Esclavage des migrants en Lybie : les raisons du silence des médias occidentaux !

Dossier spécial
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Le choc suscité par l’affaire des migrants vendus comme des esclaves  en Lybie n’a pas fini de propager ses ondes au sein de l’opinion. En effet, La révélation de cette ignominie a ému le monde entier, l’Afrique particulièrement, première concernée. Chacun y est allé de son petit commentaire, l’indignation et l’émotion exprimée étant toujours à la mesure de l’indécence de ces pratiques d’une époque qu’on croyait révolue.

Médias et réseaux sociaux sont en première ligne dans le rendu et les commentaires autour de cette scabreuse affaire qui s’est invitée au 5ème sommet Union Européenne-Afrique tenu en fin novembre 2017 à Abidjan.

Surfant sur la communication, certains médias occidentaux en particulier, n’ont  pas toujours brillé par leur objectivité dans le traitement de cette information.  Pis, à l’indignation mêlée d’une retenue compréhensible observée à l’éclatement de cette affaire, a  suivi un tiède traitement frisant la banalisation.

La retenue des médias occidentaux face à ce scandale

Sinon, comment comprendre, à l’éclatement de l’affaire des migrants vendus en Lybie, la retenue des médias occidentaux captés sur le continent jusqu’aux premières réactions occidentales ? Et plus tard, les parallèles faits avec d’autres pratiques de même nature ayant encore cours aujourd’hui ou supposées telles dans d’autres coins du monde et particulièrement dans certains pays d’Afrique. La  Mauritanie, par exemple a très souvent été citée comme mauvais exemple. Comme pour minimiser une affaire dont la découverte au grand jour ne pouvait que choquer.

Voilà pourquoi certains analystes ont vu dans cette manière de présenter cette affaire, une volonté chez ces médias non seulement de déculpabiliser l’Occident, mais aussi de faire porter le chapeau aux seuls pays africains, subsahariens surtout, "responsables" de cet exode de plus en massif vers l’extérieur, pour n’avoir pas su selon eux, créer des conditions favorables à l’épanouissement de leurs jeunesses. D’où la débandade vers des pâturages plus verts que sont censés être les pays occidentaux. Une position que n’est pas loin de partager le président de la république française lors du 5ème sommet Union Européenne – Union Africaine tenu fin novembre à Abidjan, quand il recommande aux africains de faire moins d’enfants. Comme dans les campagnes de promotion d’une parenté responsable !

La rengaine est bien connue, mais est-ce là le nœud du problème ? Car à propos de conditions favorables d’épanouissement, l’Occident, dans sa logique prédatrice, n’a pas beaucoup aidé les pays africains en développement. A moins de nous prouver le contraire !

Aidons-nous de l’exemple de la Lybie justement, pays autrefois prospère, aujourd’hui un  non Etat où des hordes de brigands font la loi et où les pays occidentaux, après avoir créé le chaos qui perdure jusqu’à ce jour, savent tirer profit du désordre ambiant.

Forfaiture

En effet, une fois le guide libyen Mouammar Kadhafi assassiné par les soins de l’OTAN sous l’instigation de la France de Nicolas Sarkozy, les pays occidentaux ont fait main basse sur l’exploitation pétrolière en Libye, particulièrement les Français et Britanniques. Voilà les véritables raisons que l’Occident et ses médias évitent soigneusement d’évoquer. Le chaos libyen devenu un oasis pour les criminels.

L’affaire des migrants vendus comme esclaves en Lybie pourrait donc être, comme certains n’ont pas hésité à le dire, de la  forfaiture d’un continent machiavélique qui aurait tout manigancé : en encourageant la maltraitance des migrants en Lybie, la diffusion des images par CNN, les réactions dans les médias, l’évocation même de cette question dans les débats d’un sommet UE – Afrique arrivé à point nommé. Objectif : mettre un terme un phénomène devenu un casse-tête pour l’Europe. Quoi qu’il en soit, depuis le reportage de CNN, il n’y a quasiment pas eu de nouvelles vagues de migrants échoués sur les côtes italiennes.

 Qu’au sommet UE – Afrique de Dakar les pays occidentaux, prennent les devants pour organiser la recherche des solutions pour combattre l’immigration clandestine des pays d’Afrique vers l’Europe ne peut pas être un hasard. Nous espérons que cela émane d’une réelle volonté de saisir une opportunité dans une lutte qui s’est révélée jusqu’ici vaine pour ce groupe de pays, Italie, France, Allemagne et Grande-Bretagne en tête.

Jean Bosco SIMGBA