Cameroun : Ils injectent du pétrole à un adolescent

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En l’absence de ses parents, Assogne Abdel a reçu la visite de deux agresseurs qui lui ont injecté du pétrole mélangé à une autre substance dont on ignore encore la nature, sur la veine du bras gauche.

La scène se déroule à Yaoundé au quartier Essos, précisément derrière le lycée bilingue, lieu-dit « Queens way ». « Le matin après que j’ai fini d’effectuer mes travaux ménagers, je me suis allongé dans le canapé question pour moi de me reposer laissant la porte centrale fermée et celle de derrière entrouverte. Quelques minutes après, j’ai sursauté de mon assoupissement et j’ai vu deux individus devant moi habillés en costume et âgés de près de 40 ans. Je leur ai demandé qui sont-ils ?
Ils m’ont dit qu’ils sont des frères de mon père et se sont assis. Je suis allé à la cuisine leur servir de quoi manger en attendant que mes parents reviennent du champ. De retour de la cuisine, je constate qu’ils sont en train de fouiller la documentation de mon père ; voulant regimber, ils m’ont neutralisé sur la chaise. Après environ 10 minutes de fouille, ils n’ont sans doute pas trouvé ce qu’ils cherchaient. L’un des deux loubards, a retiré le pétrole de notre réchaud pour charger sa seringue dans laquelle il a ajouté une substance que je ne connais pas, puis m’a injecté à mon bras gauche en me disant que normalement ce n’est pas pour moi qu’ils sont venus et qu’aujourd’hui c’est mon jour de malchance
», raconte tout épuisé, Assogne Abdel que le reporter du
Messager a retrouvé aux urgences de l’hôpital général de Yaoundé.
Le jeune homme de 20 ans qui fait le récit de son samedi noir, se plaint constamment des douleurs atroces dans sa cage thoracique et à l’estomac. C’est à croire que la perfusion que le médecin lui a administré ne parvient pas à calmer son supplice. Il poursuit l’histoire de façon entrecoupée en ces termes « Avant de sortir de la maison, ils (ses bourreaux Ndlr) m’ont demandé de ne pas marcher sinon le poison va se propager dans tout mon corps et je vais mourir. Quelques minutes après leur départ, j’ai commencé à ressentir terriblement mal au niveau de la poitrine et à l’estomac. Ayant peur de marcher et mourir, c’est finalement mon grand-père que j’ai eu au téléphone qui m’a convaincu d’aller chez la voisine puis elle m’a conduit au centre de santé à Pakita. Les infirmiers ne pouvant plus stabiliser l’ampleur de mes douleurs, mon père m’a conduit ici à l’hôpital général ».

Intimidations!
En fait, il s’agit du fils aîné de Yimga Moussa, le président de l’Association nationale des opérateurs du secteur informel pour la lutte contre la pauvreté au Cameroun (Anosilp). Pour ce dernier, cet acte criminel n’est ni plus ni moins que l’œuvre d’un « réseau gouvernemental ». Ce dernier déclare que : « lors du problème des sauveteurs c'est-à-dire le problème de recasement des acteurs du secteur informel, le commissaire Ayissi m’avait intimidé donné un ultimatum selon lequel il faut que je quitte le Cameroun ou alors j’intègre leurs réseaux si je ne veux pas être assassiné. En 2012, je suis reçu par un certain Mballa qui était le conseiller du délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Yaoundé (Cuy) qui m’a intimidé tout comme le commissaire.
En 2017, le secrétaire général de la Cuy actuel, m’a appelé avec mon président de l’antenne de Mokolo en m’avisant que si je continue à défendre les intérêts des acteurs du secteur informel, en dénonçant les abus qu’ils font à leur égard, je vais mourir. Il m’a alors demandé de vendre mes chaussures sans toutefois les empêcher de manger car ils ont construit une maison
», révèle-t-il.
L’homme croit dur comme fer que : «  toutes ces intimidations sont dues au fait des revendications au sujet du recasement des acteurs du secteur informel que nous avons traité avec l’ancien ministre Mbarga Mboa et pour lequel le président de la République a donné son accord à travers un décret du 10 septembre 2014 afin qu’ils soient recasés.  Nous avons proposé 6 hectares qui restent à Mokolo pour notre recasement.
Le chef de l’Etat a validé. Mais il y’a un certain nombre d’individus dans le gouvernement qui ont bloqué cela et jusqu’à présent, nous n’avons rien eu. Et ces individus que j’ai cités plus haut, ont même voulu me soudoyer afin que j’abandonne cette lutte mais j’ai refusé. Donc je pense que c’est à cause de cela qu’ils veulent s’en prendre à ma famille. Je profite donc de l’occasion pour appeler au secours la communauté internationale, les Ong et les ambassades pour que justice soit rendue parce qu’après avoir introduit une action au tribunal de première instance de Yaoundé, ils ont bloqué la procédure
», fulmine Yimga Moussa. Affaire à suivre !

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