CAMEROUN/CATASTROPHE D’ESEKA : PAUL BIYA RECONNAIT LA RESPONSABILITE DE CAMRAIL DANS L’ACCIDENT FERROVIAIRE

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Le président de la république a rendu public les résultats de l'enquête sur l'accident ferroviaire d'Eseka qui a eu lieu à travers un communiqué signé du Secrétaire général de la présidence de république ce mardi 23 mai.

L’accident ferroviaire du 25 octobre 2016 qui a endeuillé le Cameroun connait de nouveaux rebondissements : en effet, le Président de la République a rendu publique le rapport de la commission d’enquête qu’il avait instruit huit mois plus tôt. une commission d’enquête placée sous l’autorité du premier ministre. Les résultats de cette enquête ont été rendus publics hier le 23 mai 2017 dans un communiqué lu au 17h sur les antennes du poste national de la CRTV.

Selon ce rapport, la culpabilité principale incombe à la société Camrail. La cause de cet accident est spécialement la vitesse excessive du train 152 qui roulait à une vitesse de 96km/h sur une portion de voie où la vitesse est fortement limitée à 40 km/h et qui comprend en outre une forte déclivité et plusieurs courbes serrées.

De ce fait, certaines résolutions ont été prises par l’Etat du Cameroun :

-         - l’octroi d’un milliard de Fcfa par le président pour l'assistance des victimes de l'accident ferroviaire.

-        -  L’ouverture de discussions entre les partenaires au sein de Camrail pour une plus grande présence de l’Etat dans ladite société et une prise en compte des préoccupations sociales notamment l’activité de transport voyageur.

-         -  La création d'une société de gestion des chemins de fer, prévu dans ladite convention qui sera chargé de l’entretien des réseaux ferrés, ainsi que  des projets de modernisation et d’extension de la voie ferrée.

-         - L’élévation d'un mausolée à Eseka en mémoire des victimes.

-         - Enfin la transmission à la justice du rapport pour qu’elle en tire toutes les conséquences de droit.

Devant toute ses résolutions, nous sommes tentés de dire que l’Etat camerounais a vraiment pris la mesure de la gravité de la situation des passagers du transport ferroviaire. En tenant compte de la douleur des proches des victimes de cette catastrophe l’Etat joue son rôle régalien en les accompagnant dans leur souffrance par le don financier. Même si l’argent ne remplacera jamais nos compatriotes arrachés si brutalement à la vie, un sentiment de réconfort peut néanmoins naître à la vue de ce projet de création d’un mausolée pour nos chers disparus.

Néanmoins, une question persiste : pourquoi l’Etat a-t-il quasiment abandonné la gestion du transport ferroviaire a la société du géant Bolloré ? Car parmi ces résolutions, il y en a qui reconnait que le pays s’était retiré de la gestion de Camrail Cela remet au goût du jour l’épineux problème de privatisation des sociétés nationales (Camrail, Cameroon Airlines, Eneo,….).

Qu’est ce qui empêche nos dirigeants de prendre en main la gestion de ces sociétés ? Faut-il attendre qu’il y ait des catastrophes de cette ampleur pour prendre des décisions qui s’imposaient depuis fort longtemps ? La vétusté des rails n’est pas inconnue, l’état des voitures et des locomotives non plus. Il serait temps que nos dirigeants apprennent à anticiper sur des évènements et à avoir non seulement un droit de regard sur les société privatisées mais aussi un droit de décision ; c’est pourquoi la révision du contrat que l’Etat a passé avec Camrail doit être revu et les parts redistribués entre les deux entités