Cameroun/ Sous alimentés: Découvrez ce que mangent les étudiants

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Contraints en permanence par leur emploi du temps surchargé, les étudiants sont  à plaindre sur le plan alimentaire.

Les plus touchés par la sous alimentation sont les étudiants des universités d’Etat, qui ne disposent pas d'un emploi de temps suffisamment souple (entre deux cours il n'y a pas de pause) et qui leurs permet de s’offrir une alimentation de qualité. En effet, faute de cette contrainte temporelle sans cesse croissante, leur menu est assez réduit. La consommation des aliments riches en apports énergétiques est privilégiée aux  détriments des autres catégories d’aliments, tous aussi nécessaires pour une croissance saine.

La course aux « sautés », aux « omelettes spaghettis», aux « œufs bouillis dans le pain » et à la célèbre « purée d’avocat »  se fait donc effrénée. Et ce malgré les  retombées de ces excès : Fatigue excessive, paresse, ballonnements, étourdissements…

Par ailleurs, la surconsommation d'aliments fait à base de lait est inévitable. Pour confirmer cela il n’y’a qu’à faire un tour dans une des cantines de fortune du côté des campus de  Ngoa-Ekellé, et de l'université de "yaoundé 2" dans la ville de Soa. On y vend du "kossam" (yaourt artisanal), des « beignets au lait » et des "camars" (patisseries artisanales à 50 franc CFA). Les petites tables servant de comptoirs ne désemplissent pas de monde . A ces incontournables "coupes faim" s’ajoutent les yaourts manufacturés en sachet, de l'eau en sachet aussi et même des jus de fruits en sachet dont le coût se révèle heureusement à la portée de tous et dont le qualité laisse souvent les uns et les autres cantonnés à la volonté du ciel afin que celui ci leurs apporte la protection nécessaire qui leur éviterait toute forme d'intoxication alimentaire.

Enfin, habitués à être déséquilibrés dans leur alimentation, les étudiants au moindre  temps libre ne s’offrent pas cette fois des énergisants, ni des produits laitiers mais des "bourratifs". "Okok" avec du manioc ou du bâton pour la plupart, fritures très huileuses, ou encore du "Eru" accompagné de couscous local pour les bourses les plus aisées.

Avec les conditions climatiques généralement difficiles du fait de la grande chaleur, ils ont tous la même réponse : « On va faire comment ? Quand on a un peu de temps libre il faut bien manger !». Parés de leurs bouteilles de "Foléré" (jus oseille) ou de leurs sachets d’eau aux origines douteuses, "les cop's" bravent les intempéries, dans l'ignorance totale ou alors une ignorance imposé par leur vie, et ne s'attardent pas sur la qualité de leur repas.

Le restaurant universitaire quand à lui n'offre  pas toujours un menu ragoutant. Les étudiants après une petite enquête nous révèlent qu’ils peuvent passer des mois sans prendre un véritable repas, c’est à dire: une entrée, un plat de résistance et un dessert. Cette situation au lieu d'être une préoccupation des autorités revêt plutôt l'aspect d'une formation supplémentaire dans la vie de ces jeunes. Le mental d'acier des camerounais se forge donc dans la douleur et la famine. Du courage les cop's !