Secteur informel au Cameroun

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Les vendeurs ambulants envahissent la Capitale.

Cette forme de commerce gagne de plus en plus du terrain dans les grandes métropoles et l’activité semble nourrir son homme.

Il est 16h30 minutes, nous sommes en plein centre ville de Yaoundé, un quidam sillonne les artères de la cité capitale du Cameroun. Vêtu d’un t-shirt bleu, un jean noir et des sandales au pied. Le jeune homme, la vingtaine entamée, a les bras encombrés de vêtements. Ce sont des pull-overs de friperie. Nous traversons en effet une légère saison pluvieuse. Pourtant, ce jeune homme ne manifeste lui-même aucun besoin de se protéger du climat un tantinet  frisquet  qu’il fait en ce jour.

Ahmidou, apprendrai-je plus tard son nom, est un commerçant ambulant, encore désigné dans le jargon local un sauveteur.

A cette heure-ci, nous ne sommes plus loin du coucher du soleil.  Le jeune commerçant voit déjà  s’achever sa longue et dure journée. Du coup, il s’arrête à un coin de la rue, c’est le moment des comptes. Il est question pour lui de faire un état des bénéfices engrangés. Approché, Ahmidou nous raconte brièvement comment se déroulent ses journées : « je me lève très tôt le matin des 5h .je vais au marché au déballage .j’achète dix à vingt pull-overs au prix de 700 à 800 fcfa, au cours de la journée,  je vais les revendre à 1000FCFA la pièce ».

 Ils sont très nombreux, ces commerçants ambulants, qui se recrutent parmi les jeunes, les adultes et parfois même parmi les individus d’un âge avancé. Ils se sont lancés dans la vente des vêtements, chaussures, sacs à mains, bijoux, accessoires de maison (fer à repasser, chauffe eau, tableau décoratifs), des ustensiles de cuisine, des téléphones portables, des médicaments de tout genres. Etc. Tout y passe pourvu que ça rapporte le jeton salutaire pour la pitance quotidienne.

Ils sont de tous les sexes qui se pavanent ainsi à longueur de journée, vendant en vantant leurs marchandises, soucieux de les d’écouler au plus vite. .. Il faut dire que ce sont des revendeurs qui pour la plupart, s’approvisionnent auprès des grossistes venus soit des pays d’Asie soit de l’Europe. Leur survie quotidienne en dépend. Ils sont en réalité, à leurs corps défendant, des employés d’un vaste réseau de distribution des produits de friperie, de brocante et de pacotilles, qui a anéanti la manufacture locale. Ce secteur est un véritable refuge pour les jeunes bardés de diplômes qu’un système scolaire peu approprié déverse à « la casse sociale ».