Lydienne Eyoum: La grossière intrusion de la France

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Le pays de François Hollande a exigé et obtenu la libération d’une de ses compatriotes convaincues de détournement de derniers publics.

Et si le passeport français était devenu un blanc-seing pour voler en Afrique ?
En 2007, l’association l’Arche de Zoé échoue dans sa tentative d’exfiltrer illégalement du Tchad vers la France 103 enfants, présentés comme orphelins du Darfour à leurs éventuels parents adoptifs. Six Français sont interpellés par N’Djamena. Également impliqués, des journalistes, un pilote belge et des Espagnols de la petite équipée sont libérés.

Nicolas Sarkozy, alors président de la République française sort tel un diable de sa boite : «J’irai chercher ceux qui restent, quoi qu’ils aient fait […]. Le rôle du Président est de prendre en charge tous les Français», gronde-t-il. «La justice se fera au Tchad», lui répond déterminé, le président tchadien Idriss Déby. Le résultat ? Un camouflet déguisé à l’endroit du très téméraire Deby. La cour criminelle de N’Djamena condamne les six Français de l’Arche de Zoé à huit ans de prison assortis de travaux forcés pour «tentative d’enlèvement». Mais deux jours plus tard, ils sont rapatriés et incarcérés en France. Sarkozy a tenu parole. Deby a plié l’échine.

En janvier 2013, François Hollande fraichement élu à l’Élysée reçoit Paul Biya et lui demande « poliment » de libérer le français Thierry Michel Atangana incarcéré pour détournements de biens publics. Paul Biya refuse et reste droit dans ses bottes. Hollande prend note et fait monter la pression. Sur l’antenne de RFI en juin 2013, il qualifie la détention de Thierry Michel Atangana «d’inadmissible ». Paul Biya recule et envisage une voie de sortie. En coulisse, il dit attendre que la procédure soit épuisée dans les instances judiciaires avant de se prononcer. En fait, il veut gagner du temps pour voir venir et tenter de sauver la face. La France ne lui laisse pas ce loisir. Elle actionne l’Organisation des Nations Unies (ONU) qu’elle tient à bout de bras avec d’autres puissances mondiales. Un rapport tombe, sentencieux. Daté de novembre 2013, le rapport du haut-commissariat aux Droits de l’homme de l’ONU appelle à une libération immédiate du condamné, car «Atangana est détenu dans des conditions inhumaines et a été jugé deux fois pour les mêmes faits», ce qui est illégal. lire la suite sur camer.be