L'usage de plus en plus inquiétant des réseaux sociaux: ces pratiques immorales.

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Il y a quelques jours, les réseaux sociaux ont publié  une vidéo présentant Vincent Sosthène Fouda, homme politique camerounais, pratiquement sans cache sexe, dans un pugilat contre un individu dont l’identité n’a pas été révélée. L'affaire, amplifiée quelques heures plus tard par une chaine de télévision basée à Yaoundé, Vision 4, continue d'animer les discussions dans les chaumières et divers espaces de communication. Et, comme il fallait s'y attendre, les avis sont partagés au sujet de la diffusion de cette scène cocasse.

Soulignons avant tout qu'il n'y a pas de commune mesure entre les apports bienfaisants et les déviances observées dans l'utilisation des réseaux sociaux. L'on ne saurait cependant fermer les yeux sur un phénomène dont la recrudescence chez nous a de quoi inquiéter : leur mauvaise utilisation. Elle croit dangereusement.

Dans ce chapitre, les informations visant à ruiner la réputation des tiers et celles destinées à manipuler l'opinion sont les plus courantes. Les exemples abondent dans l'actualité plus ou moins lointaine et la vidéo de VSF, amplifiée par une chaîne de télévision locale n'est que révélatrice, soutiennent certains, d'un mal de plus en plus décrié au sein de notre société et qui a trouvé dans les réseaux sociaux, un nouveau moyen d'expression.

         Signalons cette autre vidéo  que certains ont pu voir quelques jours auparavant, toujours sur les réseaux sociaux, montrant un trio de personnes du troisième âge (un homme et deux dames dans la soixantaine forte, complètement nus et à qui la foule haineuse refusait de couvrir le sexe), menottées et conduites par des gendarmes, entourées d’un public vindicatif…  La scène avait de quoi choquer, d'autant plus que l’extrait vidéo ne nous dit rien sur les circonstances de la scène, mis à part un « Où est Jeanne ? » et un « Tu caches quoi ? ».

L'on serait tenté de dire avec certains qu'auparavant, dans notre pays, voir un homme d’un certain âge nu était chose impossible, même son propre parent. Car notre société est à la base, une société de la pudeur. La loi camerounaise a si bien encadré la chose qu’elle punit « l’attentat à la pudeur ». Aujourd'hui, beaucoup d'observateurs s'en offusquent: il y a de moins en moins de retenue devant ce qui peut choquer la décence.

Liberté

Nous le savons, l'avènement de l'internet et l'utilisation des nouveaux moyens de communication qui en a résulté, ont complètement révolutionné le paysage médiatique de tous les Etats modernes. Le Cameroun n'échappe pas à cette règle. Seulement, les utilisateurs des réseaux sociaux réputés plus rapides et touchant des publics plus diversifiés ne s’embarrassent pas toujours des convenances professionnelles, éthiques, administratives ou autres imposées aux médias. Efficaces dans la diffusion de l'information, les réseaux sociaux peuvent alors se transformer en une arme redoutable entre les mains des utilisateurs.

        Ce contexte nouveau d’une liberté enivrante ne connait aucune limite. Sinon, comment comprendre la vitesse avec laquelle les images d’une personnalité connue en petite tenue ou celles de vieilles personnes en costume d’Adam et Eve se sont partagées ?

Discipline personnelle

        Comment comprendre la reprise sur une chaine de télévision des images indécentes de l’homme politique bagarreur? Ou encore les commentaires tendancieux d’un reportage cachant à peine la satisfaction de son auteur, une dame de surcroit, qui s’est lancée dans un descriptif insalubre de la nudité de l’infortuné? Notons que la même chaîne TV n’a pas hésité à ouvrir un débat, se fondant sur la même vidéo et les journalistes sur le plateau, se sont alors livrés à un véritable lynchage contre la personne de  Sosthène Vincent Fouda.

         Face à un phénomène  aussi difficile à combattre en raison de sa fluidité, il serait temps d'agir pour le juguler à défaut de l'éradiquer. Ceci passe d'abord, au niveau individuel par une discipline qui consiste à refuser d’être le point de départ de ce genre d’obscénités, et dans le cas où on les reçoit,  de  ne pas en être le diffuseur.

Jean Bosco SIMGBA