Cameroun: Marche du 26 janvier, le MRC manipule-t-il les camerounais?

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Blessés du 26 Janvier mise en scène ou tire à balle réelles ?

Le vendredi 26 janvier 2018, à Douala c’est le jour de la marche convoquée par le Président du mouvement pour la Renaissance du Cameroun MRC. Malgré les interdictions des autorités administratives, une poigné de fanatique a néanmoins bravé l’interdit au nom de la liberté d’expression et la liberté de manifestation. En fin de matinée, une série d’images parviennent aux différents utilisateurs des réseaux sociaux faisant état de blessés suite aux manifestations. Deux grands noms sont cités, Célestin NDJAMEN ancien cadre du Social Démocratic Front (SDF) et surtout maitre Michelle NDOKI militante de première heure du MRC candidate déclaré pour les élections législatives et les élections municipales aussi avocate au barreau du Cameroun. Tous deux auraient été touché par des tires à balles réelles provenant des canons des forces de l’ordre du Cameroun. Plusieurs vidéos et images circulent sur les réseaux sociaux et plusieurs interrogations demeurent les blessures ont-elles été causé par les forces de l’ordre ? Le MRC est-il entrain de manipuler les Camerounais ? Si oui comment opère-t-il ?

La mise en scène de la manifestation de Douala avait pour objectif de marquer symboliquement la décrépitude de l’environnement social au Cameroun, principalement de montrer le musèlement que subissent tous ceux qui ne partagent pas la ligne politique e idéologique proche du pouvoir. Le principe au Cameroun est le refus automatique de toutes formes de manifestations si celles-ci menacent la paix sociale. L’on a pu constater à Douala que plusieurs groupes composer d’une dizaine de manifestants disséminés dans plusieurs points de la capitale politique ont fait irruption. Ces groupes avaient chacun à leur tête un ou deux meneurs mais ceux que nous retenons ici son célestin NDJAMEN et Maître Ndoki. Ces deux leaders ont été blessés par balles de fusil et selon les témoignages ses balles proviendraient des fusils des forces de l’ordre.

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Célestin Ndjamen

 

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Maitre Ndoki 

 

Selon plusieurs policiers et gendarmes auprès de qui nous avons recueilli des témoignages au sujet des blessures par balles reçus par ces leaders politiques, l’impact que l’on retrouverait sur les cuisses des manifestants proviendrait de canon de carabine 22 Longs rifle et que les trous sont causés par des plombs de chevrotine c'est-à-dire des munitions pour fusils dit de chasse.  La police camerounaise n’utilise pas ce type de munitions, et est plutôt équipée de Pistolet automatique de type beretta, de  pistolet mitrailleur, et aussi de fusil d’assaut de type carabine AK 47 dont les impacts sont plus précis et plus profonds et plus handicapants. Il se peut selon ce témoignage que l’on soit là en présence d’un tireur fou dissimulé dans la foule ou encore toutes autres hypothèses. Il est donc important que l’on puisse faire une analyse balistique de si l’on retrouve les morceaux de plomb si ceux-ci sont encore présents dans les blessures de ceux qui ont été touché.

 

Qui manipule qui ?

Ndokki

Maitre Ndoki dans la rigole

Le MRC tenterait-il d’incriminer les forces de l’ordre afin d’attirer l’attention de la communauté internationale ? les différentes manifestations organisées par le MRC se sont toujours soldés par un scandale. Souvenons-nous des mises en scène de Maître NDOKI qui c’est jeté dans une rigole afin d’attirer l’attention sur une violence policière apparente. Chose qui avait tourné au ridicule. Cette fois-ci la mise en scène a été un peu plus osée avec désormais des blessures par balles. Blessure légère qui ne sont supposés qu’avoir une résonance de violence policière. Dans le processus de mise en scène l’on peut énoncer les théories du  Naming, le shaming et le blaming.

Naming ou alors nommé un fait, une situation, représente  c’est le mécanisme par le quel un groupe de plusieurs origines, cela peut être un groupe de pression ou un groupe d’individu pointe du doit un problème et lui donne un nom. Ici il est question du hold up électoral, qui est selon le MRC le vol de la victoire de Maurice Kamto par le Président Paul Biya lors de la dernière élection présidentielle. Donné un nom permet ainsi de familiariser les individus à un concept dont le contenu est de faire croire à la réalité et au contenu d’un acte qui aurait été posé par un adversaire, même si cet acte n’est pas forcement vérifiable à la force des faits. Le Naming est ainsi préparé à l’avance et permet ainsi aux acteurs de légitimer une action politique afin que celle-ci puisse déboucher sur le deuxième point de cette démarche qu’est le Shaming.

Shaming qui vient de « Shame » ou de honte. Consiste à couvrir de honte un individu et cela sur la plaçe publique, afin de diminuer l’estime du public vis-à-vis de celui-ci. Cette deuxième étape est celle qui est actuellement présentée. Elle passe par plusieurs actions. D’abord sur les réseaux sociaux avec plusieurs individus capables de ternir l’image des autorités camerounaises et celle du pays tout entier. C’est ce que les Camerounais appellent « l’affichage », faire honte. Faire honte en montrant que les forces de l’ordre ne respectent pas les femmes notamment maitre Ndoki, que les force de l’ordre sont à la solde de Monsieur Paul Biya, que la République est en danger car la liberté d’expression est proscrite au Cameroun. Le Shaming est l’arme qui permet à l’opinion de juger afin que ce dernier puisse prendre des sanctions, c’est la Blaming.

Le Blaming ou tout simplement blâmer ou sanctionner est la dernière étape du processus de manipulation orchestré par le MRC. Les Camerounais qui sont dépositaires du pouvoir politique et de la sanction politique par le vote d’abord et surtout par la violence légitime sont incités progressivement à un ressentiment, surtout à la haine vis-à-vis des autorités mais aussi contre tous ceux qui seraient proches du Parti au pouvoir. C’est pourquoi les institutions sont prises à partie et font l’objet de violence. C’est ainsi que la violence s’est manifesté contre les ambassades en France et en Allemagne. Cette troisième phase est la dernière dans le processus de la mise en scène du Politique. Elle peut déboucher sur la violence et aujourd’hui les Camerounais sont au bord de la troisième phase. Cela n’aura pour conséquence autre que des conflits en interne.

Les manifestations de samedi 26 janvier 2019 montrent bien que la situation sociopolitique au Cameroun est en mutation. Les partis d’oppositions utilisent désormais des techniques de mises en scène savamment pensées. la politique en tant que  jeu de rôles, démontre que ce qui s’est passé à Douala et les différents témoignages y affairant prouvent que les acteurs du MRC sont dans l’exagération. Le choix de l’action politique par la violence et non par la diffusion idéologique est l’option que préfère ce parti. À quelques mois des élections régionales, législatives et municipales, les Camerounais sont ainsi dans l’étau d'une crise politique future qui pourrait déboucher sur une réelle violence dans la rue ;  gare aux manipulateurs.

Gontran ELOUNDOU

Analyste Politique.