Cameroun: Sénatoriales 2018, pourquoi le Conseil constitutionnel déboute le SDF et l’UDC?

Dossier spécial
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Contentieux Sénatoriales 2018 :

fru ndi

Ces deux formations politiques de l’opposition avaient déposé chacune une requête en annulation des résultats des dernières élections sénatoriales, dans la région du Sud Ouest pour le Social Democratic Front (SDF) de John Fru Ndi et dans la région de l’Ouest pour l’Union Démocratique du Cameroun (UDC) de Ndam Njoya. Motifs invoqués : de nombreuses irrégularités relevées dans certaines localités. La proclamation des résultats définitifs des deuxièmes élections sénatoriales de l’histoire du Cameroun est prévue le 09 avril 2018.

Il n’aura pas fallu plus d’une séance, ni plus de deux heures au tout nouveau Conseil constitutionnel pour évacuer le contentieux post-électoral des dernières élections sénatoriales du 25 mars dernier. L’audience de règlement du contentieux des sénatoriales 2018 s’est tenue le mardi 03 avril 2018 à partir de 11 heures 15 minutes au Palais des Congrès de Yaoundé, sous la présidence de Clément Atangana, président du Conseil constitutionnel.

Le premier recours inscrit au rôle était celui du SDF de John Fru Ndi, soutenu par Njenje Valentine Kleber, militant de cette formation politique. Celui demandait l’annulation des résultats dans les départements du Koupé-Manengouba et du Lebialem et l’ensemble de la région du Sud-Ouest, au motif que de nombreuses irrégularités avaient été relevées dans le déroulement des élections sénatoriales dans cette région.

Selon la requête déposée auprès du Conseil constitutionnel en effet, les élections n’avaient pas pu se dérouler le 25 mars dernier dans les départements de Lebialem et le Koupe-Manengouba, « en raison de la terreur et de l’horreur orchestrées par des hommes armés non identifiés ». Second motif excipé par le parti de John Fru Ndi : 13 électeurs non identifiés avaient été enregistrés à Menji dans le Lebialem.

Le recours de Njenje Valentine Kleber a tout simplement été rejeté pour défaut de qualité. Le Conseil constitutionnel explique que pour le saisir valablement, il faut être soit candidat, soit un parti politique, soit un agent de l’Etat. Le requérant ne remplissant donc aucune de ces conditions, il ne pouvait avoir gain de cause.

Le second recours n’a pas connu une issue plus heureuse pour le requérant, Youmo Koupit Adamou, militant et candidat de l’UDC à l’occasion de ces élections sénatoriales 2018. La démarche en annulation de l’intéressé, quoique jugée recevable en la forme par les membres du Conseil en conclave a été jugée non fondée. Elle concernait également « de graves irrégularités » relevées par le parti de Ndam Njoya dans la région de l’Ouest. Le recours de la tête de liste de ce parti pour les sénatoriales 2018 à l’Ouest signale en effet la violation des articles 100, 108, 109 et 113 de la loi électorale à Baham et à Dschang. D’où sa demande en annulation des résultats du scrutin dans les Hauts-Plateaux et dans la Menoua, et plus généralement, dans la région de l’Ouest.

Au terme de cette première audience du tout nouveau Conseil constitutionnel, les élections sénatoriales 2018 ne seront donc reprises nulle part dans le pays. La proclamation des résultats définitifs de cette élection est attendue au plus tard le lundi 09 avril 2018, soit exactement 15 jours après le scrutin, comme prévu par la loi.

Jean Bosco SIMGBA