Politique étrangère/ Donald Trump, le gaffeur en série.

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Jusqu’où Donald Trump nous mènera-t-il ? Il ne se passe pratiquement plus de semaine sans qu’un acte de gouvernement du successeur de Barack Obama ne vienne agiter une opinion mondiale de plus en plus inquiète des menées maladroites du 45ème président des Etats-Unis. Sa dernière sortie est un modèle de maladresse.

« Président de merde » ! La réaction de Jack Lang, personnalité politique française bien connue, ancien ministre de la Culture de François Mitterrand peut, à certains égards, paraître excessive dans un domaine où la courtoisie dans le langage est le maitre-mot : celui de la politique internationale. L’homme aujourd’hui âgé de 78 ans n’a pas mâché ses mots pour dénoncer les récents propos de Donald Trump sur les "pays de merde", qualifiant en retour le président américain, sur son compte Twitter et sur Facebook, de "président de merde". Soulignons-le : cette réaction a réjoui beaucoup d’internautes africains.

Les propos offensants du chef de l’exécutif américain ont été tenus le jeudi 11 janvier 2017, dans le cadre d’une réunion qui se déroulait dans le Bureau ovale avec plusieurs sénateurs, pour évoquer un projet bipartisan proposant de limiter le regroupement familial et de restreindre l’accès à la loterie pour la carte verte. En échange, l’accord devait permettre d’éviter l’expulsion de milliers de jeunes, souvent arrivés enfants aux États-Unis. Le président américain, dans un accès de colère, a traité Haïti, Salvador et les pays africains, principaux concernés par ce phénomène de l’immigration sur le sol américain, de « pays de merde ». D’autres réactions n'ont pas tardé à pleuvoir.

Indignation, tollé, protestations

Plus soucieux des convenances diplomatiques, les 54 ambassadeurs du groupe africain à l'ONU, après une longue réunion d'urgence, ont exigé des excuses et une «rétractation», condamnant des «remarques scandaleuses, racistes et xénophobes» du président américain qui plus est, dirige un pays qui, comme l’a souligné le porte-parole de groupe de l’Union africaine à l’ONU, « reste un exemple extrêmement positif de la manière dont l’immigration peut donner naissance à une nation ». Surprenant même !

Signalons aussi dans la vague des indignations, celle de la Secrétaire générale de la Francophonie, Jean Michaëlle, ancienne gouverneure générale du Canada, originaire de Haïti qui enfonce le clou : « "Que le 1er représentant des États-Unis s'exprime en ces termes est indigne, troublant et offensant. Qu'il se souvienne que son pays s'est construit par la sueur et le sang, la force aussi d'hommes et de femmes arrachés à l'Afrique, sans qui les Etats-Unis ne seraient pas".

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En réalité, l’apparente violence verbale des réactions qui continuent de fuser de toute part n’a d’égale que de la profonde indignation ressentie par une bonne partie de l’opinion mondiale, et tout particulièrement les ressortissants des pays visés par cette sortie hasardeuse du président Trump, dont l’entourage s’est efforcée de nier d’abord puis de dissiper cette énième incongruité du dirigeant de la première puissance mondiale.

En traitant Haïti, Salvador et les pays africains de « pays de merde », le président américain n’a fait que servir au monde une de ces bourdes qui caractérisent le premier quart temps de son mandat à la Maison blanche.

Jean Bosco Simgba