guérir ou, à tout le moins, protéger du virus. À Madagascar, l'Imra travaillait depuis plusieurs semaines sur un traitement contre le Covid-19. Les chercheurs se sont donc appuyés sur les résultats obtenus avec le Covid-Organics déjà utilisé pour lutter contre la malaria. Selon le président Rajoelina « les malades traités avec le Covid-Organics ont été guéris ». « Des malades en détresse respiratoire ont été tirés d'affaire et sont déjà sortis de l'hôpital » a-t-il ajouté. Selon le dernier bilan, 121 cas de contamination par le Covid-19, dont 39 aujourd'hui considéré comme guéris, ont été rapportés officiellement sur la Grande Île. Aucun n'a causé la mort d'un patient. L'occasion pour le chef de l'État de fustiger la mentalité de certaines personnes qui n'ont pas confiance en leurs dirigeants ni en leurs chercheurs. À en croire la presse nationale, le Covid-Organics pourrait propulser Madagascar sur le devant de la scène médicale internationale et même bousculer le monde de la finance. L'artemisia étant produite essentiellement à Madagascar, en Afrique et en Asie.

L'enjeu est de taille pour le continent africain qui enregistre chaque année 92 % des 445 000 décès annuels dus à la maladie et 90 % des 219 millions de cas dans le monde. La phytothérapie peu onéreuse y serait un avantage par rapport aux médicaments souvent plus chers, rares ou faux. En cinq ans, plusieurs Maisons de l'artemisia, une association qui promeut l'utilisation de l'artemisia fondée par la Française Lucile Cornet-Vernet, se sont créées dans près de 23 pays du continent : Sénégal, Côte d'Ivoire, Congo et bien d'autres. Pour cette association, il suffit de prendre la plante en tisane pendant sept jours pour qu'elle soigne et prévienne le paludisme.

Les mises en garde contre l'artemisia

Sur le plan historique, les vertus de l'artemisia ont été révélées aux Occidentaux lors de la guerre du Vietnam. En effet, les Américains qui combattaient dans les rizières étaient soignés avec de la chloroquine, un médicament synthétique. De leur côté, les Vietnamiens n'avaient rien mais mouraient en masse du palu. Pour la petite histoire, certains vétérans ont même déclaré que la malaria était plus redoutable que les G.I's. Les Nord-Vietnamiens ont alors appelé les Chinois à la rescousse qui leur ont fourni l'Artemisia annua pour soigner les combattants vietnamiens. Cependant, la communauté scientifique se préoccupe des effets secondaires de l'artemisia et reste sceptique sur son efficacité. L'Académie nationale de médecine en France met en garde. Si la molécule d'artémisinine contenue dans une des variétés d'artemisia est effectivement utilisée dans la plupart des médicaments antipaludéens, « c’est son association avec d'autres molécules qui est nécessaire pour soigner efficacement la maladie en retardant l'apparition de résistances», rappelle laprofesseure Sandrine Houzé, parasitologue à l'hôpital Bichat à Paris.Toutes les espèces d'artemisia ne contiennent pas d'artémisinine, souligne-t-elle encore. Et, contrairement aux comprimés qui garantissent une posologie constante, la concentration en artémisinine contenue dans la plante varie en fonction de son mode de culture.

Le président malgache a déjà indiqué que son « remède » serait prescrit sous forme de sirop « à tous les élèves pour leur permettre de se protéger contre la pandémie ». « On va rétablir progressivement le cours normal de la vie de la population et ses moyens de subsistance », a indiqué le président Rajoelina dans un discours télévisé, « on va commencer par le faire une demi-journée, le matin de 6 heures à 13 heures ». Dès lundi matin, les transports en commun vont reprendre leur service dans la capitale Antananarivo et à Fianarantsoa (centre) et Toamasina (est) et les écoles rouvriront pour certaines classes mercredi, a-t-il précisé. Les habitants ne pourront toutefois « pas sortir de leur ville » et leur déconfinement passera par le port obligatoire sur la voie publique de masques qui commenceront à être distribués dès lundi. Ceux qui n'en portent pas seront sanctionnés d'un travail d'intérêt général, a menacé le chef de l'État.

LE POINT AFRIQUE

Emmanuel Macron a annoncé ce lundi l’envoi de 220 soldats supplémentaires au Sahel pour renforcer Barkhane, la force qui combat les djihadistes dans la région.

« J’ai décidé d’engager des capacités de combats supplémentaires, 220 militaires viendront renforcer les troupes de Barkhane » (qui compte déjà 4.500 hommes), a éclaré le président français à l’issue d’un sommet avec les présidents des pays du G5 Sahel  (Tchad, Niger, Burkina Faso, Mali, Mauritanie) à Pau

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Emmanuel Macron avait averti avant ce sommet qu’il mettrait toutes les options sur la table, même celle d’un retrait ou d’une décrue de Barkhane. C’est l’inverse qu’il a décidé.

20 minutes.fr

Maja Kocijancic, la porte-parole du Service européen pour l’action extérieure a appelé jeudi, les différentes parties impliquées dans la crise sociopolitique que traverse le pays à un « dialogue dans un contexte serein et inclusif ». 

A travers un communiqué rendu public ce jeudi soir, Maja Kocijancic, précise aux acteurs politiques camerounais que la situation actuelle du pays peut trouver une solution durable à travers un « dialogue, dans un contexte serein et inclusif, où les libertés fondamentales et l’état de droit sont respectés »  

Dans son communiqué, Maja Kocijancic  dresse un constat des événements corollaires aux marches blanches organisées samedi dernier par le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC). Le faisant, la porte-parole de la diplomatie européenne dénonce « un usage disproportionné  de la force par les forces de sécurité ainsi que de multiples arrestations dont celle de Maurice Kamto, leader du MRC qui au fil du temps s’est érigé en principal parti de l’opposition du pays ».

Dans le même temps,  elle ne manque pas de revenir sur les incidents violents causés par des opposants contre certaines ambassades du Cameroun à l’étranger.

Samedi le 26 janvier dernier, bravant l’interdiction des autorités, les militants du MRC ont tenu des marches dites « marches blanches » sur toute l’étendue du territoire. Percevant ces marches comme un acte de défiance, les forces de sécurité ont « violemment » repoussé les manifestants.

Dans la ville de Douala, où l’événement aura eu plus d’écho, les forces de sécurité auraient blessé par balle deux hauts cadres du MRC dont Célestin Djamen et l’avocate Michèle Ndocki. Réagissant à ces événements,  le gouvernement avait démenti l’usage des armes à feu à Douala.

Il est aussi à préciser qu’après avoir appris que des cadres de son parti avaient été blessés par « balles », Maurice Kamto qu’accompagnait Christian Penda Ekoka, le président du Mouvement Agir s’étaient rendus dans l’après midi samedi à Douala pour s’enquérir de la situation de ces militants hospitalisés.

Toutefois le président du MRC et son compagnon ne reviendront à Yaoundé que lundi après avoir été interpellés à Douala dans le domicile d’Albert Dzongang l’un de ses lieutenants. Plusieurs griefs sont portés à son encontre. Trouble à l’ordre public, hostilité contre la patrie , rébellion de groupe, insurrection, incitation à la révolte, en sont quelques uns.

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Lors de la mise sous presse de cet article, des sources concordantes annonçaient sa comparution vendredi 01er fevrier au Tribunal militaire de Yaoundé. Dans le même temps il, ainsi que les autres militants de son parti auraient entamé une grève de la faim au GSO à Yaoundé où ils sont incarcérés.

Lejournalducameroun.com.

Emmanuel Macron: source RFI

Dans une interview exclusive accordée à RFI mardi 14 avril, le président français explique sa stratégie pour aider l'Afrique à faire face à la pandémie de coronavirus. À court terme, il espère dès ce mercredi soir, à l'occasion d'un G20 Finances, un moratoire sur la dette contractée par les pays africains. À long terme, il souhaite une annulation massive de cette dette. Dans cet entretien, le chef de l'État français s'exprime aussi sur la situation militaire au Sahel et sur l'appel du secrétaire général de l'ONU à une trêve dans tous les pays en guerre. Enfin, pour la première fois, Emmanuel Macron s'exprime sur les travaux controversés du professeur Raoult, qu'il a rencontré le 9 avril dernier à Marseille.

RFI : Ce lundi, lors de votre allocution aux Français, vous avez bien sûr parlé essentiellement de la France. Mais vous avez aussi évoqué d’autres pays du monde. Vous avez notamment appelé à une annulation massive de la dette contractée par les pays du Sud. Est-ce à dire que votre inquiétude ne porte pas seulement sur la France, elle porte aussi sur l’Afrique ?

Emmanuel Macron : Oui, très profondément. Parce que je pense que la période dans laquelle nous entrons et que nous sommes en train de vivre collectivement touche aujourd’hui tous les continents. Et nous voyons l’extrême difficulté à affronter ce virus et à apporter des réponses dans les pays les plus développés, les systèmes sanitaires les plus robustes : les États-Unis, l’Europe, la Chine… Quand on regarde aujourd’hui la situation de l’Afrique, sur le plan sanitaire, sur le plan économique, sur le plan climatique, il est évident que nous lui devons la solidarité.

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Avant de parler de cette action coordonnée, un mot sur le risque lui-même. Depuis un mois, beaucoup prédisent une catastrophe sanitaire en Afrique. Mais ce n’est pas le cas. L’Afrique est même, pour l’instant, le continent le moins impacté par le virus, et le Pr Raoult, à qui vous êtes allé rendre visite il y a quelques jours à Marseille, dit : « L’Afrique est relativement protégée grâce à la consommation courante de traitements antipaludiques ». Il a cette phrase, puisqu’il est né à Dakar : « En Afrique, la chloroquine, on en a tous bouffé quand on était gosses ».

Moi, je ne suis pas médecin. Je ne suis pas spécialiste des maladies infectieuses comme le Pr Raoult, pour qui j’ai beaucoup de respect et que je suis en effet allé voir, pour comprendre et m’assurer que ce qu’il proposait était bien testé dans le cadre des essais cliniques.

J’attire l’attention de nos auditeurs : nous n’avons aujourd’hui aucun traitement reconnu. Moi, mon rôle, et ce que j’ai fait en me rendant chez le Pr Raoult, c’est de m’assurer que ce sur quoi il travaille, et c’est vraiment une de nos plus grandes sommités en la matière, rentrait bien dans le cadre d’un protocole d’essai clinique, qu’on pouvait aller vite pour s’assurer, en tout cas regarder, avec des méthodes qui doivent être simples mais rigoureuses, si ça marchait ou ne marchait pas. Aujourd’hui, partout dans le monde, il y a des essais cliniques qui sont lancés.

La France est le pays européen qui en a le plus lancé. La combinaison hydroxychloroquine-azithromycine, parce qu’il n’y a pas que l’hydroxychloroquine qui est proposée, c’est une bithérapie que propose le Pr Raoult, il faut qu’elle soit testée. Lui l’utilise et a son propre protocole. Il y a un protocole qui a été autorisé par les autorités compétentes à Montpellier. Et il faut qu’on avance, qu’on montre l’efficacité et qu’on mesure la toxicité.

Je dis ça parce qu’il faut être très prudent. Le président de la République française n’est pas là pour dire « tel traitement est le bon ou n'est pas le bon ». Mon devoir, c’est que toutes les pistes thérapeutiques poursuivies aujourd’hui puissent faire l’objet d’essais cliniques rigoureux, et les plus rapides possibles, pour qu’on trouve un traitement.

Donc en trois heures de présence auprès de lui, vous n’êtes pas sorti entièrement convaincu.

Ce n’est pas une question de croyance ! C’est une question de scientifiques. Je suis convaincu que c’est un grand scientifique, et je suis passionné par ce qu’il dit, et ce qu’il explique. En effet, il nous invite à être humbles, parce que lui-même dit que les choses peuvent varier selon les saisons et les géographies, et qu’un virus réagit selon les écosystèmes. Donc peut-être qu’il y a ça en Afrique. Je dis juste qu’on doit s’assurer que partout, les essais soient faits, donc il faut que l'on reste collectivement très rigoureux.

Maintenant, sur le virus Covid-19 et l’Afrique, je vais être très clair avec vous. Je ne suis ni dans les catastrophistes, je ne veux pas être non plus dans les naïfs. Ce virus, aujourd’hui, il touche tout le monde. Donc, je ne pense pas qu’il faille collectivement dire qu’un miracle préserverait l’Afrique. En tout cas, si ça pouvait arriver, formidable, et je le souhaite profondément. Mais notre devoir est de tout faire pour aider l’Afrique dans ce contexte.

L’Afrique aujourd’hui a une vulnérabilité sanitaire : il y a le VIH, la tuberculose, la malaria… C’est d’ailleurs pour ça qu’on s’est mobilisés à Paris, en octobre dernier, pour le Fonds mondial, pour aider aussi l’Afrique en particulier à se battre contre ces grandes pandémies.

L’Afrique aujourd’hui est le continent le plus touché par le choc climatique et le changement climatique. Je pense à la Zambie, qui vient d’essuyer l’une des plus grandes sécheresses depuis 1981, les cyclones qui viennent de toucher le Mozambique, l’Afrique de l’Est qui est attaquée par les criquets, les difficultés qu’on connaît dans le lac Tchad et la sécheresse qui continue… Donc, on parle d’un continent dont des dizaines de millions d’habitants aujourd’hui vivent dans leur chair ce qu’est le choc climatique.

On parle d’un continent qui vit la grande difficulté économique. Regardons les chiffres, là aussi : en 2012 en Afrique, on a une dette sur PIB qui est de 30 %. Aujourd’hui, elle est de 95 %. Donc, les difficultés que je suis en train de décrire vont s’aggraver même si le Covid n’était pas une catastrophe sanitaire – et je ne sais pas dire aujourd’hui s’il ne le sera pas. Donc, nous devons absolument aider l’Afrique à renforcer ses capacités à répondre au choc sanitaire et nous devons, a fortiori, l’aider sur le plan économique à répondre à cette crise qui est déjà là. Nous devons être à ses côtés.

C’est ce que j’ai voulu lancer au G20, il y a quelques semaines. Nous avons tenu une visioconférence, j’ai utilisé le temps de parole de la France pour dire : « On va se tenir ensemble, agir pour nos pays, et c’est déjà très dur. On doit absolument aider l’Afrique à s’en sortir. C’est un devoir moral, humain, pour l’Afrique et pour nous ». Et c’est ce que j’ai ensuite enclenché avec les leaders africains qui étaient là, dans un travail qui est la méthode à laquelle je crois : mobilisation pour l’Afrique et partenariat avec les leaders. Il y a dix jours, j’ai été invité par le président Ramaphosa à une réunion du Bureau africain par téléphone. J’ai pu échanger avec lui et plusieurs dirigeants, les présidents Abiy [Ahmed], [Paul] Kagame, [Macky] Sall, [Ibrahim Boubacar] Keïta, et Moussa Faki [Mahamat, le président de la Commission]. Et nous avons pu discuter des propositions que j’ai voulu faire à ce moment-là. C’est ce plan pour l’Afrique en quatre axes que nous avons bâti avec les leaders africains. On a aujourd’hui tous les leaders européens du G20, ainsi que l’Espagne, le Portugal et quelques autres, qui sont avec nous.

Concernant ce plan pour l’Afrique en quatre axes, commençons peut-être par l’axe sanitaire. Que peut-on faire pour les pays, africains notamment, qui manquent notamment de lits de réanimation ? Que peut faire l’Europe ? Que peut faire la France ?

Mobiliser des financements de court terme. On a le Fonds mondial, et là-dessus Peter Sands [le directeur exécutif du Fonds mondial], le président Kaberuka [ancien président de la Banque africaine de développement] sont prêts à mobiliser une partie de ce qu’on a justement levé pour aller financer cet axe-là et financer des équipements de première nécessité pour secourir, sauver, protéger...

Mais, Monsieur le président, ce Fonds mondial est contre le sida, contre le paludisme, contre la tuberculose. Est-ce qu’on ne risque pas de déshabiller Pierre pour habiller Paul ?

Non. Alors, vous avez parfaitement raison, il ne s’agit pas de détourner les 14 milliards qu’on a levés, mais de commencer avec quelques centaines de millions pour amorcer les choses.

Qu’est-ce qu’on veut faire avec ça ? On veut permettre d’absorber le choc, et donc de mobiliser les autres puissances du G20 pour permettre de monter les capacités et ce dont les systèmes de santé ont besoin aujourd’hui. On a besoin, vous l’avez dit, de lits, de respirateurs, donc il faut pouvoir acheter ces matériels. Nous, on est en train d’en reproduire pour nos propres systèmes, mais je veux qu’on puisse en produire au-delà pour aussi, ensuite, fournir nos partenaires africains. Et le déphasage entre, si je puis dire, nos pics épidémiques qui ne semblent pas arriver en même temps, j’espère, va nous aider. Il faut tout faire aussi, c’est pour ça que j’ai beaucoup parlé avec nos partenaires africains, pour qu’ils décident au maximum du confinement et qu’ils retardent l’épidémie. Plus ils la retardent, plus les Européens sont en situation de leur apporter de l’aide, parce qu’on n’aura pas les pics épidémiques au même moment.

Les deux maisons ne brûleront pas en même temps...

Écoutez, il faut tout faire, en tout cas, pour le ralentir partout. Et je pense qu’il est très important qu’on ait un peu ce décalage. Mais l’idée, c’est de pouvoir acheter ce matériel, de pouvoir protéger, de pouvoir répondre, et de pouvoir accélérer nos essais cliniques pour un traitement et un vaccin. Et de le faire, là, de manière synchrone. Et je pense que ce qu’on peut réussir, dans le cadre de cette pandémie, c’est ce qu’on n’a jamais réussi à faire et qui est, je crois, essentiel si on veut permettre à l’Afrique de résister et sortir le monde de cette épidémie. C’est de dire : « Sur les traitements et le vaccin, on a une approche qui est la diffusion en même temps, dans nos continents, du traitement et du vaccin, quand on l’aura trouvé ».

Donc l’idée, c’est de dire : on a, au niveau international, le CEPI [Coalition for Epidemic Preparedness Innovations], lancé par la Norvège, financé par beaucoup, qui fait de la recherche sur les vaccins en la matière. Il y a plusieurs initiatives en cours. On a le Gavi [Alliance globale pour les vaccins et l’immunisation], lancé par la France et le Brésil il y a près de vingt ans, qui sert justement à diffuser ces innovations et à avancer. Le Gavi et le Fonds mondial doivent travailler ensemble sur cette pandémie, en particulier pour l’Afrique. On a Unitaid, qui sert justement à favoriser l’accès à la santé, à ses équipements et à beaucoup de choses. On a le Fonds mondial, qu’on évoquait. Tout cela, on doit réussir, avec l’OMS [Organisation mondiale de la santé], à mettre à la fois une partie des financements, l’expertise qu’on a, c’est-à-dire la recherche formidable, mais aussi la diffusion, mobiliser les grandes fondations, je pense à la fondation Gates, à One et à plusieurs, qui ont mis beaucoup d’argent, de capital politique aussi dans cette affaire, et toutes les ONG… Pour dire : « On avance partout sur les essais cliniques et le traitement. Mais on se met en situation, le jour où on a un traitement, de le rendre accessible au continent africain en même temps qu’il sera accessible chez nous ». Donc pas d’histoires de propriété intellectuelle, pas d’histoires de délais, pas d’histoires de sous : on se met en capacité de le faire.

Et pour le vaccin, pareil ! Pour accélérer le manufacturing du vaccin le jour où on l’a, c’est-à-dire sa production en grande quantité, pour permettre aux pays développés comme aux pays en développement et aux pays pauvres d’y avoir accès dans les meilleurs délais. Et donc on brûle les étapes pour permettre de l’avoir au plus vite.

De ce volet sanitaire, on arrive donc au volet recherche. Il y a d’éminents épidémiologistes en Afrique, on l’a vu lors de la riposte contre Ebola. Malheureusement, il n’y a pas toujours les infrastructures nécessaires. Comment faire en sorte que tout soit connecté ?

Il y a beaucoup d’instituts de recherche français, internationaux. Vous parliez du Pr Raoult qui travaille lui-même à l’IHU de Marseille, avec beaucoup de partenaires en Afrique, et qui me disait combien il était frappé de l’excellence de plusieurs centres, et de la qualité à la fois des chercheurs et des infrastructures...

Il a travaillé avec l’IRD [Institut de recherche pour le développement], à Dakar.

Exactement. Il y a aussi l’Institut Pasteur, qui a aussi une présence forte en Afrique. L’idée, c’est qu’on puisse articuler un réseau de compétences, d’expertises, qui permette à la fois de mutualiser le savoir entre ce que l’Asie, l’Europe, les États-Unis ont vécu, pour que très vite, ça se diffuse dans la communauté académique, de recherche, mais aussi de cliniques en Afrique. De permettre les échanges accélérés entre les pays, et c’est aussi pour ça que l’Union africaine a un rôle clef : elle est en quelque sorte ce qui va permettre d’étayer ce réseau. L’idée, c’est vraiment de créer ce réseau d’excellence africain, de centres d’expertise, pour le contrôle, la prévention des grandes pandémies telles qu’on est en train d’en vivre, et de créer une grande coalition pour la prévention de ces pandémies, et de s’assurer que les réseaux qui, parfois, sont séparés les uns des autres, se mettent à travailler ensemble.

Vous savez qu’en Afrique, beaucoup de gens travaillent dans l’informel, et qu’ils travaillent le jour pour manger la nuit. Donc le confinement, ça ne marche pas. Sur le plan humanitaire, quelles sont les urgences ?

Vous avez parfaitement raison, et d’ailleurs beaucoup de présidents et de Premiers ministres africains que j’ai rencontrés m’ont fait part de cela. Il y a de l’économie informelle, il y a de la circulation régionale, le fait que pour manger, on ait besoin d’avoir accès aux lieux où on distribue la nourriture et de continuer à procéder de cette économie… Donc le confinement complet, comme on dit aujourd’hui en Europe, ne peut pas fonctionner exactement de la même manière. Il faut qu’il puisse malgré tout se mettre en place pour prévenir. Et donc il crée, si je puis dire, une situation dramatique au carré, qui est qu’on a les régions les plus vulnérables qui ont, en plus, un sujet d’accès à la nourriture, d’accès aux soins primaires. Et donc une crise humanitaire qui est en train de poindre. On l’a d’ailleurs parfaitement vu à chaque fois qu’Ebola intervient dans certaines régions.

On connaît cette situation. Notre crainte, c’est qu’elle se multiplie avec le Covid-19, qu’elle vienne se rajouter à ce que certaines pandémies créent. Et donc les populations et les régions les plus vulnérables ont en effet un besoin de réponse humanitaire. Là, la réponse passe par l’Organisation des Nations unies, ce qu’on doit mettre derrière le Programme alimentaire mondial. Et donc le troisième volet, en effet, de cette initiative, c’est un volet humanitaire, en lien avec le Programme alimentaire mondial et l’ONU. Avec sans doute une mobilisation de ce que nous avons, par le truchement des Nations unies, partout en Afrique, qui est notre présence, parfois militaire, mais qui peut aider et soutenir cela, et qui est d’accéder aux populations les plus fragiles, les plus loin de ces besoins de base, pour s’assurer qu’ils ont un accès aux soins primaires, à l’alimentation et à la survie.

Le quatrième axe de votre action coordonnée, c’est le volet économique, le volet financier. Les pays africains doivent rembourser quelque 365 milliards de dollars à leurs créanciers. Comment allez-vous convaincre ces créanciers, publics mais aussi privés, chinois, européens, américains, de renoncer à une telle somme ? C’est colossal !

Quand on regarde comment toutes les économies développées ont répondu à la crise, on a fait deux choses : un choc de politique monétaire et un choc de politique budgétaire. Les banques centrales, la Banque d’Angleterre, la FED, la BCE, ont eu une politique monétaire massive au mois de mars, sans précédent en termes de rapidité et de magnitude. Et ensuite, une réponse budgétaire, que les gouvernements sont en train de prendre.

Dans ce contexte, il n’y a pas d’équivalent monétaire sur le continent africain, et c’est la double peine : il n’y a pas la possibilité de faire cette création monétaire et ce mouvement justement nécessaire aux économies. En plus, on assiste, dans ces pays qui étaient en train d’émerger, à une fuite des capitaux qui accroît leurs difficultés. La réponse, l’équivalence, c’est ce que le FMI fait avec les bonds de tirage spéciaux. C’est cet objectif des 500 milliards, et on doit réussir à pousser cela et à allouer le maximum qu’on peut. C’est le premier pilier.

Le deuxième, sur le plan budgétaire, il passe par le sujet du service de la dette, ce que vous avez évoqué. Vous avez rappelé les chiffres, et ils sont cruels. Chaque année, un tiers de ce que l’Afrique exporte sur le plan commercial sert à servir sa dette. C’est fou ! Et on a accru ce problème ces dernières années. Je souhaite qu’on apporte une réponse la plus forte possible sur ce sujet, parce qu’il n’est pas soutenable. Je l’ai dit hier aux Français : je suis favorable à une initiative d’annulation de dette massive, c’est le seul moyen d’y arriver.

À court terme, on a eu une discussion. Il y a quatre représentants spéciaux qui ont été mandatés par l’Union africaine, ils ont fait des propositions que j’ai souhaité qu’on reprenne. Ces propositions, c’était de dire : « moratoire ». Parce qu’on a beaucoup discuté, ils ont beaucoup travaillé. Ils disent : « L’annulation, on n’y arrivera pas tout de suite ». Mais le moratoire, ça veut dire quoi ? Ça veut dire on ne rembourse plus les intérêts, vous nous laissez de l’oxygène. On étale cette dette, et on peut peut-être mettre tout le monde d’accord autour de cette idée.

Mercredi soir, le G20 Finances doit acter, je touche du bois, en tout cas on y a mis tout notre capital politique, de ce moratoire sur les dettes à l’égard de l’Afrique. Moratoire qui touche les membres du club de Paris, mais aussi la Chine, la Russie, l'ensemble des économies du Golfe, et les grands bailleurs multilatéraux. C’est une première mondiale. Ça veut dire que le temps de la crise, on laisse les économies africaines respirer et ne pas servir les intérêts de la dette. C’est une étape indispensable, et je pense que c’est une formidable avancée.

Maintenant, elle doit précéder d’autres étapes sur lesquelles nous devons travailler, qui sont des étapes de restructuration de la dette africaine. Il faut le faire sans évidemment pénaliser les pays africains les plus rigoureux, qui se sont attachés à avoir une politique de soutenabilité. Mais on ne peut pas non plus dire : « Cet effort ne sera fait que par quelques-uns, et les autres ne le feront pas. » Il doit être, si je puis dire, le même chez tous les grands bailleurs.

Les Chinois sont détenteurs de quelque 40 % des créances actuelles sur l’Afrique. Est-ce que vous avez parlé avec le numéro 1 chinois, Xi Jinping ? Est-il d’accord pour rééchelonner cette dette, voire pour l’annuler, comme vous l’avez demandé ?

Je n’ai pas eu une discussion avec lui sur ce sujet. Je sais pour lui l’importance que revêt l’Afrique. Je ne doute pas une seule seconde que pour le président chinois, la situation aujourd’hui de l’Afrique justifie un geste de cette importance. Donc c’est une discussion que nous aurons, soit dans le cadre d’un G20, s’il pouvait se tenir dans les prochains jours ou dans les prochaines semaines, soit sur un plan bilatéral, parce que je vais le solliciter sur ce point. Mais je pense que c’est un geste important que la Chine doit faire pour accompagner ce travail. Ce qui est sûr, c’est que vous avez rappelé les chiffres : la Chine est aujourd’hui un grand bailleur du continent africain. Tous les bailleurs du continent africain doivent être dans cette logique d’efforts pour aider le continent africain à traverser cette crise. Et donc elle y aura son rôle et sa part.

Et les créanciers privés ?

Je l’ai dit : tous. Moralement, humainement, c’est notre devoir, de manière partenariale avec l’Afrique. Donc je pense que les bailleurs publics, privés, bilatéraux et multilatéraux, doivent s’engager dans cette logique. Moi, j’ai donné un horizon. Maintenant, on doit réussir, tous, à se mettre autour de la table et mener ce travail. C’est inédit.

Un mot sur la question monétaire dont vous avez parlé tout à l’heure en Afrique. Les pays les plus touchés par la crise économique consécutive à ce virus, ce sont les pays pétroliers d’Afrique centrale. Est-ce qu’une dévaluation du franc CFA est à craindre dans la zone Cemac ?

On n’en est pas là, et là-dessus, je pense qu’il faut toujours essayer la stabilité et la cohérence d’une politique régionale. Ce qui est vrai, c’est que plusieurs pays qui ont une forte dépendance au pétrole – mais vous savez, il y a aussi une baisse très forte de plusieurs matières premières, je l’évoquais – sont aujourd’hui en situation extrêmement difficile, sur le plan budgétaire comme sur le plan du régime de change. Donc c’est une discussion, ce n’est absolument pas à moi de dire ça aujourd’hui. C’est avant tout aux leaders de ces pays et aux instances régionales d'en décider.

Notre rôle, c’est d’accompagner les leaders de ces pays, leurs acteurs économiques comme leurs institutions, pour absorber ces chocs et aider à réussir. Et aider à ce qu’on lutte contre la pauvreté et qu’on permette aux opportunités économiques de se multiplier.

Dans une tribune à Jeune Afrique que vous avez dû lire, un certain nombre de grands intellectuels appellent aussi à la mobilisation, notamment des chercheurs africains, des diasporas africaines, mais ils ajoutent : « Attention au catastrophisme et au paternalisme de certains pays du Nord. [...] La pandémie du coronavirus a offert à certaines chancelleries occidentales matière à réactiver un afro-pessimisme que l’on croyait d’un autre âge ».

Je ne suis pas pour l’afro-pessimisme, ils ont raison. Je l’ai dit à Ouagadougou, en novembre 2017 : je crois très profondément dans l’Afrique, dans la jeunesse africaine, dans les capacités de l’Afrique. Et je pense que le destin de la France dans le siècle qui s’ouvre, ma génération comme les leaders qui viendront, et les autres générations de dirigeants économiques, intellectuels, politiques, français et européens, c’est plutôt d’être des partenaires, d’aider les Africains à réussir, qu’en effet de leur expliquer les choses. Et donc je comprends très bien l’état d’esprit de cette tribune, et je la partage. Et d’ailleurs, moi je pense que notre rôle, c’est de bâtir avec les Africains ce qui est utile pour eux.

Donc, c’est plutôt d’essayer de voir ce qu’en Afrique émerge comme solutions, des Africains en Afrique comme des diasporas, et de les aider à advenir et se multiplier. Les diasporas sont en train d’inventer des choses formidables. Il y a des initiatives, là aussi, pour répondre au sujet humanitaire, sur le sanitaire… Donc, je partage l’esprit qu’il y a là. Je pense qu’il faut simplement ne pas tomber dans le catastrophisme, parce que je crois profondément que l’Afrique a la force morale et la résilience pour résister au virus. Simplement, elle a aussi des difficultés propres, et on doit l’aider à les surmonter, par partenariat.

Le coronavirus et la stratégie… Côté militaire, on apprend que quatre soldats français de l’opération Barkhane ont été testés positifs au coronavirus, et que trois d’entre eux ont été rapatriés. Avez-vous connaissance d’autres cas ? Les engagements pris à Pau pour renforcer le dispositif anti-jihadistes dans la zone des trois frontières vont-ils être respectés ?

On a forcément des aléas liés au virus. D’abord, nous sommes très scrupuleux avec les militaires de la force Barkhane, et c’est normal. On a, dans un dialogue avec les cinq pays du Sahel où ils sont déployés, une politique sanitaire très rigoureuse. Ils sont mis en quarantaine avant d’arriver sur le sol, ils sont testés quand ils ont des symptômes. Et ça vous montre le sérieux avec lequel tout cela est suivi. Je pense que c’est parfaitement légitime.

Nous continuons le travail et d’ailleurs, les semaines qui ont suivi Pau ont montré l’efficacité des décisions que nous avions collectivement prises. Mes amis du Sahel avaient décidé, à Pau, d’accélérer la mise en place d’un centre de renseignements commun à Niamey. Ça a été fait de manière très rapide. On en a obtenu les résultats. On a beaucoup mieux suivi les choses et on a eu des opérations à succès dans le Gourma et quelques autres régions contre les jihadistes. On a eu quelques opérations avec succès au Niger ou au Mali.

L’opération se poursuit. Simplement, il y a deux choses qu’il faut prendre en compte par rapport au plan de charge que nous avions déployé à Pau. La première chose, c’est évidemment le Covid-19 qui ralentit un peu les choses, parce que chacun a ses préoccupations sanitaires à gérer. Mais cela ne les divertit pas pour autant, parce que les armées continuent à être mobilisées, nous continuons les opérations.

Il y a de nouveaux cas dans l’armée française ?

Non, il n’y a pas, à ma connaissance, de nouveaux cas. La deuxième chose, c’est qu’il y a eu une offensive extrêmement dure de Boko Haram et associés, si je puis dire, dans la région du lac Tchad. Je veux ici redire notre solidarité à l’égard du Tchad et de son peuple, parce qu’ils ont été durement touchés. L’armée tchadienne a subi des pertes importantes dans un premier temps. Elle a ensuite réagi fortement. Mais ça a conduit l’armée tchadienne à se mobiliser. Non seulement sur son sol, mais aussi au Nigeria, au Niger et au Cameroun. Et je veux saluer vraiment l’esprit de responsabilité, le courage des soldats et du peuple tchadien qui, alors même que c’est un terrain d’opérations très difficile, se sont mobilisés pour lutter contre ces mouvements terroristes et ont repris le terrain qui était perdu. Ils ont aussi défendu la souveraineté de leurs voisins et se sont battus contre les terroristes. Et le président Déby l’a dit : mobilisé sur cette partie de son territoire, il n’a pas pu déployer le bataillon qui était prévu sur le fuseau central. Ça, c’est un changement par rapport à Pau. Mais il est légitime, parce que le terrorisme n’est pas que dans la zone des trois frontières au Sahel, il est aussi dans la région du lac Tchad.

Donc c’est un coup dur pour le dispositif dans la zone des trois frontières...

Un coup dur, non ! C’est un événement qu’il faut prendre en compte, auquel il faut apporter toute notre solidarité, et il faut noter que l’armée tchadienne a réagi avec beaucoup de force et a conduit des opérations avec de vrais succès militaires et des pertes lourdes du côté de Boko Haram. Donc le front, il est sur plusieurs endroits. Il est normal d’être aussi mobile.

Par contre, les choses avancent. Plusieurs points ont été repris et des pertes lourdes du côté des jihadistes dans la partie sahélienne à la suite de Pau. Donc l’agenda de Pau avance, nous continuerons d’être avec les forces Barkhane, mais aussi avec nos partenaires européens et internationaux en soutien complet des gouvernements et des peuples du Sahel.

Pour moi, la prochaine étape, c’est de faire ce qui avait été prévu il y a quelques semaines, et avait dû être décalé, au niveau multilatéral : aller chercher nos autres partenaires européens et internationaux pour accroître l’association à la lutte contre le terrorisme, et cette fameuse force Tacouba, accroître l'engagement pour aider les armées africaines à monter en capacité, et accroître l’engagement financier pour aider à consolider soit la partie développement, soit la partie retour de l’administration dans toutes les zones difficiles, parce que je vous rappelle que les quatre piliers de Pau, ce sont ceux-là.

Et le rendez-vous de Nouakchott est maintenu?

Le rendez-vous de Nouakchott est maintenu.

Il y a deux semaines, au micro de RFI et France 24, Antonio Guterres, le secrétaire général des Nations unies, a lancé un appel vibrant à tous les belligérants de tous les pays en guerre pour qu’ils respectent une trêve coronavirus. Un groupe de séparatistes camerounais a entendu cet appel, l’Arabie saoudite semble avoir entendu cet appel en ce qui concerne le Yémen. Comment se fait-il que vous, les cinq pays permanents du Conseil de sécurité, vous n’avez pas relayé cet appel ?

La France l’a relayé fortement, cet appel. Mais chacun l’a relayé. Ce que nous souhaitons, c’est en effet que pour la première fois, sous cette forme ad hoc, les cinq leaders de ce qu’on appelle le P5, les membres permanents du Conseil de sécurité puissent ensemble faire un point et relayer cet appel, et même porter plus loin plusieurs de leurs préoccupations. Donc je souhaite que dans les prochains jours, nous puissions aller en ce sens.

Le président Xi Jinping m’a confirmé son accord. Le président Trump m’a confirmé son accord. Le Premier ministre Boris Johnson m’a confirmé son accord. Je pense qu’à coup sûr, le président Poutine sera d’accord aussi. Le jour où il l’est, nous pouvons avoir cette visioconférence et donc le relayer avec beaucoup de solennité, de force, et encore plus d’efficacité.

Dans les prochains jours ?

Je l’espère.

Vous avez parlé récemment avec Vladimir Poutine ?

Je lui ai parlé au début du lancement de cette initiative. Depuis que j’ai eu les confirmations fermes des autres leaders, je ne lui ai pas parlé. Et donc je compte le faire dans les prochaines heures.

Les Français de l’étranger. Il y a les non-résidents, touristes et visiteurs, et puis il y a les résidents, les expatriés. Beaucoup vivent dans l’angoisse. Qu’est-ce que vous leur dites, aujourd’hui ?

La France protège tous ses enfants. Et donc dans les pays où vous êtes, il faut suivre les règles de confinement les plus strictes, être en lien avec l’ambassade, le consulat. S’il y a le moindre soupçon, être en lien avec les services de santé, avec un protocole qui est élaboré par le Quai [d’Orsay] en lien avec chaque ambassade, qui permet justement de protéger dans l’idéal, évidemment, compte tenu des contraintes sur le lieu de résidence, mais avec aussi des évacuations sanitaires pour les cas les plus critiques, lorsqu’ils existent.

J’ajoute à cela juste un point : nous sommes en train de travailler pour certaines situations à une politique de soutien aussi pour certains de nos ressortissants qui sont dans la difficulté, compte tenu justement des fermetures de certaines économies, pour qu’il y ait un soutien aussi économique et social à l’égard de certains de nos ressortissants, car je pense que c’est une réponse indispensable. Donc dans les prochains jours, avec le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, nous finaliserons une réponse en soutien sur ce sujet.

Et si les quelque trois millions de Français qui résident à l’étranger se mettent à vouloir rentrer un jour, comment allez-vous gérer un tel rush ?

Il y a une planification qui est justement faite au Quai d’Orsay. Je ne pense pas qu’on soit jamais dans la situation où il y a partout, du monde entier, les Françaises et les Français qui seraient amenés à revenir. Mais nous devons nous préparer, d’abord et dans un premier temps, à gérer, dans les pays, auprès de nos ressortissants, les situations qui viendraient à se compliquer. Et donc c’est la priorité. Ensuite, de nous mettre en situation de rapatrier, si besoin était, mais uniquement en situation de crise et avec du discernement.

Avec des plans en coordination avec le ministère de la Défense.

Exactement.

Monsieur le Président, merci d’avoir reçu Radio France Internationale.

Merci à vous. Courage en cette période, et je veux vraiment avoir un message d’amitié d’abord pour tous nos amis d’Afrique. Je le dis aussi, parce que vous l’avez évoqué : il ne faut pas avoir de catastrophisme. Et je veux le dire aussi parce que j’ai été frappé, comme vous, par des propos inconséquents qui ont été tenus par certains chercheurs français et ont blessé, à juste titre, nos amis africains. Et je veux ici les condamner avec beaucoup de force, et dire que la France n’a jamais considéré que l’Afrique était un lieu d’expérimentation de la médecine.

C’est aussi pour cela que j’ai eu toutes ces précautions quand vous m’avez parlé de la chloroquine. On est en France aux essais cliniques sur l’hydroxychloroquine-azithromycine. Donc ce qui est en France à l’essai clinique, chez mes amis, doit rester à l’essai clinique, et pas au niveau du traitement répandu. Je veux donc avoir ce message d’amitié et d’excuses, et je veux, à l’égard de tous nos compatriotes qui vivent à travers l’Afrique, avoir le même message d’amitié à l’égard aussi de tous vos collègues qui font ce beau métier d’informer. Ils le font parfois dans des conditions encore plus difficiles, avec la peur pour eux et des conditions sanitaires dures, et je veux les en remercier.

RFI.fr

Plusieurs milliers de Soudanais ont encore occupé la rue ce mercredi 17 avril, empêchant la circulation sur les principales voies qui relient la capitale Khartoum aux autres provinces du pays.

De sources concordantes, l'opposition a remis au Conseil militaire au pouvoir une proposition de sortie de crise avec la mise en place d'un gouvernement civil dirigé par un Premier ministre de consensus.

Selon Marina Peter, spécialiste du Soudan à l'ONG allemande Brot für die Welt :

"Il y a eu déjà plusieurs informations qui donnaient le président Omar el-Béchir dans différents endroits. Certaines informations le donnaient même en dehors du Soudan.

L’Ouganda lui a déjà proposé l’exil politique - d’autres pays en ont fait de même. Il se pourrait que l’information de son transfert en prison soit vraie. Dans ce cas, il serait détenu vraisemblablement dans la plus grande prison du pays où d’autres prisonniers politiques sont incarcérés.

Et là-bas, il y sera très certainement bien traité même si cela ne va pas dans le sens de ceux qui ont longtemps souffert sous le régime de el- Béchir, recherché par la justice internationale pour des crimes commis sous son règne.

Il avait le contrôle d’une armée dont tout le monde n’était pas d’accord avec la gestion du pays. Donc on ne sait toujours pas ce qui va se passer avec Omar el-Béchir."

Durée de la crise

Plusieurs experts craignent en effet un prolongement de la crise soudanaise en raison notamment de la situation géopolitique à l'intérieur comme à l'extérieur du Soudan.

Des pays comme l'Egypte, l'Arabie Saoudite, la Russie, les Emirats Arabes Unis ou le Tchad ont déjà reconnu le Conseil militaire.

De l'autre côté, l'Union africaine a menacé de suspendre le Soudan si l'armée ne quitte pas le pouvoir au profit d'une "autorité politique civile" dans une période de 15 jours.

Enfin, la Cour pénale internationale maintient son souhait de juger Omar el-Béchir pour crimes contre l'humanité. Une option écartée par le pouvoir militaire.

Bakhit Adam, journaliste à la radio nationale du Soudan :

"Pour le moment, le Conseil militaire et l'opposition sont d'accord sur le fait que Omar el-Béchir soit traduit devant un tribunal du pays.

Ils pensent que la justice soudanaise est capable de juger l'ancien président même si on ignore ce qui va se passer lorsque le pouvoir sera transféré totalement à un gouvernement civil."

Les partis islamistes en embuscade ?

On ignore par ailleurs la position des partis islamistes qui ont soutenu Omar el-Béchir. Resteront-ils calmes ou pas ?

Une seule chose semble évidente, le dénouement de la crise au Soudan risque de prendre plus de temps que les quatre mois de contestation.

DW.COM

Luigi Di Maio s’est prononcé pour l’instauration de sanctions contre les pays « qui ne décolonisent pas l’Afrique ». Selon lui, il s’agit, tout d’abord, de la France.

Le vice-président du Conseil des ministres italien et dirigeant du Mouvement cinq étoiles (M5S), Luigi Di Maio, a appelé l'Union européenne à instaurer des sanctions à l'encontre des pays qui, selon lui, « appauvrissent l’Afrique » et sont ainsi à l'origine de la crise migratoire. La France figure en tête de liste.

« L’UE devrait sanctionner la France et tous les pays qui comme la France appauvrissent l'Afrique et font partir ces personnes [les migrants, ndlr], parce que la place des Africains est en Afrique pas au fond de la Méditerranée », a-t-il déclaré dimanche, lors de son déplacement dans les Abruzzes.

Selon lui, « certains pays européens, la France en tête, n'ont jamais cessé de coloniser des dizaines de pays africains ».

M.Di Maio estime également que la France qui « imprime une monnaie, le franc des colonies », dans « des dizaines de pays africains », finance ainsi sa dette publique.

« Si la France n'avait pas les colonies africaines, parce que c'est ainsi qu'il faut les appeler, elle serait la 15e puissance économique mondiale alors qu'elle est parmi les premières grâce à ce qu'elle est en train de faire en Afrique », a-t-il conclu.

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Il a également annoncé «une initiative parlementaire du M5S dans les prochaines semaines», impliquant notamment le gouvernement et les institutions européennes, visant «à sanctionner tous les pays qui ne décolonisent pas l'Afrique».

SPUTNIK.FR

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