ASECNA: Le prestige du Cameroun diminué

Dossier spécial
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Pas d’accord majuscule entre Ngoh Ngoh (sg/pr) et Mebe Ngo’o (mintrans)

Avant même d’être admis à compétir au poste de directeur général de l’Agence panafricaine, inexplicablement, le Cameroun a déclaré forfait. Fort du soutien de l’Afrique de l’Ouest, le Niger remporte l’élection...

Le Nigérien Mohamed Moussa est le nouveau « commandant de bord » de l’Agence panafricaine. Il a été élu directeur général de l’Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar (Asecna) au terme de la session extraordinaire du comité des conseils des ministres de l’organisation qui s’est tenu vendredi dernier 11 novembre à Bamako. Au départ 5 candidatures africaines avaient été enregistrées à ce poste. Le Cameroun inexplicablement n’a pu mener à terme sa volonté de voir un de ses cadres de haut niveau diriger la prestigieuse agence. Le gouvernement aurait en effet, de source publique, retiré la candidature de notre compatriote Salomon Mbella Mbella qui pré- sentait pourtant toutes les conditions de compétences à ce poste. Qu’est-ce qui n’a pas marché ? Chargé de mission auprès du directeur général, Mbella Mbella cumule 34 années d’expérience dans la sécurité aérienne, qui l’ont conduit au poste de directeur des moyens techniques et de l’informatique à l’aéroport de Dakar au Sénégal. Sur les très hautes instructions du président Biya, selon la formule consacrée, son nom a été dévoilé en juin dernier lors de l’audience accordée par le ministre des Transports, Edgar Alain Mebe Ngo’o au président du Conseil d’administration de l’Asecna, Jean-François Thibault. Ce n’était hélas qu’un effet d’annonce. Jamais candidat pré- senté par l’Etat camerounais, n’a autant navigué seul, sans gouvernail. Salomon Mbella Mbella a manqué du soutien de l’Etat, selon les convenances, dans le cadre d’une campagne en faveur de la candidature du Cameroun, auprès des pays membres de l’Asecna A titre d’illustration, selon la presse nigérienne, l’élection du nouveau Dg de l’Asecna est une consécration pour la diplomatie nigérienne. « Bien qu’il soit favori au vu du soutien de plusieurs pays notamment de l’Afrique de l’Ouest, Mohamed Moussa a bénéficié du soutien de première heure du président Issoufou qui s’est impliqué personnellement dans sa campagne en mettant à sa disposition un avion pour relier les principales capitales africaines en compagnie du ministre d’Etat Ladan Tchiana et pour certaines étapes, de son homologue burkinabé ». L'Asecna est un établissement public international créée à Saint Louis au Sénégal le 12 décembre 1959. Elle regroupe 18 Etats-membres dont la France et est chargée de la gestion d’un espace aérien couvrant une superficie de 16. 100. 000 km2 soit 1,5 fois l'Europe et une cinquantaine d’aéroports. Afin de réussir sa mission, l’Asecna compte plus de 6000 agents et trois écoles de formation dont l’Eamac à Niamey. Le candidat du Cameroun avait toutes ses chances. Le pré- sident du Comité des ministres de l’Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et Madagascar (Asecna) et le ministre camerounais des Transports, Edgard Alain Mebe Ngo’o. Il avait du reste déclaré que le Cameroun se préparait à défendre sa candidature au poste du directeur général de L’Asecna. Concernant le choix du candidat, Edgar Alain Mebe Ngo’o a avancé un nom. Pierre Salomon Mbella Mbella. Déjà connu d’après lui et désigné officiellement par le président de la République. Car au-delà des dossiers des candidats, c’est l’engagement et le soutien du pays à son candidat, par la diplomatie des grands pas, qui a fait la différence. Le candidat nigérien était favori jusqu’à l’élection au vu du soutien de plusieurs pays notamment de l’Afrique de l’Ouest. Cinq candidatures étaient en lice pour l’élection du directeur géné- ral de l’Asecna. En plus de celle du Niger, on a enregistré au 30 septembre, date de la clôture des dépôts, les candidatures du Congo, du Gabon, du Cameroun et de la Guinée équatoriale. Quoique mystérieux et inattendu, des observateurs croient savoir que le retrait de la candidature de Salomon Mbella Mbella est à mettre au compte des conflits d’intérêts entre le secrétariat général de la présidence et le ministère des Transports. Le candidat du Cameroun aurait donc été victime d’une cabale où l’accent aurait été mis sur des malversations imputées à Mbella Mbella à l’Asecna. Renseignement pris, il s’agirait d’un dossier monté de toutes pièces entre copains et coquins, pour torpiller Mbella Mbella afin que sa candidature pilotée par le ministre des Transports soit retirée par l’Etat du Cameroun, abandonnant ainsi le combat avant de monter sur le ring... Encore une histoire camerouno-camerounaise qui n’honore pas notre pays.

Edouard KINGuE    LE MESSAGER DU 14/11/2016