Gontran ELOUNDOU

Le Cameroun vit les heures les plus sombres de son histoire. Une histoire que des milliers de citoyens ont perdu de vue, une histoire qui leur aura été arrachée progressivement, voire effacée. La paix et l'harmonie d'autres fois laissent place, peu à peu, à la violence et au désordre. Communautarisme tribal tout azimut, guerre de sécession, terrorisme, pauvreté, corruption générale, problème de gouvernance, voilà un résumé global qui décrit clairement notre société. Les Camerounais ne sont plus le peuple épris de paix qui a tant suscité l'admiration de tous les Etats de notre continent, nous dirons même du monde entier. Comment avons-nous fait pour en arriver là ? Voilà une question qui mérite d'être posé, surtout que nous savons que le pire peut encore être évité. Éviter le chaos, qui ne semble plus être lent, le chaos qui arrive à grand pas.

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L'histoire du Cameroun s'est faite au prix de grands sacrifices, le sang versé par nos ancêtres dans les travaux forcés durant la colonisation a permis que notre pays soit doté de routes, de chemin de fer, de ponts, et même de bâtiments. Le sang versé par les premiers leaders politiques indépendantistes avec à la clé des millions de morts dans plusieurs villes de notre pays. Morts dont la conséquence a donné le Cameroun grand gagnant. Il a gagné son indépendance, et aussi, il a gagné une démocratie à la sortie de l'ère coloniale. La volonté d'unir ce pays qui présentait déjà les signaux de la fragmentation et du repli identitaire a été l'œuvre de la première République de notre pays, il faut le dire, cela aussi s'est fait au prix de nombreux sacrifices. Cette unité, douloureusement construite a été le socle de la nation camerounaise et aujourd'hui nous en sommes fières. La conquête de la liberté d'expression et de la démocratie aura été le parachèvement d'une lutte acharnée qui aura connu également des sacrifices importants. Le Cameroun s'est construit sur le sang. Sang des martyrs qui au prix de leur vie ont tout fait, tout donné pour que ce pays rayonne à travers le monde. Un rayonnement dont l'éclat semble de plus en plus terne. Ternis par une inconscience collective qui doit être dénoncée.

Après tant de sacrifices consentit par notre pays, la préservation de ces acquis devrait être la seule motivation des Camerounais. Malheureusement, nous observons une réelle distance entre ce qui devrait être et ce qui est. Le patriotisme n'existe plus, le désir de progrès et de développement laisse place à l'individualisme nombriliste. Le respect des valeurs citoyennes disparaît. Les arnaques dans les services publics sont une norme, la recherche effrénée du plaisir n'est que la seule motivation des citoyens. La solidarité africaine s'amenuise peu à peu, désormais le seul maître est l'argent. La richesse du pays est inconsciemment dilapidée, la pauvreté grandit, les maux sociaux s'accroissent. Une peinture bien sombre qui ne laisse la place à aucune fiction. La division s'installe. Les conflits inters ethniques qui n'étaient que des incidents mineurs tendent à se répéter régulièrement. Ce qui laisse croire à une mésentente mutuelle générale. La gestion des crises est de plus en plus chaotique. La notion de l'arbre à palabres passe pour obsolète.

Il suffit d'une étincelle, et le Cameroun peut s'enflammer. La pauvreté et le désarroi qui mène au désœuvrement poussent les uns et les autres à chercher des exutoires. Ces échappatoires sont : la drogue, l'alcoolisme, et la débauche. Signes d'une société à l'agonie. Aujourd'hui, la violence prend le dessus. On peut recruter dans ce pays pour quelques milliers de francs des mercenaires capables de se donner la mort sous le fallacieux prétexte que leur famille survivra mieux. Les jeunes sont orientés vers le sexe, ils sont violents, ne parlent que d'argent, ils s'entretuent. Fuyant nos responsabilités l'on préfère accuser le système éducatif. Qu'en est il de la responsabilité des parents, sous hypnose télévisé, ils ont abandonné l'éducation de leurs progénitures aux enseignants à l'école, pourtant l'on sait que l'école instruit. Le désintérêt et le désamour qu'ont les citoyens vis-à-vis de leur propre pays se manifestent par un incivisme grandissant. Il suffit de regarder l'aspect de nos métropoles, le désordre urbain y est bien encouragé.

Le Cameroun est malade. Le malade souffre de l'intérieur et est pourchassé de l'extérieur. Le pays est en mal de gouvernance, il est tribalisé, divisé. Les hommes politiques semblent moins enclins à prendre leurs responsabilités. Proposer des thérapies pour ce grand malade est loin d'être leur rôle. Ils veulent être des stars qui paradent effectivement à la recherche non pas de l'accomplissement véritable de leur mission politique, mais plutôt le plaisir narcissique du pouvoir. Ils veulent de la reconnaissance. Ils se voient tous rois sans mesurer la lourde tâche qui est celle de conduire ce pays. Se faire applaudir est devenu une addiction, une dépendance qui dépasse le véritable appel sous le drapeau. Ils n'ont pas encore pris la mesure de la lourde mission politique qui est celle de trouver des solutions aux problèmes de ce Pays. Ce pays fonce droit dans un mur et nous en sommes tous responsables. La citoyenneté est d'abord une question individuelle.

L'observation de l'agitation internationale autour du Cameroun montre bien qu'il existe un plan extérieur pour ce pays. Est ce que les martyrs et héros de ce pays auraient pu accepter cela ? Auraient ils pu permettre que 60 ans après les indépendances, que ceux qui sont les causes de problèmes soient encore ceux à qui l'on demande de venir les résoudre ? Des Camerounais se réjouissent de savoir qu'une intervention extérieure viendrait libérer leur Pays. Avons-nous déjà vu un opposant d'un pays occidental souhaiter de l'aide extérieure ? La question du patriotisme est à revoir chez nous. Sommes-nous prêt à vendre ce pays aux autres pour venir à bout d'un adversaire politique aussi coriace soit il ? Il est important que les citoyens de notre nation multiculturelle se ressaisissent et mettent le Cameroun au centre de leur réflexion. Notre ennemi commun vient de l'extérieur. Il n'est pas Boulou, ou bamileke encore moins Bassa, parce que ces trois mots, désignent une richesse que l'on ne trouvera nul part ailleurs, à part au Cameroun. cette richesse culturelle doit être préservée. Cela passe par l'impérieuse tache qui consiste à prendre conscience de ce qu'aucun Camerounais aussi individualiste soit il ne saurait travailler contre son pays. Toute action positive menée sur le sol camerounais n'est faite que pour le rayonnement du Cameroun. Nous souhaitons le meilleur pour notre Pays et espérons que nous ne seront point la main criminelle qui finira par tout embraser.

Gontran ELOUNDOU

Analyste politique.

QUAND L'AVERSION ANTI-REGIME AMENE DES CAMEROUNAIS A SOUHAITER LE CHAOS POUR LEUR PROPRE PAYS : UNE EXPRESSION TYPIQUE DU COMPLEXE DU COLONISE.

A demi-conscients de leur déficience mobilisatrice qui résulte de leur prédilection pour le byzantinisme et la zizanie, nombre de camerounais ne savent que faire montre d'une disposition à la trahison de leur pays qu' ils veulent masquer derrière leur aversion pour le régime . c'est dans ce registre que nombre d'entre eux appellent quasiment de leurs vœux, des actions fortes voire destructrices d'ingérence étrangère et de neutralisation même musclée de leur souveraineté. Leur haine maladive et morbide du système gouvernant leur fait minorer les coûts exorbitants d'une dynamique de stigmatisation internationale du système gouvernant pour l'ensemble du pays et surtout pour les couches démunies et défavorisées.

Cette haine du système gouvernant glisse même vers une haine du pays comme quand on voit des gens censés être lucides qui soutiennent la barbarie ravageuse et furieuse des hooligans séparatistes parce qu'elle met en question le contrôle gouvernant, passant cyniquement par pertes et profits les souffrances infligées aux populations. les mêmes complètement versés dans la mauvaise foi patentée qui est le produit de cette aversion anti-régime exultent quand le parlement européen prend à parti le Cameroun en appelant même le gouvernement du Cameroun à négocier avec les séparatistes. pourtant, on sait par quel unanimisme, ces instances politiques officielles européennes ont réprouvé tout soutien aux séparatistes catalans pour conforter la volonté de l'Espagne de maintenir son unité politique. 

Avec une légèreté remarquable, ces gens immatures ne remarquent même pas que jamais ces cercles officiels européens n'ont invité le royaume d'Espagne à dialoguer avec des séparatistes catalans pourtant non armés !!! obsédés par le souhait de voir le régime s'effondrer du fait des effets de cette crise anglophone, ces gens à la fibre républicaine inexistante ou inconsistante ne mesurent pas les dangers que la réussite éventuelle du séparatisme armé Ambazonien comportent pour l'unité politique et nationale du cameroun.ont voit bien certains de ces acteurs fort peu au fait des dynamiques diplomatico- stratégiques, croire que le recours à des sanctions politiques et économiques contre les gouvernants et le pays conduira nécessairement vers l' effondrement du régime et appeler de leurs vœux de telles mesures qui sont mécaniquement draconiennes pour les populations et pour l' économie politique de leur nation!!! pourtant, l'expérience montre que bien des gouvernements africains ou non-africains ont résisté à de telles mesures et que ce sont plutôt les pays qui ont encaissé le gros des chocs. 

Les mêmes renégats stagiaires vont même jusqu' à souhaiter que le régime soit renversé par une intervention internationale contrôlée par l'impérialisme collectif des centres dominants occidentaux de la globalisation pan capitalistique. ils ne savent pas que de manière structurelle, une telle intervention ne peut correspondre qu' à l'imposition malicieuse d'une démocratie coloniale peu porteuse de chances d'une souveraineté concluante et productrice.

Mathias Eric Owona Nguini.

Mou, incapable, fatigué, tous ces qualificatifs sont ceux utilisés pour définir le Président de la République du Cameroun. Mais selon les observations faites l'on ne pourrait affirmer que le président de la République Paul Biya n'est pas aux commandes de la nation camerounaise. Mise en place de politiques, nominations, arrestations, beaucoup d'observateurs se rendent bien compte désormais que celui qui se fait appeler le père de la nation est bel et bien aux commandes du navire Cameroun, malgré le tumulte observé, le président de la République garde le cap et tien vraiment à mener le peuple dont il a chargé depuis 36 ans à bon port

Qui aurait pu imaginer que l'ex-ministre de la défense du Cameroun se retrouverait en indélicatesse avec son "père". Après avoir été sorti du gouvernement Edgard Alain Mebe Ngo'o est désormais en passe de rejoindre la longue liste des ex-pontes du régime dans les géols d'une prison camerounaise. Une procédure qui comme à l'accoutumée au Cameroun, semble perturber les observateurs de la scène politique qui voient cette descente aux enfers comme un acte délibéré d "infantophagie" (anthropophagie de son enfant le mot est de l'auteur). un acte fort de la République qui prouve à suffisance que l'impunité n'existe pas. si beaucoup voient dans ce geste du cynisme de la part de Paul Biya, l'on peut également dire que le monstre froid qu'est l'Etat applique les règles du jeu politique. on peut aussi percevoir un désir d'impartialité dans la conduite des affaires judiciaires qui ne vise pas que les acteurs du système RDPC mais aussi ceux de l'opposition.

Depuis plus d'un mois le candidat arrivé deuxième à l'élection présidentielle au Cameroun est détenu dans une cellule de la capitale du Cameroun en attendant son sort. Il lui est reproché de nombreux faits principalement l'incitation à la rébellion qui a eu pour conséquence la destruction du patrimoine camerounais dans plusieurs représentations diplomatiques du Cameroun à l'étranger. Le Cameroun par son gouvernement est mis sous pression par plusieurs acteurs internationaux. Les États-Unis d'Amérique qui semble prendre position demandent à ce propos la libération sans condition de l'opposant Maurice Kamto. Un collège multinational d'avocats s'est ainsi constitué pour la défense de l'avocat international et faire pression sur la justice camerounaise. Malheureusement, jusqu'ici le président de la République semble inflexible et sourd aux menaces qui sont brandies çà et là.

Un président sous pression un pays sous tension, c'est Paul Biya qui commande. les objectifs à atteindre sont grands. les enjeux sont importants, les grands chantiers d'autoroutes, de ports, d'infrastructures, ceux-ci attisent la convoitise. Les intentions manifestes de déstabilisation de ce régime se vivent de l'intérieur. Les différents fronts de guerre qui existent et financés de l'extérieur. Aussi, les adversaires politiques qui deviennent de plus en plus nombreux. le régime de Paul Biya montre désormais au monde un nouveau visage et présente ainsi des facettes qui jusque-là étaient inconnues. principalement l'intransigeance est face aux comportements antirépublicains. Il montre aussi une efficacité guerrière en matière de défense et de sauvegarde du territoire. Tout cela est incarné par un homme le président Paul Biya qui à 86 ans montre toujours une capacité de renouvellement dans le déploiement de son autorité et surtout dans son modèle de commandement.

Gontran Eloundou.

Analyste Politique.

Blessés du 26 Janvier mise en scène ou tire à balle réelles ?

Le vendredi 26 janvier 2018, à Douala c’est le jour de la marche convoquée par le Président du mouvement pour la Renaissance du Cameroun MRC. Malgré les interdictions des autorités administratives, une poigné de fanatique a néanmoins bravé l’interdit au nom de la liberté d’expression et la liberté de manifestation. En fin de matinée, une série d’images parviennent aux différents utilisateurs des réseaux sociaux faisant état de blessés suite aux manifestations. Deux grands noms sont cités, Célestin NDJAMEN ancien cadre du Social Démocratic Front (SDF) et surtout maitre Michelle NDOKI militante de première heure du MRC candidate déclaré pour les élections législatives et les élections municipales aussi avocate au barreau du Cameroun. Tous deux auraient été touché par des tires à balles réelles provenant des canons des forces de l’ordre du Cameroun. Plusieurs vidéos et images circulent sur les réseaux sociaux et plusieurs interrogations demeurent les blessures ont-elles été causé par les forces de l’ordre ? Le MRC est-il entrain de manipuler les Camerounais ? Si oui comment opère-t-il ?

La mise en scène de la manifestation de Douala avait pour objectif de marquer symboliquement la décrépitude de l’environnement social au Cameroun, principalement de montrer le musèlement que subissent tous ceux qui ne partagent pas la ligne politique e idéologique proche du pouvoir. Le principe au Cameroun est le refus automatique de toutes formes de manifestations si celles-ci menacent la paix sociale. L’on a pu constater à Douala que plusieurs groupes composer d’une dizaine de manifestants disséminés dans plusieurs points de la capitale politique ont fait irruption. Ces groupes avaient chacun à leur tête un ou deux meneurs mais ceux que nous retenons ici son célestin NDJAMEN et Maître Ndoki. Ces deux leaders ont été blessés par balles de fusil et selon les témoignages ses balles proviendraient des fusils des forces de l’ordre.

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Célestin Ndjamen

 

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Maitre Ndoki 

 

Selon plusieurs policiers et gendarmes auprès de qui nous avons recueilli des témoignages au sujet des blessures par balles reçus par ces leaders politiques, l’impact que l’on retrouverait sur les cuisses des manifestants proviendrait de canon de carabine 22 Longs rifle et que les trous sont causés par des plombs de chevrotine c'est-à-dire des munitions pour fusils dit de chasse.  La police camerounaise n’utilise pas ce type de munitions, et est plutôt équipée de Pistolet automatique de type beretta, de  pistolet mitrailleur, et aussi de fusil d’assaut de type carabine AK 47 dont les impacts sont plus précis et plus profonds et plus handicapants. Il se peut selon ce témoignage que l’on soit là en présence d’un tireur fou dissimulé dans la foule ou encore toutes autres hypothèses. Il est donc important que l’on puisse faire une analyse balistique de si l’on retrouve les morceaux de plomb si ceux-ci sont encore présents dans les blessures de ceux qui ont été touché.

 

Qui manipule qui ?

Ndokki

Maitre Ndoki dans la rigole

Le MRC tenterait-il d’incriminer les forces de l’ordre afin d’attirer l’attention de la communauté internationale ? les différentes manifestations organisées par le MRC se sont toujours soldés par un scandale. Souvenons-nous des mises en scène de Maître NDOKI qui c’est jeté dans une rigole afin d’attirer l’attention sur une violence policière apparente. Chose qui avait tourné au ridicule. Cette fois-ci la mise en scène a été un peu plus osée avec désormais des blessures par balles. Blessure légère qui ne sont supposés qu’avoir une résonance de violence policière. Dans le processus de mise en scène l’on peut énoncer les théories du  Naming, le shaming et le blaming.

Naming ou alors nommé un fait, une situation, représente  c’est le mécanisme par le quel un groupe de plusieurs origines, cela peut être un groupe de pression ou un groupe d’individu pointe du doit un problème et lui donne un nom. Ici il est question du hold up électoral, qui est selon le MRC le vol de la victoire de Maurice Kamto par le Président Paul Biya lors de la dernière élection présidentielle. Donné un nom permet ainsi de familiariser les individus à un concept dont le contenu est de faire croire à la réalité et au contenu d’un acte qui aurait été posé par un adversaire, même si cet acte n’est pas forcement vérifiable à la force des faits. Le Naming est ainsi préparé à l’avance et permet ainsi aux acteurs de légitimer une action politique afin que celle-ci puisse déboucher sur le deuxième point de cette démarche qu’est le Shaming.

Shaming qui vient de « Shame » ou de honte. Consiste à couvrir de honte un individu et cela sur la plaçe publique, afin de diminuer l’estime du public vis-à-vis de celui-ci. Cette deuxième étape est celle qui est actuellement présentée. Elle passe par plusieurs actions. D’abord sur les réseaux sociaux avec plusieurs individus capables de ternir l’image des autorités camerounaises et celle du pays tout entier. C’est ce que les Camerounais appellent « l’affichage », faire honte. Faire honte en montrant que les forces de l’ordre ne respectent pas les femmes notamment maitre Ndoki, que les force de l’ordre sont à la solde de Monsieur Paul Biya, que la République est en danger car la liberté d’expression est proscrite au Cameroun. Le Shaming est l’arme qui permet à l’opinion de juger afin que ce dernier puisse prendre des sanctions, c’est la Blaming.

Le Blaming ou tout simplement blâmer ou sanctionner est la dernière étape du processus de manipulation orchestré par le MRC. Les Camerounais qui sont dépositaires du pouvoir politique et de la sanction politique par le vote d’abord et surtout par la violence légitime sont incités progressivement à un ressentiment, surtout à la haine vis-à-vis des autorités mais aussi contre tous ceux qui seraient proches du Parti au pouvoir. C’est pourquoi les institutions sont prises à partie et font l’objet de violence. C’est ainsi que la violence s’est manifesté contre les ambassades en France et en Allemagne. Cette troisième phase est la dernière dans le processus de la mise en scène du Politique. Elle peut déboucher sur la violence et aujourd’hui les Camerounais sont au bord de la troisième phase. Cela n’aura pour conséquence autre que des conflits en interne.

Les manifestations de samedi 26 janvier 2019 montrent bien que la situation sociopolitique au Cameroun est en mutation. Les partis d’oppositions utilisent désormais des techniques de mises en scène savamment pensées. la politique en tant que  jeu de rôles, démontre que ce qui s’est passé à Douala et les différents témoignages y affairant prouvent que les acteurs du MRC sont dans l’exagération. Le choix de l’action politique par la violence et non par la diffusion idéologique est l’option que préfère ce parti. À quelques mois des élections régionales, législatives et municipales, les Camerounais sont ainsi dans l’étau d'une crise politique future qui pourrait déboucher sur une réelle violence dans la rue ;  gare aux manipulateurs.

Gontran ELOUNDOU

Analyste Politique.  

Déjà 7 mois que l'élection présidentielle au Cameroun est passée. Une élection qui aura révélé une nouvelle ligne politique que certains Camerounais découvrent. Le militantisme chez nous est encore une affaire de village, une affaire d'affinité, une affaire de communauté. une communauté représente un système au sein duquel des organismes vivants partagent un environnement commun et interagissent. La notion de communauté est également un concept du droit qui désigne un groupe de personnes possédant et jouissant de façon indivise d'un patrimoine en commun. Au Cameroun, désormais le communautarisme rentre de plein pied dans les affaires du politique. que l'on soit du coté du pouvoir ou non, le vrai mal est celui de la division. les hommes politiques sont désormais des gourous politiques. Sans vouloir indexer une chapelle politique au détriment d'une autre, les citoyens sont dans la confusion totale. Ils sont plus amoureux de leurs leaders et en ont oublier leurs messages (ceux des leaders). Tel des gourous, ils sont adulés sans raison idéologique, comparativement aux pasteurs des églises dites de réveil. Le Cameroun est assis sur une bombe, celle du communautarisme. L'observation symbolique de l'espace politique au Cameroun fait peur. Les positions des citoyens encore plus. Les extrêmes sont perceptibles et l'élégance en politique semble disparaître. Demander aux uns et aux autres s'ils savent pourquoi ils soutiennent un gourou au détriment d'un autre, très peu sauront vous dire la raison. Je peux vous dire clairement que la réflexion du citoyen n'est pas invité dans le jeu de la recherche du pouvoir. La politique est devenue dangereuse chez nous, l'implosion de notre cher et beau pays ne tient plus que sur.... rien.


On ne peut pas parler de communautarisme sans indexer cette communauté dite des "vieux". Ils sont au pouvoir depuis fort longtemps, certains ont vu le Cameroun naitre et continue d'occuper des positions préférentielle. Cette kakistocratie oligarchique semble de plus en plus se replier sur elle-même. Elle a peur d'une "Algérisation" de sa vache à lait. Les menaces sont multiples, elles proviennent à l'intérieur de son appareil avec la fuite des documents confidentiels, les prises de positions violentes de certains membre de cette élite. La montée des autres partis politiques extrémistes aussi semble être une réelle menace pour cette classe. La construction d'un discours de haine et de désaveu  contre cette classe dirigeante qui ne donne pas d'éléments d'une volonté d'un réel changement ou de progres politique. Elle continue d'arnaquer, de piller, de mépriser, d'infantiliser et de ridiculiser le reste des communautés et groupe sociaux qui ne semble plus être prête à accepter ce groupe qui après les échéances électorale se replient dans leur bunker de fortune batit à cout de milliards. Ils s'entendent et se regroupent au sein d'un parti et ne parviennent pas à faire face à la montée en puissance des 25 millions d'individus qui composent l'Etat dont ils ont la charge. L'on a pu à cet effet voir lors d'un débat télévisé un député de la nation incapable de tenir un argumentaire cohérent face à un jeune tout aussi impatient. Le communautarisme gérontocratie, qui détient tous les leviers de l'Etat et qui semble ne pas vouloir donner la possibilité aux autres d'exercer pleinement leur citoyenneté.


La jeunesse : certains pensent qu'ils suffit de clamer son appartenance à la jeunesse pour légitimement se reconnaître en l'image d'un leader qui semble plus se rapprocher de ses intérêts? L'image d'un chef de parti jeune qui, face à un député de la nation s'agace et tombe dans le piège de la nervosité semble convenir à cette jeunesse impatiente, qui veut en découdre avec cette oligarchie. Le communautarisme devient à ce niveau une affaire de reconnaissance d'une jeunesse avide de justice qui ne se soucie pas forcement du réel programme politique, ni de l'action citoyenne, mais plutôt soutien le leader capable de libérer les énergies. Quelles énergies faut-il libérer lorsque l'heure au Cameroun est à l'apaisement. Cette jeunesse a besoin d'un réel encadrement et non pas des invectives qui tendent à humilier un groupe d'individus au pouvoir plutôt qu'un autre.


Le communautarisme tribal propre au parti du Président dit "élu" se définit par une extrême violence et la promotion de la violation des lois. La liberté de manifester et peut être la liberté de faire du désordre. Revendiquer dans l'absurdité et vouloir faire accepter à la face du monde que l'on doit adopter le faux comme motif de revendication? Si vous n'êtes pas d'accord avec eux, on vous traite de tous les noms d'oiseaux, et même de poisson. Vous serez lynchés et peut être même on viendra chercher le nombre de poils qu'il y a dans vos narines pour démontrer au grand jour que votre nez n'est pas normal. Peinture sombre du pays où l'on vit si bien. Mais ou le groupe qui se revendique du président dit élu semble constituer à 90 %  des ressortissants de l'aire culturelle du gourou. Le dire peut donc devenir pour nous un crime. Du fait de mon patronyme, on va tout de suite me classer comme un consommateur de poisson. Mais pourtant la preuve des faits demeure. Et l'épreuve du temps l'approuve. Le parti du président dit élu est désormais un parti de type communautariste tribale. Sinon qui se souvient de l'idéologie de ce parti? 


Le communautarisme extrémiste. Amazonie voilà donc la forme extrême du repli. Ils ont un drapeau, des emblèmes, un hymne national, et sont décidés a quitter le Cameroun. Le conflit anglophone est cette forme de communautarisme qui a basculé dans l'enlisement de la violence extrême. Leur histoire et leur langue en ont fait une communauté a part entière. Malheureusement la classe dirigeante ne veut pas de dialogue, elle ne veut pas régler le conflit à l'africaine via un dialogue inclusif, pendant ce temps une élite originaire de l'aire culturelle anglophone prend violemment position. Le doyen Mukete 100 ans déjà et sénateur de la République du Cameroun, a dû lever le ton pour crier au scandale. Mais il ne semble pas être celui que l'on veut ou encore que l'on peut écouter. La zone anglophone meurt à petit feu. Les jeunes s'y entretuent. Jeunes guerriers séparatistes, contre jeunes guerriers militaires, un conflit qui a déjà fait des plusieurs centaines de mort, des millions de déplacés dont on ne saura jamais si il retrouveront le chez eux et surtout la paix. 


Le Cameroun est en proie au communautarisme sous toutes ses formes. Communautarisme tribal, communautarisme identitaire, communautarisme des castes, chaque communauté défend ses intérêts. Chose somme toute normale, mais qui ne correspond en rien à la construction d'une réelle unité nationale. Les symboles de l'unité nationale, autrefois, tournaient autour de la construction d'une identité camerounaise, donc l'incarnation fut la président de la République. Mais depuis l'avènement de la démocratie, le repli identitaire et communautaire est de plus en plus ressentit. La pauvreté et la précarité ont fini par créer de nouveaux replis, de nouvelle formes de communautarismes dont la conséquences fut le Boko Haram. Pauvreté qui engendre la haine et les rancœurs,  de réels ressentiments qui font que aujourd'hui tout  se mélange au discours politique. Les jeunes, les vieux , les pauvres, les riches, le communautarisme s'installe peu à peu avec son lot d'avatar, dont la peur du prochain, qui  est à son comble. Ils sont prêts à en découdre et n'attendent que l'étincelle qui va embraser la poudrière.

Gontran ELOUNDOU

Analyste politique.

Tribalisme politique au Cameroun les origines du mal.

La scène politique au Cameroun semble être le théâtre de grands affrontements. on aurait pensé à des affrontements idéologiques comme partout ailleurs. La bataille politique au Cameroun n'est pas synonyme de phrases épicées cherchant à déconstruire une décision politique, de critiques sur les politiques économiques, de saillis sur les mesures fiscales ou encore de lutte pour l'adoption de réforme quelconque. Au Cameroun, la politique est une allégorie théâtrale qui oppose à la place du débat d'idées, des résurgences identitaire, voire ethnique. Comment comprendre que l'on assimile un parti politique à une région un village ou un clan? Ceci n'est pas le fait du hasard, une stratégie savamment pensée aux premières heures de l'État camerounais a été adopté, afin de faire de ce pays, un capharnaüm politique dont le point culminant est la division politico ethnique. Pour mieux comprendre le système politique au Cameroun nous allons faire un détour dans notre histoire afin de saisir d'où viennent les clivages que l'on observe désormais .

Dès 1956, la mise en place de la première législature au Cameroun, exacerba la conscience tribale. L'on peut vérifier celle-ci a travers la grande subdivision catégorielle suivant 3 grands ensembles. D'abord celui du Nord que l'on assimile au grand Nord composé de musulmans que l'on qualifie de façon grossière de ""Haoussa"" qui en fait sont les peuls en plus des haoussa pour la plupart venus du Nigeria. À l'intérieur de cet ensemble l'on retrouve d'autres groupes tout aussi nombreux que l'on nomme les Kirdis ou encore les Kardos (impis). Ce sont les giziga les Matakam, les Mousgoum, les Moundangs etc. le deuxième ensemble est celui du grand sud qui regroupe ici pas moins de 4 régions: le centre, le sud, l'est et le littoral dans une certaine mesure. Ceux-ci sont assimilés au Bantou et obéissent tous ou presque à un modèle d'organisation coutumière similaire. ils sont chrétiens et sont subdivisés en clans. Le dernier ensemble est celui de l'Ouest qui est constitué des Semi-bantou, c'est-à-dire les Bamiléké, les bamoun. majoritairement chrétien, l'on retrouve également la présence forte d'une religion ancestrale qui fut assimilée à de l'animisme. Ces ensembles sont hétérogènes mais cohabitent depuis des siècles dans une ambiance de paix relative.

UPC premier parti nationaliste ?

Au début des années 1950, c'est avec l'Union de Population du Cameroun (UPC) que naissent les premiers mouvements politique au Cameroun. Née d'une confédération syndicale (CGT), l'UPC ne parvient pourtant pas à se départir de la chape de plomb tribale qui demeure, du fait de son implantation territoriale qui semble rester cantonné aux régions d'origine de ses pères fondateurs. Ils sont Bassa (Oum Nyobè, et Mayi Matip), Bamileke ( Ouandié, Kingué), Bamoun (Moumié) et Douala ( Prince DIKA AKWA). Même si ces leaders ne ressortaient pas d'une même aire géographique, le colon du s'efforcer d'assimiler l'UPC à un mouvement tribal. le basculement idéologique vers la tendance communiste a été la riposte du parti afin de construire un discours conquérant pour aller vers les indépendances, mais surtout de faire de l'UPC un véritable parti national.

Avec les guerres dites du maquis, la résurgence tribale apparaît à plusieurs moments dans le parti. une hégémonie Bassa qui fut stoppée par la mort d'Oum Nyobè et la trahison de son adjoint Matip qui rallia l'adversaire. une phase Bamiléké mené par Ouandié et Kingué, qui a débouché sur les sanglantes représailles en terre Bamiléké dont les morts n'ont jamais pu être dénombrés.

La création tribale de l'Union National Camerounaise

L'union Nationale Camerounaise porte une nomenclature ambiguë. L'on aurait pu croire qu'il s'agissait de l'Union du Nord Cameroun, mais c'est surtout un sigle plus proche de l'Union des Populations du Cameroun (UPC) dont on pourrait croire que le "P" a été changé en "N". par ailleurs ce parti est née de la fusion de plusieurs mouvements associatifs à caractère tribal, qui se sont transformés en groupe politique au fil du temps. Au commencement, c'est avec les élections de la première législature de décembre 1956 que l'expression tribale a pu être observée au Cameroun. L'(UC) ou Union Camerounaise groupe parlementaire composé essentiellement de ressortissant des régions du nord était constitué principalement de foulbé musulmans, quelques rares païens pouvaient y exister et c'est son chef Monsieur Ahidjo qui le dirigeait et bien qu'étant considéré comme moderniste, l'UC défendait essentiellement les intérêts des musulmans foulbés et ressortissant du grand Nord.

D'autres partis tels que le Parti des Démocrates Camerounais d'André Mari-Mbida (PDC) furent essentiellement constitués d'Ewondo et d'Éton, farouchement attaché à la religion catholique. un groupe constitué d'hommes politiques dits indépendants mais qui étaient pour l'essentiel Bamileke. C'est le groupe des Paysans indépendant qui comptait les listes Paysans indépendants (Mathias Djoumessi), Paysans camerounais (Daniel Kemajou, Njiné) et Union de l'Ouest-Cameroun. A côté de ceux-ci l'on peut aussi citer un mouvement plus diversifié mais dont l'action ne dépassa jamais le Sud-ouest et le Sud c'est le Mouvement d'Action Nationale Camerounaise (MANC) qui naît de la fusion du Ngondo de Monsieur Soppo Priso, de l'Union tribale Bantou de Monsieur Charles ASSALE (Bulu) de Monsieur Ekwabi apparenté au Mbo'o de Nkongsamba. Une tendance socialiste fut insérée au Cameroun afin de contrecarrer l'Union des Populations du Cameroun, mais aussi le député Mayi Matip, UPCiste devenu docile entra également au parlement.

La politique était donc un moyen pour chaque leader de défendre les intérêts locaux, seul l'UPC avait dans son discours une tendance nationale et ne se cantonnait pas à la défense des intérêts Bassa, Bamileke Bamoun ou Douala. Une réelle cacophonie liée à ce multipartisme tribalisé prend forme. Construire une réelle nation devient un véritable défi. La formation de la nation nécessite donc l'érection d'un symbolisme politique qui forcerait au consensus, ceci dû se faire autour de la personnification du pouvoir politique et de ses symboles en les mains d'un homme le président Ahidjo.

Le Président Ahidjo à la tête de L'UC groupe majoritaire au parlement fut le premier ministre et également le premier Président de la République. Sa mission de construction d'une nation dû se faire au forceps. Il ne tarda pas à tordre le coup au multipartisme embryonnaire qui venait de s'ériger au Cameroun. le risque d'une dislocation territoriale et la préservation de l'unité nationale sont les motifs de création d'un parti unifié ainsi le président Ahidjo du soumettre tous les acteurs politiques à une allégeance au grand Parti national Unifié. Ce parti fonctionnait sur la base d'un clientélisme ethnique qui donnait à chaque acteur politique la charge d'imprimer la notion de l'unité nationale en contrepartie d'un prestige politique ou d'un poste quelconque. L'alliance Nord Sud vit ainsi le jour et le ralliement des partis tels que le PDC et des autres formations politiques furent l'action qui détermina ce que l'on a appelé le pacte Nord et Sud. Point de départ de la politique clientéliste. ce système est basé sur la gestion patrimoniale du pays et surtout sur la création d'élites en fonction des tribus et dont le rôle est de faire assimiler la politique de l'UNC.

Qu'est devenu l'UNC?

Après le changement de nom de l'UNC par monsieur Paul Biya en 1985 le fonctionnement clientéliste du parti fut le même. le tribalisme est toujours ambiant dans la sphère politique au Cameroun. Depuis le retour au multipartisme, les résurgences identitaires ont été réactivé. 254 partis politiques ont vu le jour. c'est à peu prêt  le nombre des groupes ethniques présents sur le triangle national. Entre 1990 et 1994 tous représentaient leurs chapelles tribales ce qui rendait inaudible les expressions d'une idéologie. le clientélisme a vu s'élargir son spectre car certains de ces partis se disaient proche du RDPC et leur garantissaient des voix aux élections. D'autres par contre s'apparentaient à l'opposition mais demeuraient tribalisés ce qui facilitait l'usage du rapport de force électoral afin d'obtenir des rétributions de la part du pouvoir en plaçe. Le Social Democratic Front (SDF) de John Fru Ndi était le parti Anglo-Bamiléké, l'Union des démocrates du Cameroun (UDC) le parti Bamoun dont le leader est monsieur Ndam Njoya, UPC le parti des bassa avec son emblématique sécrétaire général le ministre Augustin Frédérique Kodock, le MDR du ministre Dakolé Daïssala défend celui des kirdis. Tous ou presque avait moins une vocation idéologique nationale mais voulaient juste parler au nom de leurs villages.

Trente ans plus tard, ces tendances identitaires tribalisantes semblent être toujours d'actualités et une réelle cristallisation de l'espace politique Camerounais est observée. La division en camp tontinards et sardinards en est l'expression. sont tontinards tous ceux qui sont proches du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun à savoir les bamilékés et autres anglophones qui continuent de crier à la marginalisation, et sont qualifiés de sardinards tous ceux qui semblent être proche du pouvoir conservateur RDPC. Un schéma qui englobe aussi ceux de l'opposition telle que Cabral Libii que l'on assimile toujours aux groupes sardinards, bien que celui ci semble vouloir se départir de cette image en tentant un travail de fond

Les résultats observés à la dernière élection présidentielle sont le fruit de la graine semée depuis 1956 . l'on a pu observer que l'ex-front UNC qui existe toujours au sein du Rassemblement Démocratique du peuple Camerounais (RDPC) grâce à ses caciques s'est exprimé en plébiscitant pleinement Paul Biya qui est le garant de l'alliance nord-sud. Le suffrage Bamiléké a été perçu également mais surtout dans la ville de Douala ou le Professeur Kamto à réussi un véritable coup de force en devançant Paul Biya du fait de la forte présence Bamiléké dans la capitale économique. le piètre score du SDF qui est jusqu'ici le deuxième parti au Cameroun s'explque par le report des voix de la base électorale anglophone et Bamiléké vers le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun. Quant à Cabral Libii (Bassa) son département d'origine a également été pour beaucoup dans son score qui lui a donné la place de troisième homme.

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En définitive, le multipartisme n'est que l'expression politique des antagonismes tribaux, de même que, pour Marx, la lutte politique n'est que le reflet de la lutte des classes. Les caractéristiques structurelles de cette incarnation peuvent varier. Si l'U.P.C. fut incontestablement un parti de masses, la classification des autres grandes formations politiques (Union camerounaise, Parti des démocrates camerounais, Paysans indépendants, Action nationale) est plus délicate. ceux ci ont fondé l'UNC puis le RDPC ce qui signifie qu'au Cameroun le politique repose d'abord sur le tribal. Cet héritage systémique que l'on observe dans plusieurs autre Pays en Afrique est bien le fondement des clivages hégémonique grandissant cause de clivages que l'on perçoit au Cameroun.

Gontran ELOUNDOU

Analyste Politique.

Source: RFI

Pourquoi l’élection de tshisekedi énerve les blancs.

En ce jour, la République Démocratique du Congo vit un grand moment. La prestation de serment du Président Félix Antoine Tshilombo Tshisekedi. Une prestation de serment certes, mais un moment d’alternance démocratique que les Congolais n’ont jamais connue. 5ème président d’un pays qui aura connu en 60 ans d’indépendance un malaise politique qui est devenu inhérent à la RDC un État chaotique.   Une véritable chape de plomb pour ce peuple. Pays riche où se trouve le coltan la RDC va enfin connaitre depuis bientôt 3 décennies un gouvernement civil. Depuis le maréchal Mobutu renversé par Laurent Désiré Kabila, qui lui aussi fut remplacé après son assassinat par son fils Joseph Désiré Kabila. Voici venue le moment d’une alternance à la tête de l’État. Alternance que l’on aurait cru être saluée par le monde entier. Mais l’on constate qu’à peine élu le nouveau président de la RDC a déjà affaire à une animosité politique tant de la part de ses détracteurs en interne que de ceux de la communauté internationale qui voit en cette élection une mauvaise élection. Pourquoi TSHISEKEDI énerve tant la communauté internationale ?

Kabila seul contre tous…

Abattre politiquement Joseph Désiré Kabila était le premier projet de la communauté internationale qui depuis plusieurs années tient à maintenir le désordre dans ce pays. Le pays le plus important d’Afrique, important pour ses minerais, important pour sa position, sa taille, sa démographie, Joseph Kabila devenait déjà gênant pour les Occidentaux. Le Président sortant à reussi a rétabli une paix relative au sein de cet État fragile déchiré par plusieurs guerres, des conflits ethniques et militaires. L’ordre ici n’étant pas bon pour les affaires, Monsieur Kabila à reussi a fait une réforme historique en instaurant un nouveau code minier qui garantit désormais plus les droits des Congolais et surtout formalise l’exploitation des minerais précieux présents sous la terre congolaise. Monsieur Kabila devenait déjà gênant. Sous le prétexte d’une certaine longévité à la tête de l’État (18 ans, rappelons que Paul Biya en est à ses 37e années) il fallait céder la main. Céder la main oui mais surtout contrôler cette passation des pouvoirs.

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Voici qu’arrive Lamuka.

Lamuka est cette plateforme constituée à Genève en novembre 2018, mais qui a été abandonné par TSHISEKEDI 3 jours plus tard. Que s’est-il passé à Genève nous ne le saurons peut-être pas mais ce que nous savons c’est que c’est cette plateforme anti Kabila qui devait prendre le pouvoir et surtout rester sous le contrôle de la chimérique communauté internationale. Une plateforme préparée dans des officines de réflexions occidentales celle-ci à mises sur pied un avec pour leitmotiv faire partir Kabila à tout prix. Bien que celui-ci déclare ne plus briguer un autre mandat il était question de le faire partir avec son réseau. La libération précipitée du chef de guerre Jean-Pierre BEMBA, une coalition chapeautée par les Occidentaux notamment la France s’est mise en place. Elle avait plusieurs acteurs importants qui avaient pour mission de collaborer de façon opaque avec cet occident qui n’a d’yeux que pour les minerais congolais. BEMBA chef de guerre avec une grande expérience dans le combat en guérilla, Moïse KATUMBI, ex-gouverneur du Katanga et homme le plus riche de la RDC chargé d’apporter un soutien financier, TSHISEKEDI, garant de la légitimité politique du groupe porte en lui la charge historique de la vie politique de la République Démocratique du Congo. Enfin Martin FAYULU infiltré des réseaux pétrolier, devaient tous s’entendre pour mettre le « clan Kabila » hors-jeu. Malheureusement les plans de LAMUKA ont été déjoué par une stratégie patriotique simple qui a consisté à ne pas donner de valeurs à ce qui s’est fait en Suisse.

Tshisekedi et Kabila pied de nez au complot international.

Le rapprochement entre Felix TSHISEKEDI fils d'Étienne TSHISEKEDI opposant historique fut très surprenant. Mais l’un comme l’autre le sait, un point d’achoppement les lie. Le père Étienne fut un grand patriote qui dans son discours a toujours mis en avant les intérêts des Congolais d’abord. Le changement de vision de Joseph Kabila en faveur de politiques et surtout patriotique a été le nœud d’un accord entre les ennemis d’hier. Ce rapprochement de vision a surtout été motivé par le désir de ne pas voir perdurer la mainmise de l’Occident dans les affaires de la RDC. Sur le principe de l’ennemi commun, l’on peut dire que le choix des intérêts communs a été décisif. Felix TSHISEKEDI porteur d’un discours patriotique et non violent, contrairement à Martin FAYULU va-t-en-guerre usé de la menace et de l’intimidation.

Une stratégie « anti-occident »

Sur le plan pratique la stratégie de l’émiettement des voit a été d’une grande importance, Emmanuel Shadari peu populaire au sein de la majorité présidentielle a été désigné comme successeur de Joseph Kabila. Chose surprenante quand l’on sait que Norbert MENDE porte-parole du gouvernement jouit d’une très grande popularité n’a pas été choisi de peur qu’il puisse effectivement créer la surprise. C’est le ministre de l'Intérieur qui a été choisi. Lui qui est sous le coup des sanctions de l’Union européenne, Emmanuel RAMAZANY SHADARY a joué un rôle important dans la stratégie de l’alternance contrôlée en RDC. Il a obtenu plus de 4 millions de voix ce qui a affaibli les intentions de vote en faveur de Martin FAYULU. Cela a permis à Felix TSHISEKEDI de renverser la tendance électorale. Avec l'attention focalisée sur Le martin FAYULU, monsieur SHADARY toujours aux commandes de la police a usé de son pouvoir pour perturber abondamment la campagne de Martin Fayulu en empêchant celui-ci de faire certains meetings.

Neutraliser pour diriger

La stratégie de la neutralité qui permet au congolais d’éviter un bain de sang a tout simplement été mis en place tant par Joseph Kabila que TSHISEKEDI. Kabila ex-chef de l’État et militaire a une grande emprise sur l’armée. Cette mainmise a pour rôle de tenir tête au chef de guerre BEMBA au cas où celui-ci voudrait réveiller une quelconque rébellion. Avec le fusible SHADARY ministre de l’intérieur, cela permet également à ce que monsieur TSHISEKEDI puisse prendre en main le commandement territorial. Les velléités guerrière de LAMUKA qui se sont manifesté à plusieurs reprises sont ainsi dissipé dans le brouillard composé par l’armée en rang sérée derrière l’ancien chef de l’Etat, la police et le commandement territorial maitrisé par SHADARY donc par Kabila, mais surtout le contrôle stratégique des richesses minières à travers multiples sociétés présentes sur le territoire. TSHISEKEDI a avec lui l’atout Joseph Kabila, avec qui il doit composer pour maintenir l’armée dans les rangs. Le Président sortant KABILA a donc réussi son pari qui était celui de maintenir le contrôle sur un certain nombre de points stratégiques important en RDC. Ce contrôle n’était plus souhaité par l’occident qui ne souhaite plus traiter avec les réseaux de l’ancien chef de l’Etat.

L’Eglise Catholique un mensonge pour la paix ?

Le rôle de l’Église catholique a été des plus sensibles. Celle-ci a proclamé ne pas avoir les mêmes résultats que la commission électorale, mais n’a jamais pu dire qui était le vainqueur selon ses observateurs. Ce silence premier de l’Église fut tout simplement lié à l’attitude guerrière du candidat Fayulu qui aurait pu embraser le pays. L’attitude de monsieur Le Drian, ministre des affaires étrangères et ex-Ministre de la défense en France a jeté de l’huile sur le feu. Si l’église parlait l’église devait être responsable d’une autre guerre postélectorale elle a préféré garder le silence et attendre les réactions des autres chefs d’État africains avant de donner ses résultats. Si TSHISEKEDI est désormais président de la République Démocratique du Congo.

La stratégie de l’Occident à travers ses médias fut de diaboliser le régime de Kabila en lui revêtant la toge du dictateur sanguinaire qui ne veut pas céder le pouvoir. L’évolution politique du pays à donner tort à ceux-là. Malgré les manifestations de bonne volonté du président Kabila celui-ci a toujours été taxé d’être de mauvaise foi et de vouloir rester au pouvoir. Le rôle de TSHISEKEDI est donc suffisamment déterminant aujourd’hui. Il met à jour les intentions premières de la communauté internationale qui selon toutes vraisemblances avait déjà choisi un camp au détriment du suffrage populaire. Malgré les cris au scandale, le résultat des élections à tout de même mis à la tête de la RDC un candidat de l’opposition, et surtout a permis d’avoir une alternance à la tête de l’Etat Congolais. On dirait bien que TSHISEKEDI n’est pas le bon opposant que l’on aurait souhaité avoir à la tête du Congo Démocratique. Qu’à cela ne tienne, la transition est faite au Congo et pour une fois le choix du président n’est rien d’autre qu'un choix interne. Si TSHISEKEDI ne fait pas l’unanimité à l’international, il obtient quand même un minimum consensuel auprès des forces vives de la nation congolaise ce qui peut garantir une certaine paix.

Gontran ELOUNDOU

Analyste Politique.

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