Histoire d’un métier de fortune

Au quotidien
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Le quotidien du Sauveteur

Plusieurs raisons sont évoquées quant au choix du métier de sauveteur. La grande majorité des commerçants ambulants rencontrés parlent du manque de moyen financier pour s’approprier un  comptoir ou une boutique.

M.TCHOUTANG vendeur de sac à main : « le délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Yaoundé a fait construire des boutiques et comptoirs un peu partout dans les marchés. C’est une bonne initiative mais alors,  tout le monde ne peut pas se payer le luxe de louer ces locaux. La location  se paye par an et moi je n’ai pas de moyen mon capital est très maigre » Sylvain. T. Un autre commerçant ambulant rengaine dans la même veine « quant on est propriétaire d’une boutique, il faut payer les impôts, les taxes journalières, sans oublier le loyer qui vous absorbe tous vos petits avoirs. Pour le moment je ne suis pas capable »  Au regard donc , de leur incapacité à s ‘octroyer un comptoir ou une boutique digne de ce nom, et partant, se mettre en conformité avec les formalités administratives, ces débrouillards ont optent  pour des ventes ambulantes, à pied, marchandise en main ou sur la tête , dans l’espoir de rencontrer des personnes qui s’intéresseraient à leurs articles. L’autre raison évoquée est la difficulté pour ces commerçants d’épuiser leurs stocks de marchandises, bien qu’ayant des boutiques. Pour eux, le fait de rester surplace constitue un frein au commerce, au regard de la concurrence –déloyale d’après eux- qui prévaut dans ces espaces marchands. Cette activité commerciale d’un autre genre n’est pas une sinécure. Ici, on gagne véritablement son pain quotidien à la sueur de son front .M TCHOUTANG argue qu’ il effectue souvent un parcours du combattant « je marche plus de dix kilomètres à pied par jour. Je pars de chez moi à MESSASSI, je me dirige vers le centre ville, je parcours les administrations de bureau en bureau, j’entre aussi dans les quartiers et même les débits de boissons pour proposer mes sacs à main .vous voyez comme mes souliers sont déjà usés » il faut pour cela remarquer que ces commerçants bravent d’énormes difficultés. Entre intempéries, humeurs des potentiels acheteurs et bousculades des agents municipaux, il faut tenir. M.TCHOUTANG : « parfois vous arrivez quelque part, on vous chasse comme un malpropre ;  vous êtes amoindri, ridiculisé, frustré à la limite » tout cela a un prix, celui de la pitance quotidienne. SARA vendeuse de produits naturels : « malgré tout je ne baisse pas les bras je suis célibataire avec 4 enfants à ma charge si je ne sors pas ma progéniture ne va pas manger ni aller à l’école » A propos de la clientèle, elle ne manque pas ajoute cette commerçante : « même s’il ya quelques personnes qui restent réticentes, quant à la qualité des produits que nous leur proposons ».  Certains clients aguerris soumettent préalablement ces commerçants à un interrogatoire dans le but de connaitre comment et où proviennent leurs marchandises. Pour M.TCHOUTANG « il faut convaincre, c’est le marketing » même n’ayant pas la formation scolaire requise, ce commerçant se prête au jeu. Sa devise c’est de flatter, attirer et acheter. Ainsi donc, la clientèle se recrute beaucoup plus parmi la gente féminine. ALINE TINA est fonctionnaire « moi je fais des achats chez ces commerçants ambulants non seulement parce qu’ils ont des prix abordables comparés à ceux des grandes surfaces ou des marchés populaires. Bref ils sont moins chers ». L’autre motivation  pour cette dame c’est le gain du temps : « vous savez on n’a pas toujours le temps d’aller au marché donc je préfère gagner en temps et faire mes courses surplace au bureau que ce soit des vêtements ,bijoux ou accessoires de maisons, je ne suis pas déçu de la qualité ». S’il est vrai qu’ils sont nombreux ces clients qui expriment leur satisfaction quant à la qualité des articles achetés, il n’en demeure pas moins que certaines  personnes fustigent et mettent en doute l’originalité mieux l’authenticité des articles vendus dans la rue. Toutefois, l’évidence impose de reconnaitre qu’une bonne partie de la population s’intéresse aux articles de la rue. Une enquête menée sur le terrain a permis de constater que cinq personnes sur dix font leurs achats auprès des commerçants ambulants. Soit 50% de la population. C’est sans doute ce qui expliquerait la floraison mieux la prolifération de cette forme de commerce. Comme disait un écrivain prolixe « s’il ya pas d’intérêt, il ya pas d’action », cette activité commerciale à juste titre nourri son homme à en croire les propos des principaux acteurs. M.TCHOUTANG ce modeste vendeurs ambulant « j’ai des bénéfices allant de 3000 à 5000 par jour en moyenne 93000 à 150000f par mois suffisant pour entretenir ma famille » pour ces vendeurs tout articles confondus, les recettes oscillent entre 2000 à 6000f selon la période des vaches maigres ou celle des vaches grasses. La finalité au bout du compte étant de trouver quelque chose à mettre sous la dent.