Etranger –Sénégal : Marche populaire contre les enlèvements d’enfants à Dakar

Le monde
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Environ 300 personnes habillées de noir, dont beaucoup de femmes venues avec leurs enfants, ont manifesté samedi 24 mars matin à Dakar, en réaction au meurtre récent de deux enfants et aux tentatives d'enlèvement de plusieurs autres. Ces citoyens demandent aux autorités d'assurer la sécurité de leurs enfants. Vendredi, le président Macky Sall a expliqué avoir donné des instructions à tous les services de sécurité de l'Etat pour que les auteurs de ces crimes soient arrêtés.

Les récentes affaires d'enlèvements et de meurtres d'enfants ont créé l'émoi au Sénégal. En particulier la découverte lundi dernier du corps sans vie d'un garçon de deux ans porté disparu depuis plusieurs jours et retrouvé à Rufisque. Les parents s'organisent pour éviter de laisser leurs enfants seuls dans la rue. Aisha Dramé, porte-parole du Collectif pour la protection de l'enfance demande aux autorités de réagir.

« On en est arrivé à un point où dès qu'un enfant disparaît, on nous contacte et on relaie dans la presse et sur les réseaux sociaux, on diffuse les photos au maximum, on donne les numéros pour qu'on retrouve ces enfants sains et saufs. »

Karine Joanelle est une mère de famille inquiète venue manifester avec ses enfants : « Nous sommes dans un pays que l'on appelle pays de la téranga [hospitalité, ndlr]. On n'avait pas ces soucis, se méfier de l'autre, douter de certains, mais malheureusement on en est là. »

Mamadou Wane est un ancien fonctionnaire de l'Unicef. Coordinateur de la plateforme pour la promotion et la protection des droits humains, il alerte depuis des années sur la maltraitance des enfants en situation de mendicité ; à l'origine selon lui de la création d'une sorte de réseau de traite des enfants au Sénégal : « C'est la banalisation de la présence des enfants dans la rue qui a d'abord constitué le lit de vulnérabilité des enfants. Nous sommes tous responsables, la société dans son ensemble. »

Les organisateurs de la manifestation ont rencontré le ministre de l'Intérieur qui leur a promis le renforcement des forces de sécurité et la mise en place d'un numéro vert et d'un système d'alerte en cas d'enlèvement.

rfi Afrique