Cameroun/Ernest Dikoum vend la Camair-Co à Ethiopian Airlines

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On s’attendait à son limogeage au sortir du dernier conseil d’administration extraordinaire de la Camair-Co, mais contre toute attente, Ernest Dikoum trône toujours à la tête de la compagnie aérienne nationale. Et ce, malgré des manquements graves de gestion relevés par les administrateurs de la compagnie. Requinqué, le Directeur général continue à prendre des décisions alambiquées, voire suicidaires, qui étalent au grand jour son incapacité à gérer une compagnie aérienne.

Le champagne a coulé à flots tant les proches du Dg de Camair-Co n’ont pas lésiné sur les moyens pour fêter, le 24 avril 2017, le maintien d’Ernest Dikoum à la tête de la compagnie aérienne nationale. La fête s’est déportée au Sénégal quelques jours plus tard dans son restaurant dakarois où ses hôtes, selon nos sources, ont eu droit à un festin copieux. De même, dans son discours à l’occasion de la célébration de la fête du travail le 1er mai dernier, le Dg n’a pas hésité à narguer ouvertement ceux qu’ils considèrent désormais comme ses détracteurs. Il a donc dorénavant à l’œil tous ceux qui ont sauté de joie à l’annonce de sa potentielle destitution.

Pourtant, les reproches des administrateurs, qui se sont amoncelés au fil des fautes de gestion, devaient logiquement déboucher sur son limogeage ce 24 avril 2017, mais, tel un miraculé sorti des eaux troubles, Ernest Dikoum a été confirmé à son poste. A la surprise générale, c’est plutôt le Pca, Mefiro Oumarou, qui est passé à la trappe. Ragaillardi par sa «victoire», Ernest Dikoum ne semble pas avoir tiré les leçons de cette mésaventure. Il continue inexorablement à prendre des décisions préjudiciables à la compagnie, la plupart relevant encore et toujours des compétences du conseil d’administration.

Il est certes vrai que Mefiro Oumarou n’était pas exempt de tout reproche. Ses déclarations intempestives contre Boeing, son insubordination chronique vis-à-vis de son supérieur hiérarchique, le ministre des Transports par ailleurs tutelle technique de la Camair-Co, la pléthore des notes d’informations qui inondaient la présidence de la République, dont l’essentiel après vérification s’avéraient diffamatoires et non avérées, ont fini par avoir sa tête. Il est toutefois indéniable que les reproches qu’il formulait à l’encontre du Directeur général n’étaient pas toujours dénués de fondement.

Considérant son maintien à la tête de la compagnie nationale comme un quitus de bonne gestion, Ernest Dikoum continue de plus belle, à agir en violation flagrante des textes en vigueur en matière de gestion des entreprises parapubliques. Il persiste, en effet, à implémenter, sans sourciller, un organigramme pourtant rejeté par le conseil d’administration. Selon nos sources, après avoir nommé et installé certains responsables relevant de la compétence du conseil d’administration, il vient encore de signer sans autorisation, une note de service rattachant les représentations à la direction commerciale alors que selon l’organigramme approuvé, elles dépendent de la direction générale.

Par ailleurs, selon une source à la Direction commerciale, «profitant de l’état de grâce occasionné par le départ de Mefiro Oumarou, bien avant que le nouveau Pca ne mette véritablement la main à la patte, Ernest Dikoum voudrait certainement agir vite et frapper un grand coup avant qu’il ne soit trop tard. Il s’apprête pour cela à se rendre en Ethiopie ce lundi 29 mai 2017 pour finaliser les négociations relatives à la réparation des deux moteurs du Dja et signer une série de contrats, parmi lesquels la fourniture en exclusivité des pièces détachées et le recrutement d’un dirigeant responsable».LIRE LA SUITE