Football

Cameroun/football : Comment Infantino humilie les juristes Camerounais pour se venger d’ISSA HAYATOU.

Le Comité de normalisation ne serait-il pas la face visible de l’Iceberg du combat que livre les nouvelles équipes du tandem FIFA/CAF à leurs prédécesseurs ? Une sorte de vendetta dont le but serait d’humilier, au Cameroun précisément et devant le monde entier, Issa Hayatou dont le crime est d’avoir soutenu l’adversaire d’Infantino lors des  dernières élections à la FIFA ?

Depuis le départ d’Issa Hayatou, on a l’impression qu’une véritable chasse aux sorcières a été engagée par les nouvelles équipes dirigeantes des instances du football africain et mondial. Les exégètes remontent d’ailleurs jusqu’au départ de Sep Blatter et l’arrivée d’un certain Infantino à la tête de l’instance faîtière mondiale du ballon rond explique l’exacerbation des tensions au sein du football camerounais.

Il n’est pas superflu de rappeler que la seconde normalisation annoncée le 23 août et d’ores et déjà installée, fait suite à une grosse polémique lancée par Ahmad Ahmad, le nouveau patron de la CAF qui a battu le camerounais Hayatou à plate couture lors des élections pour le renouvellement de l’exécutif de l’instance faîtière du foot africain. En effet, le Malgache avait annoncé que le Cameroun ne pouvait même pas organiser une CAN à quatre pays, à fortiori, avec 24 pays comme le prévoit la nouvelle formule d’organisation des CAN.

Il n’est pas jusqu’à Paul BIYA lui-même pour s’en émouvoir. Le Chef de l’Etat camerounais saisira alors l’occasion offerte par un événement sportif au Palais de l’Unité pour annoncer voire confirmer l’organisation de la CAN dans son pays à la date et au lieu prévu.

A peine sorti de cette polémique que l’on replonge dans une autre affaire, toujours à la FECAFOOT : la FIFA déchoit l’équipe TOMBI A ROKO et impose dans la foulée un Comité de normalisation avec pour mission « l’élaboration  de nouveaux statuts en conformité avec les statuts et standards de la Fifa ainsi qu’avec la législation nationale obligatoire en vigueur ; l’organisation des élections d’un nouveau comité exécutif de la Fecafoot ».

De "l’Anormalisation" à la Normalisation

« Réviser les statuts de la Fecafoot et organiser de nouvelles élections d'ici au 31 mars 2018 tout en gérant les affaires courantes», telles étaient prescrites les missions assignées au « Comité Owona » (ancien comité de normalisation dont Joseph Owona a été président). Pratiquement les mêmes prescrites à l’équipe Happi.

Ce premier comité de normalisation était constitué de plusieurs experts en droit reconnus tant par leur parcours que par leur expertise. Il était composé entre autres :

-         du Pr Joseph Owona (président) « Celui qu’on surnomme affectueusement « Massayo » est en terrain connu puisqu’il est non seulement un ancien ministre des sports, mais surtout parce qu’il maitrise parfaitement les contours des questions électorales. Lui qui est un spécialiste hors échelle dans ce domaine très sensible.

-         le prince Emmanuel Ngassa Happi (vice-président) qu’on ne présente plus, au regard de ses faits d’armes dans l’histoire du sport-roi au Cameroun. Le président du conseil des sages de l’Union sportive de Douala hérite de la vice-présidence.

Font également partie de cette équipe :

-         Michel Kaham, ancien international et entraîneur,

-         Ebenezer Mouloké, juriste, ex-directeur des normes au ministère des Sports et de l'éducation physique(Minsep),

-         Ephraïm Ngwafor, juriste, ancien ministre, ancien recteur de l'université de Yaoundé II,

-         Owona Pascal Baylon, ancien capitaine de la sélection nationale des Lions indomptables et ex-président de la Fecafoot,

-         David N'Hanack Tonyè, juriste, Docteur en droit du sport et non moins ancien secrétaire général du Minsep,

-         James Mouangue Kobila, juriste, chef de département de droit public à l'université de Douala.

-          Jonathan Fombé, juriste,

-          Amadou Evelé, juriste, ancien directeur général de la Société d'expansion et de modernisation de la riziculture de Yagoua (Semry) et

-         Adolphe Minkoa She, juriste, vice-recteur à l’époque) de la faculté des sciences juridiques et politiques de l'université de Yaoundé II.

-          Primo Corvaro et Prosper Abéga, eux, y représenteront respectivement la Fifa et la Confédération africaine de football (Caf).

Au total 13 experts au parcours avérés dont certains ont participé à la rédaction des constitutions de certaines Républiques dans le monde n’auraient-ils pas pu produire les statuts d’une association ?

Au regard du désaveu de la FIFA, cette équipe a-t-elle donc tout faux ? Comment comprendre qu’une telle équipe, qui a d’ailleurs demandé une prorogation ait lamentablement échoué au point que tout est à reprendre ? La Fifa tenterait-elle de faire payer au réseau Issa Hayatou ancien président de la CAF et vice-président de la FIFA, son soutien à celui qui s’opposait à l’actuel président de la Fifa et par ricochet sa proximité avec Tombi A Roko président déchu de l’ancien comité exécutif. Une guerre de réseau et de pouvoir qui prendrait ainsi en otage l’ensemble du football camerounais.

Ce Comité de normalisation ne serait-il pas la face visible de l’Iceberg du combat que livre les nouvelles équipes du tandem FIFA/CAF à leurs prédécesseurs ? Une sorte de vendetta dont le but serait d’humilier, au Cameroun pour ne parler que de ce cas précisément et devant le monde entier, Issa Hayatou dont le crime est d’avoir soutenu l’adversaire d’Infantino lors des  dernières élections à la FIFA ? Nul doute que l’avenir nous réserve encore bien des surprises dans ce qu’il conviendrait d’appeler aujourd’hui « feuilleton Fifa/CAF-Fecafoot »… D’ici là, croisons les doigts !

Joseph Marie Eloundou