Cameroun – Crise anglophone – Patrice Nganang: «Je souhaite que Paul Biya se présente à l’élection présidentielle. Il doit rester là…. »

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L’écrivain camerounais a été interviewé le 24 janvier 2018 par la radio publique allemande Deutsche Welle.

Depuis son retour forcé aux Etats-Unis, l’écrivain camerounais Patrice Nganang, a raconté cette fois-ci ses mésaventures du mois de décembre au bercail à la Deutsche Welle, la radio publique allemande. Au cours de cette interview diffusée le 24 janvier 2018, le farouche opposant au régime de Paul Biya a qualifié son arrestation de  « rocambolesque » et la police judiciaire de « police politique ». Il a raconté que  les policiers qui l’interrogeaient ont cherché à savoir ce qu’il était allé faire dans la zone anglophone où il a séjourné durant trois semaines.  

Sur le fait de posséder deux passeports il a eu la réaction suivante : « j’aurais bien pu posséder un passeport européen vu que ma famille -mon enfant, mon épouse-  est allemande. Donc ce n’est pas un délit. C’est uniquement l’expression de la citoyenneté (…) La loi n’est pas juste du tout. Je n’y ai jamais obéi. Ils sont des milliers de Camerounais qui n’obéissent pas à cette loi-là. Moi je fais partie de ceux-là et je le ferai toujours ».   

A la question de savoir son sentiment quant à la possible candidature de Paul Biya, il a répondu : « Je souhaite qu’il se présente. Parce que je pense qu’il doit rester là.  Il doit être arrêté et il doit être jugé.  C’est-à-dire que nous allons le chasser. Alors que s’il ne se présente pas il sortira par la grande porte. Ce qui est important c’est qu’il sorte par la petite »  

Patrice Nganang explique que le combat du peuple camerounais pour l’alternance et une démocratie véritable. Que les exactions qu’il attribue au régime de Yaoundé ne sont pas amplifiées à l’étranger. La preuve,  « les morts camerounais ne comptent pas »,  puisque, croit-il, « on n’en parle pas ». Cela parce que, accuse-t-il, « le pouvoir camerounais fait une campagne en payant des médias à l’extérieur pour qu’ils ne parlent pas du Cameroun et lorsqu’ils parlent du Cameroun, pour qu’ils ne parlent du Cameroun que de manière positive ».   

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Le « full professor » de la Stony  Brook university de New-York jure que les Camerounais se battent « extraordinairement », mais ne sont pas écoutés. Il présente la revendication anglophone comme une campagne « non violente ». Enfin, quand on lui demande s’il soutient les revendications sécessionnistes  Nganang répond qu’il  soutient  « toute personne qui se défend devant un pouvoir tyrannique ».

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