Crise anglophone : Les sécessionnistes camerounais accusent Abuja et Yaoundé

Dossier spécial
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Chris Anu, secrétaire à la communication du mouvement sécessionniste camerounais vient de saisir les autorités nigérianes pour se plaindre des conditions de détention de Sisiku Ayuk et les neuf autres personnes qui partagent son sort actuellement dans les geôles nigérianes. Sur le terrain, malgré une relative accalmie, la situation sécuritaire demeure tendue.

Certains observateurs de notre actualité sociopolitique commençaient à oublier Sisiku Ayuk Tabe et ses compagnons, les leaders sécessionnistes camerounais interpellés le 05 janvier 2017 dans un hôtel d’Abuja, capitale fédérale de la république du Nigéria. Le porte-parole du mouvement séparatiste anglophone, Chris Anu, secrétaire à la communication du « gouvernement intérimaire d’Ambazonie » vient de rappeler ses « camarades » au bon souvenir de cette opinion. Celui-ci a en effet saisi les autorités nigérianes pour se plaindre des conditions de détention de Sisiku Ayuk et les neuf autres personnes qui partagent son sort actuellement dans les geôles nigérianes. Cette information rapportée par des confrères de la presse en ligne a été publiée par le journal nigérian Vandguard, dans son édition du 18 janvier 2018.

Chris Anu explique ainsi sa réaction : le fait selon lui, que depuis leur interpellation le 5 janvier 2018, Julius Tabe et ses compagnons n'ont pas eu accès à des avocats et des membres de la famille. Poursuivant en des termes très durs vis-à-vis des autorités nigérianes et camerounaises qu’il égratigne au passage, il accuse le gouvernement de complicité avec le régime de Yaoundé dans « l’enlèvement » des leaders séparatistes anglophones, fait qu’il condamne par ailleurs.

Quid d’une demande d’extradition ?

L’on se souvient en effet que le 5 janvier 2018 le leader sécessionniste, Sisiku Ayuk Tabe et neuf membres de son cabinet avaient été interpellés dans un hôtel à Abuja alors qu’ils tenaient une réunion de stratégie. Depuis lors, les gouvernements camerounais et nigérian qui n'ont pas confirmé officiellement cette interpellation des dix militants séparatistes camerounais gardent le silence.

De source bien informée rapportée par nos confrères de Jeune Afrique, les autorités de Yaoundé ont demandé l'extradition de Sisiku Ayuk Tabe et ses compagnons. Les discussions se déroulent, selon la même source, au plus haut niveau : les présidences nigériane et camerounaise qui sont en contact.

Cependant, sur le terrain, dans les deux régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, alors que les opérations de sécurisation en cours ont apporté une certaine accalmie dans les deux régions concernées, malgré une relative accalmie retrouvée, la situation demeure tendue. L’on y déplore encore de temps à autre des meurtres des agents des forces de l’ordre, attribués aux sécessionnistes.

Tension résiduelle

Ainsi, dans les semaines qui ont suivi l’arrestation des leaders sécessionnistes, l’on a compté : l’assassinat d'un marin camerounais à Ekondo-Titi dans la région du Sud-Ouest le 14 janvier ; celui d'un gendarme à Wum dans la région du Nord-Ouest le 15 janvier", deux meurtres condamnés par l'ambassade américaine à Yaoundé qui plaident pour « un engagement des différentes parties dans un dialogue significatif et large » pour résoudre la crise.

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Jean Bosco SIMGBA