Rétrospective- YAPEE. La semaine d’actualité sur yapee du 19-25 Mars 2018

Revue de presse
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L’actualité au Cameroun, au cours de la semaine écoulée s’est développée autour de quatre points principaux : la crise sociopolitique qui continue de secouer le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, les deux régions anglophones du pays ; l’opération épervier ; les élections sénatoriales et le visite du président Biya en Chine.

CRISE ANGLOPHONE

La crise sociopolitique qui agite les deux régions anglophones du pays s’est emballée dès samedi 17 mars avec l’annonce de l’enlèvement du Professeur Ivo Leke Tambo, président du GCE Bord et ainsi que celui d’une trentaine d’étudiants tombés comme lui dans une embuscade de rebelles séparatistes à Fondem dans l’arrondissement d’Alou dans le département du Lebialem, région du Sud-Ouest. Intervenant après ceux survenus en février dernier à Batibo, du Sous-préfet local et du responsable régional du ministère des Affaires sociales dans le Nord-Ouest, ces événements ont révélé un nouveau mode opératoire chez les rebelles : les enlèvements de personnalités à des fins de rançonnement ou de constitution de moyens de pression sur le régime.

En effet, deux jours auparavant, le 15 mars, quatre employés d’une société de construction de route dans le Sud-Ouest, deux ingénieurs tunisiens et deux techniciens camerounais avaient été enlevés par des séparatistes anglophones. Et comme pour le Pr Ivo Leke Tambo, les ravisseurs exigeaient une rançon pour la libération des otages. Cent millions de francs de francs pour le Pr Tambo. Deux opérations de l’armée camerounaise ont permis chacune, de libérer dès lundi, dans des circonstances non élucidées, le président du GCE Board, puis, mardi, trois personnes parmi les quatre employés de la société de construction de route enlevés dans la ville de Kumba, département de la Mémé. Cette dernière opération s’est soldée par la mort d’un ingénieur tunisien, Khaled TINSA, assassiné par ses ravisseurs selon les autorités, et la neutralisation de quatre assaillants.

Beaucoup d’observateurs pensent que ces enlèvements, ultimes d’une série perpétrée au cours de ces dernières semaines ne sont pas les derniers. Avis au pouvoir.

L’OPERATION EPERVIER REPREND DE PLUS BELLE.

En témoigne la mise aux arrêts, mercredi 21 mars, qualifié à raison de « sombre » par certains confrères pour cinq pontes du régime, hauts commis de l’Etat interpellés dans le cadre de la lutte contre la corruption engagée sous cette bannière. Ce sont : Bruno Bekolo Ebe (ancien recteur université de Yaoundé II), Dieudonné Oyono (ancien recteur de l’université de Douala) et Louis Max Ayina Ohandja (ancien directeur de l’Institut supérieur de technologie de Douala) ; Jean William Sollo, ancien directeur général de la Cameroon water utilities (Camwater). Après une cavale de courte durée, Basile Atangana Kouna, l’ancien ministre de l’Eau et de l’Energie, introuvable depuis quelques jours, ramené manu militari à Yaoundé le jeudi 22 mars 2018, par avion express, du Nigéria où il était en transit, l’on présume qu’à destination pour une planque lointaine, est venu compléter cette liste dont les noms circulaient depuis quelques jours. Ironie du sort, jeudi 22 mars 2018, jour de son arrestation était jour de commémoration de la Journée mondiale de l’eau.

De nombreux collaborateurs des personnalités suscités sont également annoncés dans les geôles de Kondengui à Yaoundé. Affaire à suivre donc dans les prochaines semaines.

ELECTIONS SENATORIALES

Au soir de la deuxième semaine de campagne pour les élections sénatoriales, il ressort cette semaine que neuf partis politiques prendront part à la compétition pour se répartir les 70 sièges de sénateurs à pourvoir. Le dépôt des candidatures s’est achevé jeudi, 22 mars 2018.

Rien n’est joué d’avance dans cette élection même si le RDPC, fort d’une majorité confortable au sein de l’électorat, semble bien parti pour remporter la plus grande part des sièges en compétition. Les partis d’opposition, y compris les ténors de l’alliance pour la majorité présidentielle à l’instar de l’UNDP, n’entendent pas y aller en victimes résignées. Après la bataille des investitures au sein des partis, le plus dur reste donc à venir : la sanction du collège électoral.

Le point des dépôts de candidatures indique que le RDPC a déposé des listes dans les 10 régions. Le SDF est en course dans l’Adamaoua, l’Est, l’Ouest et le Sud-ouest. L’Alliance nationale pour la démocratie et le progrès (ANDP) livrera bataille dans l’Extrême-Nord et le Sud-ouest, et enfin l’United Democratic party (UDP) sera présent dans le Nord-Ouest. En somme, le RDPC et l’UNDP ont dix listes chacun, le SDF en a proposé six, l’UPC cinq, le FSNC, l’UDP et l’UMS trois chacun, l’ANDP deux et l’UDC une.

A titre de rappel, les sénatoriales se tiennent ce dimanche, 25 mars 2018. Le collège électoral est composé de 10600 conseillers municipaux.

VISITE DE PAUL BIYA EN CHINE

Paul Biya en visite d’Etat de trois jours en Chine. Le sixième voyage officiel de président camerounais au pays de Mao Tsé Toung et de Xi Jing Ping, quelque peu éclipsé au plan local par une abondante actualité, rencontre pourtant le succès souhaité par les autorités camerounaises. En témoigne, l’impressionnant dispositif protocolaire déployé pour accueillir le président de la république du Cameroun que le président chinois, Xi Jing Ping a qualifié de« vieil ami de la Chine ». Tout comme cette assurance réaffirmée au Paul Biya : « la Chine soutient le Cameroun dans sa volonté de se développer à son rythme ».

A l’occasion de cette visite, les deux chefs d’Etats ont eu un entretien de 45 minutes au cours duquel Paul Biya a dit tout le bien qu’il pense des "nouvelles routes de la soie", un projet d’infrastructures cher à la Chine. Les échanges ont également porté sur la coopération bilatérale entre la Chine et le Cameroun dans divers domaines. Selon des informations rapportées par de nombreux confrères Paul Biya appelle les Chinois à venir investir dans l’industrie, l’agriculture, l’énergie, le transport et les nouvelles technologies au Cameroun.

Nos confrères de Radio France Internationale qui suivent avec beaucoup d’intérêt cette visite du président Biya en Chine, soulignent sur leur site web : « Déjà aujourd’hui, aucun autre pays du monde n’injecte autant d’argent dans l’économie camerounaise. Autoroutes, stades, ports et barrages : entre 2000 et 2014, 67% des investissements directs étrangers au Cameroun venaient de la Chine. »

A noter, le dernier voyage de Paul Biya en Chine date de 2011.

Jean Bosco SIMGBA