Etranger-Burundi : c’est la fin du concubinage !!

Le monde
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Dans son discours du 1er mai 2017, le président burundais demandait à ses compatriotes vivant en union libre de régulariser leur situation avant le 31 décembre 2017. D’après lui : « les ménages doivent être reconnus par la loi, légalisés, ceci pour éviter ces problèmes qui frappent surtout les femmes et les enfants »

Au Burundi, le terme concubinage implique les conjoints légalement mariés mais qui se sont séparés, sans avoir officiellement divorcés mais qui vivent avec d’autres personnes.

Depuis ce discours, l’administration burundaise exerce une forte pression sur ces couples à travers tout le pays.

Désormais c’est officiel : c’est la fin du concubinage au Burundi. A l’exemple de Gihanga, un village de l’ouest du Burundi. Dans cette bourgade, Jeanine et Cyprien, à l’image de nombreux couples naguère en union libre, viennent juste de convoler en justes noces.

Officiellement, l’initiative destinée à réduire l’omniprésence du concubinage dans la société burundaise semble appréciée des deux conjoints. Jeanine affirme que : « Quand vous régularisez le mariage, la cohabitation devient très bonne, les échanges dans le couple sont bons, et le mari ne pense pas à chercher une autre femme, parce que la femme est protégée par la loi ». Cyprien quant à lui, visiblement satisfait de son nouveau statut déclare : « Après régularisation, je me suis senti heureux. Même les conflits ont cessé. Quand je rentrais du travail, je lui donnais 2000 ou 3 000 francs burundais, et elle me disait que c’est peu et que je suis allé gaspiller l’argent dans la prostitution, chez les concubines. Mais aujourd’hui, on s’entend bien. Et nous avons même fait des efforts pour construire une maison, cultiver des champs. Vraiment, on ne se cache rien. Mais avant quand je rentrais tard, elle disait que j’étais chez d’autres femmes, les concubines ».

Malgré ces témoignages plutôt positifs, la mesure du gouvernement burundais est froidement accueillie par les organisations de défense des droits de l’homme qui y voient une atteinte à la liberté individuelle de deux adultes qui ont décidé de vivre ensemble sans se marier.

Africanews.com