Coupe du Monde 2018: Il y aurait-il-un plan de l'occident contre l'Afrique?

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COUPE DU MONDE, EQUIPES AFRICAINES, ET …GEOPOLILITISATION DU FOOTBALL

Pascal Boniface postulait déjà dans son livre que le football est un élément constitutif des relations internationales[1]. Cette assertion s’est bel et bien vérifiée en cette coupe du monde Russie 2018 qui a illustré en mondo vision la déculottée des équipes africaines en lice. En effet ne peut-on pas s’interroger au sujet d’une potentielle analogie entre la situation des relations internationales contemporaines, la configuration footballistique mise en relief par le mondial se jouant actuellement en Russie et la récente élection devant désigner le pays organisateur du mondial 2022. Parlant de ce dernier événement il a vu la défaite du petit poucet marocain face au géant incarné par le trio Etats-Unis d’Amérique – Canada – Mexique. On peut donc s’interroger sur la pertinence de la signification du sigle FIFA. Signifierait-il encore Fédération Internationale de Football Association ou renverrait-il aujourd’hui à Football Is not For Africa ?

Pour en revenir à Boniface, le football peut être considéré comme la continuation de la politique par d’autres moyens. Ainsi, la comparaison entre la scène internationale et le monde footballistique révèle encore des analogies. Autant l’on distingue des puissances dites nucléaires (USA, Corée du Nord, France, Iran, etc.), politiques (USA, Grande-Bretagne, Allemagne, etc.), ou commerciales (USA, Chine, etc.) autant l’on distingue aujourd’hui des puissances dites footballistiques tels que l’Allemagne, le Brésil, l’Espagne, la Belgique toutes plébiscitées par le fameux et incontournable classement FIFA. Une autre illustration magistrale du principe de la discrimination africaine pouvant être appliqués au football, est déjà visible au Conseil de sécurité de l’ONU ou le continent noir ne bénéficie que d’un siège (de surcroit rotatif) sur cinq autres occupés pat les Etats-Unis, la Chine, la France, la Russie, le Royaume-Uni. Alors, quelles constantes pouvons-nous tirer de cette fameuse catégorisation : c’est qu’en politique ou géopolitique comme dans le football les pays africains sont relégués au rang d’observateurs. Ce n’est que ce prisme explicatif qui permet de comprendre que sur 32 équipes en lice pour le précieux trophée, l’Afrique ne soit représentée que par 5 équipes, ou encore d’expliquer le fait que depuis 1930 qu’ont été lancées les différentes éditions du mondial de football, l’Afrique n’ait accueilli le tournoi qu’une fois. La communauté footballistique internationale incarné par la FIFA semble se complaire dans ce statu quo. En Effet, malgré les exploits souvent créés par ces équipes africaines le « hasard » s’est toujours débrouillé pour limiter le parcours de celles-ci.

1990, l’Italie organise la coupe du monde qui verra pour la première fois une équipe africaine en quart de finale de la compétition : il s’agit du Cameroun. Les lions indomptables ont séduit par leur parcours au premier tour et réussissent même à sortir la grande Roumanie de l’époque en huitième de finale, mais le fameux « hasard » matérialisé par des fautes d’arbitrage réussira néanmoins à faire s’incliner l’équipe africaine face à l’Angleterre.

2002, les lions de la Téranga font la fierté du continent africain lors du mondial Corée – Japon 2002. Après une entrée spectaculaire, soldée par une victoire face à la France, les lions de la Teranga poursuivront leur rêve en éliminant la Suède en huitième de finale de finale. Mais le destin finira par écourter cette aventure, en effet les lions s’inclineront en quart de finale face à la Turquie.

En 2006, ce sera au tour du Ghana de faire vibrer le peuple africain en se qualifiant avec difficulté pour le deuxième tour. Malgré la beauté de cet exploit, les Black Stars s’inclineront en huitième de finale face au Brésil.

Le mondial Russie 2018 quant à lui vient de voir chavirer les rêves des super eagles du Nigeria, qui auraient pourtant pu se qualifier pour le 2nd tour face à l’argentine nuit été une certaine « rigueur » arbitrale, refusant le recours à l’assistance vidéo suite à une action ayant pu procurer un penalty au Nigéria.

Ce retour sur les perspectives théoriques de Pascal Boniface et sur l’histoire, permet donc de remettre en cause cette logique discriminatoire consistant tant à réduire la représentativité africaine au nombre de cinq équipe, qu’à éviter l’organisation du mondial sur ce continent. Quant à l’attitude silencieuse des grandes instances sportives africaines, et même des dirigeants africains face à ce sujet, elle ne peut nous rendre que perplexe.

    Lionel Ella

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[1] Pascal BONIFACE, Géopolitique du football, Seuil ,1998