OPERATION EPERVIER - CONTENTIEUX ELECTORAL - CRISE ANGLOPHONE – VISITE DE PAUL BIYA EN CHINE : LA SEMAINE DE YAPEE.INFO

Les sujets majeurs que nous retenons dans l’abondante actualité de la semaine qui s’achève s’écrivent en termes de prolongements.: celles de l’opération épervier d’abord, relancée le 21 mars 2018 avec la mise aux arrêts d’une demi-dizaine de hautes personnalités ; celles, ensuite, des élections sénatoriales du 25 mars dernier qui vont connaitre leur premier contentieux électoral ; celles, aussi, de la visite du Ministre de l’Administration Territoriale, Paul Atanga Nji dans les Régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud Ouest ; et enfin, les retombées de la visite du Président Biya en Chine. Voilà les sujets qui ont fait l’actualité de cette semaine au Cameroun Des sujets que Yapee s’est fait le plaisir de condenser.

                                    

OPERATION EPERVIER : PRESUMES COUPABLES ET CIBLES DESIGNEES

Après la mise aux arrêts, le 21 mars 2018, d’une demi-dizaine de hautes personnalités du régime, les interpellations de personnes présumées complices devant les autorités policières et judiciaires se sont poursuivies. Celle qui a ému une partie de l’opinion est sans doute l’interpellation de l’un prêtre catholique, vicaire au Sanctuaire du Sacré-Cœur de Jésus de Mokolo à Yaoundé, l’abbé Dieudonné Nkodo soupçonné d’avoir aidé l’ancien ministre Basile Atangana Kouna à fuir vers le Nigéria.

Selon des sources dignes de foi, l’archevêque métropolitain de Yaoundé, Mgr Jean Mbarga serait intervenu personnellement pour négocier la libération de l’Abbé Nkodo qu’il a obtenue même si elle n’est que provisoire, depuis mercredi 28 mars 2018. L’archevêque de Yaoundé selon les mêmes sources s’est engagé à mettre l’intéressé à la disposition de la justice chaque fois qu’elle aura besoin de lui.

D’autres personnalités parmi les plus en vue seraient visées, selon des bruits relayés dans l’opinion par la même opération « mains propres » dite opération épervier notamment Maître Akere Muna et le Pr Maurice Kamto, pour ne citer que ces deux-là. Le leader du mouvement « AKere Now » et le président du Mouvement de la Renaissance du Cameroun (MRC), parti d’opposition, ont tous en commun d’être des candidats à la prochaine élection présidentielle. Aussi, leurs affidés voient-ils dans ces « bruits sans fondement », pour reprendre leur expression, « une volonté de ternir leur image à l’approche de cette échéance importante ». C’est en tout cas ce qui ressort de la réaction leurs états-majors respectifs.

ELECTIONS SENATORIALES : PLACE AU CONTENTIEUX !

Après les élections sénatoriales du 25 mars 2018, l’heure est aujourd’hui à l’examen des nombreuses requêtes adressées par diverses formations politiques au Conseil constitutionnel qui connait ainsi son premier contentieux électoral.

Ainsi, Le Social Democratic Front (SDF), principal parti de l’opposition, demande purement et simplement l’annulation de l’élection dans la région du Sud-Ouest. À cause, soutient-il, des fraudes et des violences qui auraient entaché le scrutin. La requête a été déposée auprès du Conseil constitutionnel et d’après le texte, il n’y a pas eu élections le 25 mars dernier dans les départements de Lebialem et Koupe-Manengouba, « en raison de la terreur et de l’horreur orchestrées par des hommes armés non identifiés ». Ensuite, toujours selon le parti de John Fru Ndi, 13 électeurs non identifiés ont été enregistrés à Menji dans le Lebialem. Enfin, accuse-t-il, les bureaux de vote ont fermé à 16h30 dans ce département et non à 18h comme le prévoit la loi la loi électorale. Autant d’éléments, soutiennent ces partisans, « susceptibles d’influencer la régularité du vote  dans cette région».

A l’Ouest aussi, cette formation politique aurait relevé des irrégularités graves. La tête de liste pour les sénatoriales à l’Ouest signale la violation des articles 100, 108, 109 et 113 à Baham et à Dschang. Elle demande par conséquent que les résultats du scrutin soient annulés dans les Hauts-Plateaux et dans la Menoua, et plus généralement, dans la région de l’Ouest.

Après le dépôt de ces recours, le Conseil Constitutionnel avait vingt quatre heures pour notifier les partis politiques mis en cause puis ELECAM et les partis indexés, 48 heures pour déposer leurs mémoires en réponse auprès du rapporteur désigné par le Président du Conseil constitutionnel, Clément Atangana. Une audience solennelle en vue de vider le contentieux électoral devrait ensuite être organisé dans un délai raisonnable avant l’audience de publique de proclamation des résultats prévue aux termes de la loi, quinze jours après le scrutin, soit le 09 avril prochain.

A noter, les élections sénatoriales qui se sont déroulées le 25 mars 2018 étaient les deuxièmes de l’histoire du Cameroun. Neuf partis politiques ont pris part à la compétition pour se répartir les 70 sièges de sénateurs à pourvoir.

Ces élections sénatoriales pourraient aussi révéler des surprises, si l’on en croit certaines tendances issues des différents bureaux de vote, parues dans la presse au lendemain même du scrutin. Comme la perte de vitesse du RDPC dans la circonscription électorale du Sud, considérée depuis des lustres comme le « fief granitique » du Rdpc, où l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (Undp) de Bello Bouba Maïgari a arraché 7 voix alors qu’il n’a aucun conseiller municipal dans ladite région. Ou encore dans la Bénoué où Le Front pour le Salut National du Cameroun (FSNC) d’Issa Tchiroma aurait siphonné les voix de l’UNDP, profitant de la crise interne au sein de ce parti. Mais on ne perd rien à attendre les résultats.

CRISE ANGLOPHONE : PAUL ATANGA NJI DANS LE CHAUDRON DES REGIONS ANGLOPHONES

Il n’y aura pas de dialogue avec les rebelles séparatistes, c’est ce que l’on peut retenir, entre autres informations, de la visite du nouveau ministre de l’Administration Territoriale, Paul Atanga Nji, dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

À la tête de ce stratégique département ministériel depuis le 02 mars dernier seulement, ce ministre ressortissant du Nord-Ouest Cameroun a voulu, pour son baptême de feu, prendre le taureau par les cornes en se rendant lui-même dans les deux régions anglophones secouées par une crise sociopolitique qui y perdure, à l’effet d’y évaluer la situation sécuritaire. Il a notamment visité les villes de Buea, Kumba, Bamenda ainsi que la localité de Batibo dont le Sous-préfet est toujours porté disparu.

 Paul Atanga Nji,  satisfait des avancées au plan sécuritaire, a affirmé au cours de cette tournée partout où il est passé, qu’il était porteur d'un message du chef de l'Etat, Paul Biya, demandant « à la population de collaborer avec l'administration (...) et à tous ceux qui détiennent les armes de les déposer ». Lors des rencontres avec des chefs traditionnels, des associations de moto taxi et des enseignants, il a invité tous ceux-ci à collaborer avec les pouvoirs publics dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.

L’on retiendra également qu’au cours de cette tournée, le MINAT a déclaré, fait nouveau, la disposition du gouvernement à dialoguer « mais uniquement avec ceux qui recherchent l’unité du Cameroun ». « Un dialogue dans un cadre institutionnel, dans le strict respect des règles républicaines », excluant toute éventualité d'un « dialogue national », a déclaré Paul Atanga Nji. Un dialogue qui selon lui, est déjà en cours. Selon le MINAT en effet, « On discute avec les avocats, les enseignants, (...) mais il est hors de question de discuter avec les bandits de grand chemin qui perturbent l'ordre public » précise-t-il, en reférence aux séparatistes armés. 

Pour les observateurs, cette série de visites d'un ministre indique un changement de ton du côté de Yaoundé.La solution militaire adoptée dès le début de la crise en novembre 2016 ayant durci les positions. Yaoundé aurait donc décidé de changer de stratégie, à quelques mois de l'élection présidentielle prévue en octobre 2018. Un nouveau challenge pour Paul Atanga Nji, le premier anglophone à occuper ce poste stratégique.

Réussira, réussira pas ? Dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest où il a invité les chefs traditionnels à rappeler et surtout à convaincre leurs enfants qui ont pris le maquis, le ministre Atanga Nji a donné un délai d’un mois aux rebelles pour déposer les armes.

RETOMBEES DE LA VISITE DE PAUL BIYA EN CHINE : PLUS DE 400 MILLIARDS FCFA ACCORDES AU CAMEROUN POUR DES FINANCEMENTS.

Le président de la république, Paul Biya a regagné Yaoundé au terme d’un séjour fructueux de trois jours en Chine qui s’est déroulé du 22 au 24 mars dernier.

En effet, à l’occasion de cette visite d’Etat de Paul Biya dans le pays de Xi Jing Ping, le Cameroun a pu décrocher cinq accords de coopération auprès du géant chinois. Selon les révélations faites par le ministre de l’Economie, Alamine Ousmane Mey, au quotidien gouvernemental Cameroon tribune, une partie des documents de coopération signés entre Pékin et Yaoundé représentait un don sans contrepartie d’une valeur de 334 milliards de francs CFA pour l’année 2018 et 84 milliards de francs pour les trois prochaines années.

Les cinq des accords signés sont : un accord de coopération économique et technique entre les gouvernements camerounais et chinois, un mémorandum d’accord sur le développement des ressources humaines, un protocole portant renforcement de la coopération en matière d’infrastructures, un accord-cadre entre la Commission nationale du développement et de la réforme de Chine et le ministère camerounais de l’Economie. A ceci s’ajoute un accord de prêt concessionnel d’un montant de 50 milliards de francs CFA pour le projet d’alimentation en eau potable dans neuf villes camerounaises.

Les observateurs rappellent que la Chine est actuellement le premier partenaire commercial et le premier investisseur au Cameroun dans la réalisation des projets de développement. En 2016, le volume des échanges commerciaux bilatéraux a atteint le chiffre record de 1510 milliards de francs CFA.

Jean Bosco SIMGBA

L’actualité au Cameroun, au cours de la semaine écoulée s’est développée autour de quatre points principaux : la crise sociopolitique qui continue de secouer le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, les deux régions anglophones du pays ; l’opération épervier ; les élections sénatoriales et le visite du président Biya en Chine.

CRISE ANGLOPHONE

La crise sociopolitique qui agite les deux régions anglophones du pays s’est emballée dès samedi 17 mars avec l’annonce de l’enlèvement du Professeur Ivo Leke Tambo, président du GCE Bord et ainsi que celui d’une trentaine d’étudiants tombés comme lui dans une embuscade de rebelles séparatistes à Fondem dans l’arrondissement d’Alou dans le département du Lebialem, région du Sud-Ouest. Intervenant après ceux survenus en février dernier à Batibo, du Sous-préfet local et du responsable régional du ministère des Affaires sociales dans le Nord-Ouest, ces événements ont révélé un nouveau mode opératoire chez les rebelles : les enlèvements de personnalités à des fins de rançonnement ou de constitution de moyens de pression sur le régime.

En effet, deux jours auparavant, le 15 mars, quatre employés d’une société de construction de route dans le Sud-Ouest, deux ingénieurs tunisiens et deux techniciens camerounais avaient été enlevés par des séparatistes anglophones. Et comme pour le Pr Ivo Leke Tambo, les ravisseurs exigeaient une rançon pour la libération des otages. Cent millions de francs de francs pour le Pr Tambo. Deux opérations de l’armée camerounaise ont permis chacune, de libérer dès lundi, dans des circonstances non élucidées, le président du GCE Board, puis, mardi, trois personnes parmi les quatre employés de la société de construction de route enlevés dans la ville de Kumba, département de la Mémé. Cette dernière opération s’est soldée par la mort d’un ingénieur tunisien, Khaled TINSA, assassiné par ses ravisseurs selon les autorités, et la neutralisation de quatre assaillants.

Beaucoup d’observateurs pensent que ces enlèvements, ultimes d’une série perpétrée au cours de ces dernières semaines ne sont pas les derniers. Avis au pouvoir.

L’OPERATION EPERVIER REPREND DE PLUS BELLE.

En témoigne la mise aux arrêts, mercredi 21 mars, qualifié à raison de « sombre » par certains confrères pour cinq pontes du régime, hauts commis de l’Etat interpellés dans le cadre de la lutte contre la corruption engagée sous cette bannière. Ce sont : Bruno Bekolo Ebe (ancien recteur université de Yaoundé II), Dieudonné Oyono (ancien recteur de l’université de Douala) et Louis Max Ayina Ohandja (ancien directeur de l’Institut supérieur de technologie de Douala) ; Jean William Sollo, ancien directeur général de la Cameroon water utilities (Camwater). Après une cavale de courte durée, Basile Atangana Kouna, l’ancien ministre de l’Eau et de l’Energie, introuvable depuis quelques jours, ramené manu militari à Yaoundé le jeudi 22 mars 2018, par avion express, du Nigéria où il était en transit, l’on présume qu’à destination pour une planque lointaine, est venu compléter cette liste dont les noms circulaient depuis quelques jours. Ironie du sort, jeudi 22 mars 2018, jour de son arrestation était jour de commémoration de la Journée mondiale de l’eau.

De nombreux collaborateurs des personnalités suscités sont également annoncés dans les geôles de Kondengui à Yaoundé. Affaire à suivre donc dans les prochaines semaines.

ELECTIONS SENATORIALES

Au soir de la deuxième semaine de campagne pour les élections sénatoriales, il ressort cette semaine que neuf partis politiques prendront part à la compétition pour se répartir les 70 sièges de sénateurs à pourvoir. Le dépôt des candidatures s’est achevé jeudi, 22 mars 2018.

Rien n’est joué d’avance dans cette élection même si le RDPC, fort d’une majorité confortable au sein de l’électorat, semble bien parti pour remporter la plus grande part des sièges en compétition. Les partis d’opposition, y compris les ténors de l’alliance pour la majorité présidentielle à l’instar de l’UNDP, n’entendent pas y aller en victimes résignées. Après la bataille des investitures au sein des partis, le plus dur reste donc à venir : la sanction du collège électoral.

Le point des dépôts de candidatures indique que le RDPC a déposé des listes dans les 10 régions. Le SDF est en course dans l’Adamaoua, l’Est, l’Ouest et le Sud-ouest. L’Alliance nationale pour la démocratie et le progrès (ANDP) livrera bataille dans l’Extrême-Nord et le Sud-ouest, et enfin l’United Democratic party (UDP) sera présent dans le Nord-Ouest. En somme, le RDPC et l’UNDP ont dix listes chacun, le SDF en a proposé six, l’UPC cinq, le FSNC, l’UDP et l’UMS trois chacun, l’ANDP deux et l’UDC une.

A titre de rappel, les sénatoriales se tiennent ce dimanche, 25 mars 2018. Le collège électoral est composé de 10600 conseillers municipaux.

VISITE DE PAUL BIYA EN CHINE

Paul Biya en visite d’Etat de trois jours en Chine. Le sixième voyage officiel de président camerounais au pays de Mao Tsé Toung et de Xi Jing Ping, quelque peu éclipsé au plan local par une abondante actualité, rencontre pourtant le succès souhaité par les autorités camerounaises. En témoigne, l’impressionnant dispositif protocolaire déployé pour accueillir le président de la république du Cameroun que le président chinois, Xi Jing Ping a qualifié de« vieil ami de la Chine ». Tout comme cette assurance réaffirmée au Paul Biya : « la Chine soutient le Cameroun dans sa volonté de se développer à son rythme ».

A l’occasion de cette visite, les deux chefs d’Etats ont eu un entretien de 45 minutes au cours duquel Paul Biya a dit tout le bien qu’il pense des "nouvelles routes de la soie", un projet d’infrastructures cher à la Chine. Les échanges ont également porté sur la coopération bilatérale entre la Chine et le Cameroun dans divers domaines. Selon des informations rapportées par de nombreux confrères Paul Biya appelle les Chinois à venir investir dans l’industrie, l’agriculture, l’énergie, le transport et les nouvelles technologies au Cameroun.

Nos confrères de Radio France Internationale qui suivent avec beaucoup d’intérêt cette visite du président Biya en Chine, soulignent sur leur site web : « Déjà aujourd’hui, aucun autre pays du monde n’injecte autant d’argent dans l’économie camerounaise. Autoroutes, stades, ports et barrages : entre 2000 et 2014, 67% des investissements directs étrangers au Cameroun venaient de la Chine. »

A noter, le dernier voyage de Paul Biya en Chine date de 2011.

Jean Bosco SIMGBA

Unité nationale : a célébration qui divise, Banditisme politique : Fru Ndi et les 6,4 milliards du Trésor public, Plan d’ajustement du FMI : La Cemac divisée, Revendications : Le bras de fer continue entre les médecins et Mama Fouda. Ces sujets et bien d’autres font l’actualité.

 

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