Cameroun: Les "Noyaux" ce met consommé dans la rue, pourtant mal connu malgré sa popularité.

les Noyaux photos: Gontran ELOUNDOU

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Les Noyaux: c'est le nom que l'on donne à cette friandise dont personne ne connait le secret de fabrication mais que l’on mange et qui est de plus en plus consommé par le grand public. Jeunes, vieux, filles et garçons, les noyaux sont le petit caprice que l'on s'offre et dont tout le monde raffole. Petit à petit, l'habitude s'est installée et les noyaux sont désormais le met incontournable qui accompagne les sorties des jeunes des Capitales du Cameroun.

Lorsque vous demandez de quoi est composée cette délicate friandise, et comment la cuisine-t-on ? La réponse que vous recevrez ne sera jamais à la hauteur de vos attentes, vous saurez juste qu’il s'agit d'une saucisse de viande bœuf miniature dont le nom Noyaux est tiré de la ressemblance qui existe entre ce petit "en-cas" et les bourses des hommes (testicules).

Au Cameroun c'est désormais un vrai business qui génère des centaines d'emplois. Partout dans les grandes villes tels que Yaoundé et Douala l'on peut entendre le cri strident d'un vendeur de Noyaux, reconnaissable à son seau chauffant ou thermos qu'il tient à la main, et qui vous interpelle drôlement: "chaud-chaud Noyaux noyaux" ou encore "vous voulez?". Comment y résister quand on a déjà goûté.

Les noyaux se consomment à tout moment, avec ou sans pain, pendant un apéro, dans un bar ou une terrasse, de jour comme de nuit, en attendant le taxi, en faisant ses courses il suffit d'être patient et vous verrez un vendeur de Noyaux très motivé venir vers vous. Moment de joie, moment unique, moment de dégustation qui pourrait se transformer en véritable addiction.

A cet effet, tout le monde à une bonne raison d'en consommer par exemple, les grands consommateurs de bière vous diront que cela réveille un peu quand on est déjà saoul, car c'est son piment qui en est le secret (lol). Les jeunes femmes quand à elle en consomme beaucoup aussi prétextant que cela coupe directement la fringale (petite famine passagère) et qu'ils sont tout de même économiques parce que à la porté de tous. Ceux ci sont couverts contrairement à beaucoup d'autres nourritures ambulantes tels que les "Lefombos", ou ses cousins « soya » et toutes les autres saucisses vendues dans les plateaux.  Rappelons que un noyau vous coutera 100 FCFA. Par ailleurs, une jeune fille nous a même confié secrètement que en croquant dans celui ci elle se venge un peu de la gente masculine qui l'a fait tant souffrir ("comprenneur" comprend). 

Si le secret de Fabrication reste peu connu, la popularité de ce met camerounais ne cesse de croître. L’on ne saurait véritablement situer l'apparition du premier Noyau mais cela pourrait remonter à 7 ans déjà, ce qui est une véritable réussite économique, mais surtout un met faisant désormais partie de la culture culinaire populaire camerounaise. Certains les boudent encore prétextant qu'ils seraient à l'origine de crise gastrique ou maux de ventre mais d'autres préfèrent ne pas prêter attention à ce discours. En tout cas comme on dit chez nous Au Cameroun, c'est Dieu qui nous garde... On va faire comment?

Denis ELOUNDOU