RDC: Comment Kabila et Tshisekedi ont roulé l'occident dans la farine.

Source: RFI

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Pourquoi l’élection de tshisekedi énerve les blancs.

En ce jour, la République Démocratique du Congo vit un grand moment. La prestation de serment du Président Félix Antoine Tshilombo Tshisekedi. Une prestation de serment certes, mais un moment d’alternance démocratique que les Congolais n’ont jamais connue. 5ème président d’un pays qui aura connu en 60 ans d’indépendance un malaise politique qui est devenu inhérent à la RDC un État chaotique.   Une véritable chape de plomb pour ce peuple. Pays riche où se trouve le coltan la RDC va enfin connaitre depuis bientôt 3 décennies un gouvernement civil. Depuis le maréchal Mobutu renversé par Laurent Désiré Kabila, qui lui aussi fut remplacé après son assassinat par son fils Joseph Désiré Kabila. Voici venue le moment d’une alternance à la tête de l’État. Alternance que l’on aurait cru être saluée par le monde entier. Mais l’on constate qu’à peine élu le nouveau président de la RDC a déjà affaire à une animosité politique tant de la part de ses détracteurs en interne que de ceux de la communauté internationale qui voit en cette élection une mauvaise élection. Pourquoi TSHISEKEDI énerve tant la communauté internationale ?

Kabila seul contre tous…

Abattre politiquement Joseph Désiré Kabila était le premier projet de la communauté internationale qui depuis plusieurs années tient à maintenir le désordre dans ce pays. Le pays le plus important d’Afrique, important pour ses minerais, important pour sa position, sa taille, sa démographie, Joseph Kabila devenait déjà gênant pour les Occidentaux. Le Président sortant à reussi a rétabli une paix relative au sein de cet État fragile déchiré par plusieurs guerres, des conflits ethniques et militaires. L’ordre ici n’étant pas bon pour les affaires, Monsieur Kabila à reussi a fait une réforme historique en instaurant un nouveau code minier qui garantit désormais plus les droits des Congolais et surtout formalise l’exploitation des minerais précieux présents sous la terre congolaise. Monsieur Kabila devenait déjà gênant. Sous le prétexte d’une certaine longévité à la tête de l’État (18 ans, rappelons que Paul Biya en est à ses 37e années) il fallait céder la main. Céder la main oui mais surtout contrôler cette passation des pouvoirs.

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Voici qu’arrive Lamuka.

Lamuka est cette plateforme constituée à Genève en novembre 2018, mais qui a été abandonné par TSHISEKEDI 3 jours plus tard. Que s’est-il passé à Genève nous ne le saurons peut-être pas mais ce que nous savons c’est que c’est cette plateforme anti Kabila qui devait prendre le pouvoir et surtout rester sous le contrôle de la chimérique communauté internationale. Une plateforme préparée dans des officines de réflexions occidentales celle-ci à mises sur pied un avec pour leitmotiv faire partir Kabila à tout prix. Bien que celui-ci déclare ne plus briguer un autre mandat il était question de le faire partir avec son réseau. La libération précipitée du chef de guerre Jean-Pierre BEMBA, une coalition chapeautée par les Occidentaux notamment la France s’est mise en place. Elle avait plusieurs acteurs importants qui avaient pour mission de collaborer de façon opaque avec cet occident qui n’a d’yeux que pour les minerais congolais. BEMBA chef de guerre avec une grande expérience dans le combat en guérilla, Moïse KATUMBI, ex-gouverneur du Katanga et homme le plus riche de la RDC chargé d’apporter un soutien financier, TSHISEKEDI, garant de la légitimité politique du groupe porte en lui la charge historique de la vie politique de la République Démocratique du Congo. Enfin Martin FAYULU infiltré des réseaux pétrolier, devaient tous s’entendre pour mettre le « clan Kabila » hors-jeu. Malheureusement les plans de LAMUKA ont été déjoué par une stratégie patriotique simple qui a consisté à ne pas donner de valeurs à ce qui s’est fait en Suisse.

Tshisekedi et Kabila pied de nez au complot international.

Le rapprochement entre Felix TSHISEKEDI fils d'Étienne TSHISEKEDI opposant historique fut très surprenant. Mais l’un comme l’autre le sait, un point d’achoppement les lie. Le père Étienne fut un grand patriote qui dans son discours a toujours mis en avant les intérêts des Congolais d’abord. Le changement de vision de Joseph Kabila en faveur de politiques et surtout patriotique a été le nœud d’un accord entre les ennemis d’hier. Ce rapprochement de vision a surtout été motivé par le désir de ne pas voir perdurer la mainmise de l’Occident dans les affaires de la RDC. Sur le principe de l’ennemi commun, l’on peut dire que le choix des intérêts communs a été décisif. Felix TSHISEKEDI porteur d’un discours patriotique et non violent, contrairement à Martin FAYULU va-t-en-guerre usé de la menace et de l’intimidation.

Une stratégie « anti-occident »

Sur le plan pratique la stratégie de l’émiettement des voit a été d’une grande importance, Emmanuel Shadari peu populaire au sein de la majorité présidentielle a été désigné comme successeur de Joseph Kabila. Chose surprenante quand l’on sait que Norbert MENDE porte-parole du gouvernement jouit d’une très grande popularité n’a pas été choisi de peur qu’il puisse effectivement créer la surprise. C’est le ministre de l'Intérieur qui a été choisi. Lui qui est sous le coup des sanctions de l’Union européenne, Emmanuel RAMAZANY SHADARY a joué un rôle important dans la stratégie de l’alternance contrôlée en RDC. Il a obtenu plus de 4 millions de voix ce qui a affaibli les intentions de vote en faveur de Martin FAYULU. Cela a permis à Felix TSHISEKEDI de renverser la tendance électorale. Avec l'attention focalisée sur Le martin FAYULU, monsieur SHADARY toujours aux commandes de la police a usé de son pouvoir pour perturber abondamment la campagne de Martin Fayulu en empêchant celui-ci de faire certains meetings.

Neutraliser pour diriger

La stratégie de la neutralité qui permet au congolais d’éviter un bain de sang a tout simplement été mis en place tant par Joseph Kabila que TSHISEKEDI. Kabila ex-chef de l’État et militaire a une grande emprise sur l’armée. Cette mainmise a pour rôle de tenir tête au chef de guerre BEMBA au cas où celui-ci voudrait réveiller une quelconque rébellion. Avec le fusible SHADARY ministre de l’intérieur, cela permet également à ce que monsieur TSHISEKEDI puisse prendre en main le commandement territorial. Les velléités guerrière de LAMUKA qui se sont manifesté à plusieurs reprises sont ainsi dissipé dans le brouillard composé par l’armée en rang sérée derrière l’ancien chef de l’Etat, la police et le commandement territorial maitrisé par SHADARY donc par Kabila, mais surtout le contrôle stratégique des richesses minières à travers multiples sociétés présentes sur le territoire. TSHISEKEDI a avec lui l’atout Joseph Kabila, avec qui il doit composer pour maintenir l’armée dans les rangs. Le Président sortant KABILA a donc réussi son pari qui était celui de maintenir le contrôle sur un certain nombre de points stratégiques important en RDC. Ce contrôle n’était plus souhaité par l’occident qui ne souhaite plus traiter avec les réseaux de l’ancien chef de l’Etat.

L’Eglise Catholique un mensonge pour la paix ?

Le rôle de l’Église catholique a été des plus sensibles. Celle-ci a proclamé ne pas avoir les mêmes résultats que la commission électorale, mais n’a jamais pu dire qui était le vainqueur selon ses observateurs. Ce silence premier de l’Église fut tout simplement lié à l’attitude guerrière du candidat Fayulu qui aurait pu embraser le pays. L’attitude de monsieur Le Drian, ministre des affaires étrangères et ex-Ministre de la défense en France a jeté de l’huile sur le feu. Si l’église parlait l’église devait être responsable d’une autre guerre postélectorale elle a préféré garder le silence et attendre les réactions des autres chefs d’État africains avant de donner ses résultats. Si TSHISEKEDI est désormais président de la République Démocratique du Congo.

La stratégie de l’Occident à travers ses médias fut de diaboliser le régime de Kabila en lui revêtant la toge du dictateur sanguinaire qui ne veut pas céder le pouvoir. L’évolution politique du pays à donner tort à ceux-là. Malgré les manifestations de bonne volonté du président Kabila celui-ci a toujours été taxé d’être de mauvaise foi et de vouloir rester au pouvoir. Le rôle de TSHISEKEDI est donc suffisamment déterminant aujourd’hui. Il met à jour les intentions premières de la communauté internationale qui selon toutes vraisemblances avait déjà choisi un camp au détriment du suffrage populaire. Malgré les cris au scandale, le résultat des élections à tout de même mis à la tête de la RDC un candidat de l’opposition, et surtout a permis d’avoir une alternance à la tête de l’Etat Congolais. On dirait bien que TSHISEKEDI n’est pas le bon opposant que l’on aurait souhaité avoir à la tête du Congo Démocratique. Qu’à cela ne tienne, la transition est faite au Congo et pour une fois le choix du président n’est rien d’autre qu'un choix interne. Si TSHISEKEDI ne fait pas l’unanimité à l’international, il obtient quand même un minimum consensuel auprès des forces vives de la nation congolaise ce qui peut garantir une certaine paix.

Gontran ELOUNDOU

Analyste Politique.