LA REVUE DE PRESSE CAMEROUNAISE DU LUNDI 16 MAI 2017

Revue de presse
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Unité nationale : a célébration qui divise, Banditisme politique : Fru Ndi et les 6,4 milliards du Trésor public, Plan d’ajustement du FMI : La Cemac divisée, Revendications : Le bras de fer continue entre les médecins et Mama Fouda. Ces sujets et bien d’autres font l’actualité.

 

Actualité Politique :

Crise anglophone :

« Le Conseil de la magistrature convoqué ». Nous informent Mutations et Le Jour. La crise qui perdure dans les régions anglophones depuis 7 mois connaîtra d’ici le 7 juin 2017, une autre phase. Après les différentes mesures prises par le gouvernement, le président de la République a signé le vendredi, 12 mai 2017, un décret convoquant une réunion du Conseil supérieur de la magistrature. L’ordre du jour n’est pas dévoilé mais après les mesures déjà proposées par le ministre de la Justice, il va de soi que les dossiers de nominations et d'affectations des magistrats dans l'ensemble des juridictions du pays et au ministère de la Justice attendus à la validation seront au menu.

L’œil du Sahel lui, nous présente, « les 06 dossiers du prochain Conseil supérieur de la Magistrature ». Depuis l’annonce de la convocation du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) par le chef de l’Etat, Paul Biya, pour le 07 juin prochain, c’est le branle-bas dans le corps judiciaire. Et aussi dans l’opinion. La dernière rencontre du genre, qui remonte à environ trois ans, avait donné lieu à des changements majeurs dont les plus significatifs avaient été la mise à la retraite de deux monuments de la Cour suprême : Alexis Dipanda Mouelle et Rissouck A Moulong, respectivement premier président et premier procureur général près ladite Cour. Que peut-on donc attendre du prochain conclave qui se tiendra dans un environnement politique et social tendu ? Selon nos informations, au moins 06 points majeurs devraient articuler cette rencontre. Le premier touche au départ des magistrats francophones des zones anglophones, une revendication clairement affichée par des avocats anglophones. Le second point qui pourrait être mis sur la table du Conseil, à en croire nos sources, sera le cas du magistrat Ayah Paul. Le troisième cas attendu sur la table du conseil et non des moindres, est celui de l’actuel secrétaire général du ministère de la Justice, Gwanmesia George. Ennemi intime de son patron, Laurent Esso, celui qui est le magistrat le plus ancien dans le grade le plus élevé chez les Anglophones pourrait également être envoyé à la retraite malgré une loyauté à l’égard du pouvoir rarement prise à défaut. Un autre centre d’intérêt de ce conclave pourrait toucher à la marginalisation de certaines régions au sein de la magistrature. Le cinquième point qui devrait, selon quelques sources introduites, être débattu concerne la création et les nominations à la section de la Common law à la Cour suprême. Enfin, le dernier point de la rencontre du 07 juin 2017 va consacrer l’intégration des jeunes magistrats. Info Matin se penche aussi sur « les dossiers chauds du Conseil ». Au-delà de ceux cités par son confrère, Info Matin focalise son attention sur le Conseil constitutionnel. Sur ce point, le chef de l’Etat a ordonné une nouvelle évaluation sur la maîtrise de la Common law par les magistrats en service dans les cours d’appel du Nord-Ouest et du Sud-Ouest et du droit romano-germanique dans les ressorts des autres Cours d’appel. La Météo abonde dans le même sens : « les dessous d’un Conseil qui va révoquer Paul Ayah Abine ». De sources concordantes, le Conseil supérieur de la magistrature (Csm), prévu le 07 juin, pourrait statuer sur le cas de l’avocat général près de la Cour suprême.

Unité nationale :

Le Jour marque un arrêt sur « la célébration qui divise ». Les revendications initiées par les avocats, puis les enseignants dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ont remis sur la table (au moins dans l’opinion) le débat sur la forme de l’Etat. L’une des options proposées a été le fédéralisme, le système en vigueur au Cameroun jusqu’en 1972. C’est le référendum du 20 mai de cette année-là qui fit du Cameroun un Etat unitaire célébré chaque année à cette date-là. La fête de l’unité nationale intervient donc cette année dans un contexte fortement marqué par un débat sur cette unité-là. «Le Cameroun est un et indivisible », a rappelé Paul Biya. «Depuis sa création en 1990, le Sdf a toujours pensé que le meilleur model développement social, économique et culturel, est le fédéralisme», répondon du côté du principal parti de l’opposition. «Nous avons décidé de ne pas participer aux prochaines célébrations de notre unité nationale qui est grandement menacée. C’est pour protester énergiquement contre l’état de dégradation actuel de notre pays », a écrit Ni Le Cameroon’s People Party (Cpp) est du même avis. Kah Walla, sa présidente, l’a indiqué le 11 mai dernier à travers un communiqué. « Le Cameroon People’s Party (CPP) informe l’opinion nationale et internationale de sa décision de ne pas prendre part aux festivités officielles organisées par le Gouvernement de Mr Paul Biya à l’occasion de la célébration de la fête de l’unité nationale le 20 mai 2017 », écrit-elle. Un son de cloche différent est cependant entendu du côté du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc). « Cette 45ème fête, plus que les précédentes, intervient dans un contexte où, à cause de la posture de défiance et même provocatrice du Gouvernement face à la profonde crise politique née des légitimes frustrations de nos compatriotes des Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, l’Unité de notre Nation est en danger », reconnaît certes Maurice Kamto. Le président national du Mrc se garde pourtant d’appeler à un boycott de la célébration du 20 mai : « Le Mrc ne prendra donc part au défilé dans les deux régions en question que si les conditions de sécurité le permettent. Il ne s'agit par conséquent pas d'un boycott du défilé dans ces Régions, car, le faire reviendrait à valider la fin de l’Unité de notre Nation, une idée inenvisageable pour le Mrc et à laquelle aucun patriote ne saurait songer.

Actualité Sociale :

Revendications :

Le Quotidien de l’Economie nous fait part « du bras de fer continue entre les médecins et Mama Fouda ». Le spectre de la radicalisation se dessine au Syndicat des médecins du Cameroun (Symec). L’organisation syndicale estime que les médecins concernés par les affectations disciplinaires objet d’une décision du ministre de la Santé publique (Min santé), André Mama Fouda, qui vise les principaux les responsables du Symec, ne doivent pas s’exécuter. Ainsi, le Symec exige «l’annulation pure et simple de cette décision qui n’honore pas le Cameroun », confie le Symec. Ils l’ont fait savoir hier au cours d’une conférence de presse tenue au siège de la Centrale syndicale du secteur public (CSP), consécutivement à la décision du Min santé. Mutations de son côté présente « les quatre visages pour l’enfer ». Alors qu’un nouveau débrayage est annoncé ce jour, le ministre de la Santé publique procède à l’affectation disciplinaire des leaders du Symec. Le journal dresse les portraits de Pierre Yves Bassong, Claude Bernard Kamta, Patrick Ndoudoumou et Sylvain Laah. Les syndicalistes réclament la démission de Mama Fouda. Le Messager quant à lui indique que « le gouvernement asphyxie les grévistes ». Le ministre de la Santé publique affecte les meneurs dans l’Extrême-Nord, l’Adamaoua et l’Est.

Menaces de soulèvement à Yaoundé :

 « Tsimi Evouna et Koung à Bessikeen plein vaudou foncier», écrit Horizons Nouveaux Magazine. Gilbert Tsimi Evouna (délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Yaoundé) et Jacqueline Koung à Bessikeen (ministre des Domaines et des Affaires foncières) sont-ils engagés sans le savoir dans une entreprise de déstabilisation du régime du président Biya à seulement moins de deux ans de la prochaine élection présidentielle ? Apparemment, rien n’est moins sûr, mais au fond, les populations de la capitale politique du Cameroun qui n’ont plus de cesse de vivre douloureusement dans leur chair et leurs esprits les manigances de ces personnalités en vue de leur extorquer toutes leurs propriétés foncières n’en doutent même plus.

Actualités Economiques :

Economie numérique :

« Le Cameroun veut créer 50.000 emplois d’ici 2020 ». Nous annonce Le Jour. Le Cameroun multiplie des initiatives d’envergure dans le but de booster la croissance de son économie qui stagne en dessous de 6%. C’est dans ce sillage qu’il faut situer la rencontre d’experts et de partenaires qui s’ouvre demain dans la capitale camerounaise sur le thème : « Comment réussir l’économie numérique au Cameroun ? ». Ce forum qui prend fin le 17 mai est une initiative du président de la République, Paul Biya. Le Forum de Yaoundé a donc pour objectifs, entre autres : de créer des conditions pour un passage réussi du Cameroun à l’économie numérique ; de présenter les atouts de l’économie numérique au Cameroun et de mobiliser des financements internationaux en faveur des projets innovants dans le secteur de l’économie numérique au Cameroun. Cameroon Tribune et Info Matin renchérissent : « Yaoundé se positionne ». A l’initiative du président de la République, un forum international ouvre ses portes ce lundi. Pendant trois jours, 200 participants de divers horizons et pays sont réfléchir sur la meilleure façon pour le Cameroun de passer au tout numérique pour accélérer son développement.

FRANCK ESSI.